Fête de l’aïd : l’enseignement à l’épreuve d’une réalité nouvelle

Cantines fermées, examens annulés : quand la règle cède face au nombre.
Photo de David Henry: https://www.pexels.com/fr-fr/photo/mur-texte-urbain-citadin-6351373/
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En ce jour de l'aïd pour fêter la fin du ramadan, à Marseille, 27 cantines scolaires sont fermées, faute de personnel. L’image est nette : un service public qui s’interrompt, non pas pour un mouvement social, mais sous l’effet d’absences massives liées à une fête religieuse.

Cet épisode local agit comme un révélateur. Car il ne s’agit plus de cas isolés mais d’un phénomène suffisamment ample pour désorganiser concrètement le fonctionnement scolaire. Une réalité que l’on retrouve d’ailleurs dans d’autres services publics, certaines municipalités mettant chaque année à disposition des stades ou équipements sportifs pour accueillir les prières de l’aïd, preuve que ces pratiques s’inscrivent désormais dans l’organisation même des territoires.

Un cadre juridique clair… mais bousculé

Le droit encadre pourtant précisément ces situations. Depuis la loi de 1967, les absences pour fêtes religieuses sont autorisées, à une condition essentielle : qu’elles ne perturbent pas le fonctionnement du service public. À cela s’ajoute la circulaire de 2004, qui impose la neutralité religieuse au sein de l’école et renforce l’autorisation d’absence à l’occasion des fêtes religieuses.

Sur le papier, l’équilibre est limpide : liberté de conscience d’un côté, continuité du service de l’autre. Mais à Marseille, cet équilibre semble rompu. Lorsque des cantines ferment, c’est bien que la règle ne suffit plus à contenir la réalité.

Ce état de fait se retrouve à l’intérieur même des établissements. À Strasbourg, un professeur témoigne auprès de BV qu’un BTS blanc a été annulé pour tenir compte de l’aïd. « Les élèves connaissaient la date […] et ils ont demandé l’annulation, l’administration a accepté. » L’ampleur de l’absentéisme est tout aussi révélatrice : « C’est plus de la moitié qui est absente le jour de l’aïd […] on est proche des deux tiers. »

Dans certaines classes, l’absence devient quasi générale. Les établissements ne se contentent plus de constater : ils anticipent, déplacent, s’adaptent. L’exception se transforme en organisation.

Un phénomène réel… mais impossible à mesurer

Reste une difficulté majeure : l’absence de données consolidées. Une circulaire du ministère de l’Intérieur du 21 mai 2023 rappelle l’interdiction de collecter des statistiques fondées sur l’appartenance religieuse. Conséquence directe : aucune vision d’ensemble. Le phénomène est observé localement, mais demeure statistiquement invisible à l’échelle nationale.

Ce flou alimente aussi le tabou. En 2025, dans une école élémentaire de La Courneuve, la direction avait affiché la liste des enseignants absents, avec la mention « fête religieuse », correspondant à l’aïd. L’initiative avait provoqué une vive polémique, dénoncée comme une « atteinte grave à la vie privée », et conduit le rectorat à envisager la mise en place d’une cellule d’écoute. L’épisode illustre la sensibilité extrême du sujet.

Une évolution de fond qui accentue la pression

Ces situations s’inscrivent dans une transformation plus large de la société française. Selon l’INSEE, la population immigrée atteint 10,3 %, en 2023, contre 7,4 %, en 1975, une part croissante étant originaire de régions à majorité musulmane. Dans le même temps, la pratique religieuse progresse : selon l’IFOP, 41 % des musulmans se déclarent pratiquants, en 2020, contre 25 %, à la fin des années 1980, avec une dynamique particulièrement marquée chez les jeunes.

Autrement dit, ce qui désorganise aujourd’hui ponctuellement certains établissements pourrait, demain, s’inscrire dans une tendance plus large. Car à mesure que ces évolutions se renforcent, la pression sur l’école et ses règles ne peut que s’intensifier.

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Yann Montero
Journaliste Boulevard Voltaire I Le réél finit toujours par s'imposer I Suivez-moi sur X : @YannMontero

Vos commentaires

18 commentaires

  1. Le constat est clair et irréversible… !
    Notre société est amenée à disparaitre au profit d’une autre qui est en train de faire sauter la laïcité.
    Nos humanos-socialo-gauchos intransigeants ont tout fait pour faire disparaitre la religion catholique et même les crêches mais ils auront ouvert grand la porte à une peste bien plus agressive et virulentes…
    Je suis content d’être âgé pour n’avoir pas à constater les futurs dégâts !

  2. La lâcheté de trop d’élus se doit d’être condamnée par l’état qui a mission de faire respecter la loi et par les électeurs qui, plutôt que de subir, se doivent de chasser tous ces imposteurs. Mais, plus le temps passe et moins seront nombreux ceux qui trouvent que ces situations sont intolérables. Quand on pense que le général de Gaulle a préféré abandonner l’algérie pour éviter que les mosquées ne supplantes nos églises, on ne peut que penser au triste sort réservé à ceux qui à l’image du grand Hélie de St Marc, avaient osé lui tenir tête.

  3. Cette religion n’a absolument rien à faire dans notre pays. C’est une religion conquérante, dont le mein kampf vert explique clairement qu’il faut dominer le monde, et ça fait 1400 ans que ça dure. Nos anciens ont su lutter et se protéger (Charles Martel, la Reine Isabelle d’Espagne, Pie V (bataille de Lepante), Jean Sobieski…) mais les politiciens actuels sont en dessous de tout. Il faut clairement un sursaut et pas seulement en France. Il faut déjà virer la classe politique actuelle. 13 mois….

  4. C’est avec de tels informations qu’on se rend compte qu’en quelques dizaines d’années l’Islam a pris une tel importance en France et pire ailleurs qu’en France dans l’enseignent publique est inclus des cours sur la charia aux jeunes enfants.
    Dans la petite vidéo sur la question des fêtes musulmanes, la question que se pose sur les fériés absentes pour deux fêtes musulmanes personnellement je dirais qu’ils se sont trompé de pays, l’iran ou l’Arabie leur conviendrais le mieux. Ils sont libre.

  5. Bonjour,
    Ah c’est vous qui avez insulté ignoblement TOUS les syndicats enseignants il y a peu.
    Cette fois, je suis d’accord avec vous et remarquez que les enseignants n’y sont pour rien.
    Cela étant, un de mes élèves très gentil et excellent m’a dit à la fin du cours poliment et à titre personnel qu’il ne serait pas là ce jour là.
    Ma foi, si j’ose dire, j’ai bien manqué une journée au collège pour ma communion.
    Mais il ne faut pas que cela devienne une institution.
    Bonne journée.
    Je suppose que vous n’avez pas de cours à préparer ce week end ni 170 copies environ à corriger pendant les vacances. Ah nos chères vacances. Ah au fait, nous n’avons pas de rtt ni de treizième mois.
    Cordialement.
    Et bon week-end (sans copies)

  6. Ma petit fille dans un lycée du 93, 1er cours d ‘espagnole de l’année (raison pas de prof jusqu’à présent) prévu ce jour là, 3 élèves présents tous les autres absents pour cause de fin du ramadan, cours annulé, c’est scandaleux, affligeant, écoeurant.

  7. Paris 14ème : Emmanuel Grégoire était ce matin au centre sportif municipal Jules Noël pour exprimer sa “fierté” de fêter l’Aïd avec les fidèles. Il promet de continuer de s’impliquer pour leur trouver des lieux de culte “plus dignes et plus spacieux”.

    Quand a estrosi, a Nice aucun maire n’a pu assister a la fin du ramadan.
    Les autorités musulmanes n’ont pas voulues servir de faire valoir politique.

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