Prisons : les surveillantes en première ligne face à une violence qui explose
Le 24 avril, une surveillante pénitentiaire de la prison de Lyon-Corbas était violemment agressée par un détenu surpris en train d’utiliser un smartphone. En ouvrant la porte de la cellule, l’agente découvre l’homme en communication avant que celui-ci ne se rue sur elle, la traîne au sol par les cheveux et lui assène plusieurs coups. Selon FO Justice, la surveillante s’est vu prescrire deux jours d’ITT et souffre d’« un traumatisme psychologique important ».
Une agression presque ordinaire dans un univers carcéral à bout de souffle, où les syndicats dénoncent le manque de moyens humains face à une violence qui se banalise. En première ligne, les surveillants pénitentiaires qui encaissent les coups de la suroccupation carcérale. Et parmi eux, les femmes qui voient leur rôle se dégrader au contact de détenus toujours plus difficiles à contenir.
Le personnel féminin pas épargné
« Elles ont longtemps apporté l’apaisement au sein des détentions d'hommes », rappelle Cédric Rochis, délégué régional Auvergne-Rhône-Alpes de l’UFAP-UNSa Justice. Affectées progressivement dans les quartiers pour hommes à partir des années 2000, les surveillantes ont souvent contribué à modifier le climat quotidien. Comme dans d’autres métiers où la psychologie permet de désamorcer les tensions, « au contact des femmes, les détenus hommes changent parfois un peu d’attitude et se montrent moins dans le conflit », explique ce surveillant pénitentiaire.
Mais cet effet s’estompe. « C’est malheureusement de moins en moins le cas. » Dans des établissements saturés, où l’autorité recule et où les profils les plus violents se multiplient, la présence féminine ne suffit plus à apaiser les rapports de force. « Les détenus hommes ont de moins en moins d’états d’âme sur le fait de violenter un personnel féminin. »
Depuis le début de l’année, on retrouve dans la presse régionale au moins trois mentions d’agressions violentes envers des surveillantes : à Roanne en janvier, par une détenue du quartier des femmes, rapportait Ici Régions. À Lorient encore, le 14 avril, par un prisonnier « ultra-violent » et pas plus tard que le 27 avril à Rennes, où la victime a fini « inconsciente, le crâne ouvert et le visage en sang ».
Les délinquants sexuels sont aussi une menace importante pour ces femmes : rappelons le cas du violeur de Claire Geronimi et Mathilde, qui avait été condamné à trois ans d’emprisonnement pendant sa détention provisoire, pour avoir tenté d’embrasser de force une fonctionnaire de l’administration pénitentiaire. Il s’était expliqué : « Je voulais la baiser dans ma cellule. Si c’était à refaire, je le referais mais en mieux. »
À cela s’ajoute la présence de profils psychiatriques qui, faute de places suffisantes dans les structures adaptées, demeurent parfois en détention ordinaire. « Ces détenus-là, le sexe de la personne en face, ils s’en foutent, ils n’ont même pas conscience de ça. Il n’y a chez eux aucun état d’âme à s’en prendre à une femme, aucune remise en question. » Certains agressent « sans même avoir conscience que c’est un personnel ».
Une profession à bout de souffle
Mais « que ce soit pour un homme ou pour une femme, les détentions actuellement deviennent extrêmement compliquées », résume le syndicaliste qui pointe la suroccupation carcérale et le manque chronique de moyens matériels et humain.
Résultat, des situations dangereuses pour ces agents qui se retrouvent parfois en sous-nombre face aux détenus, comme lors des ouvertures de portes qui, dans la plupart des établissements, s’effectuent seules. Le surveillant peut alors se retrouver face à plusieurs détenus à la fois. « On est sur un ratio d'un pour deux, trois, quatre, voire cinq détenus. »
C’est l’objet de la grogne généralisée des syndicats, dont l’UFAP-UNSa Justice à l’origine d’un mouvement de grève lancé le 27 avril dans tout l’Hexagone pour dénoncer les « 5.000 postes vacants, 25.000 détenus de trop, 5.000 agressions, 7.500 matelas au sol » qui rythment le quotidien de la profession.
Le syndicat réclame un plan de résorption des emplois vacants, des mesures d’urgence pour réduire drastiquement la surpopulation pénale, ainsi que la fin de l’isolement du surveillant. Il demande, en ce sens, la mise en place d’équipes mobiles, une révision des journées de détention et une organisation adaptée aux effectifs réellement disponibles.
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32 commentaires
Ce que l’article n’évoque pas c’est le cas des surveillantes qui deviennent complices des détenus, soit par peur et chantage, soit qu’elles tombent amoureuses… Oui, aussi incroyable que cela paraisse, ce sont des faits avérés, notamment dernièrement, dans le cas de l’évasion d’un détenu. Il est anormal que des femmes soient surveillantes dans des prisons d’hommes. La seule solution se trouve dans les robots, car incorruptibles et suffisamment costauds pour résister aux attaques vicieuses de ces monstres.
Ils sont pas contents les taulards…beh on les sort plus et voila….
Si on chassait les étrangers de nos prisons, il n’y resterait plus grand monde.