Absence de Némésis, exfiltration d’Éclats de femme : un 8 mars sous le sceau de l’exclusion

Deux manifestations que tout opposait ont eu lieu ce week-end à Paris pour célébrer les femmes.
Yann Montero
Yann Montero

Deux salles, deux ambiances, lors des manifestations féministes du 8 mars qui célébraient, ce dimanche, la Journée de lutte pour les droits des femmes. Le cortège habituellement organisé par l’association « Nous toutes » a paradé, ce week-end, aux couleurs des drapeaux palestiniens et des pancartes antifascistes. Il a surtout arpenté les rues de Paris sans le collectif identitaire Némésis, interdit de manifester aux côtés des féministes radicales. Némésis a donc choisi le XVIᵉ arrondissement de Paris pour célébrer cette journée dans le recueillement et la dignité.

Quentin, visage d’un féminisme de droite ?

Si ses habituels slogans résonnent au nom des femmes victimes de violences – tout particulièrement celles que la gauche ne veut pas nommer – cette année, le rassemblement du collectif féministe « de droite » a choisi de mettre à l’honneur celui de Quentin Deranque. Le jeune homme, dont Alice Cordier a rappelé qu’il « a vécu 23 ans comme un lion, quand certains, pendant toute une vie, vivent comme des moutons », a perdu la vie, le 14 février dernier, après avoir été lynché au sol par des antifascistes de la Jeune Garde. Il était venu soutenir les militantes identitaires à l’occasion d’une manifestation et leur apporter sa protection en cas de problème.

Une minute de silence et une Marseillaise ont été observées pour rendre hommage à celui qu’elles n’hésitent pas à qualifier de héros et pour qui elles réclament justice. Une manière, aussi, d’affirmer que le féminisme peut être l’affaire d’hommes et de femmes qui refusent de voir leurs mères, leurs femmes ou leurs sœurs subir les conséquences de politiques qu’ils dénoncent.

La sécurité des femmes, nouvel enjeu majeur à droite

Les témoignages de manifestantes au micro de Boulevard Voltaire en attestent. Comme celui de cette mère dont la fille, violée et tuée par un Algérien sous OQTF, dit avoir reconnu dans le combat de Némésis celui que d’autres associations féministes ne voulaient pas mener : la défense de toutes les femmes victimes de violences, « peu importe leur agresseur », car « aucune violence ne doit être tue », abonde une autre manifestante.

Les Némésis, qui craignent la violence de l’extrême gauche depuis la mort de leur ami Quentin, avaient décidé de se tenir finalement à l’écart du cortège de « Nous toutes », mais l’interdiction du ministre de l’Intérieur de parader aux côtés des autres associations parle d'elle-même... à l’aube d’une éventuelle dissolution du collectif, agitée par Laurent Nuñez. Le ministre entend satisfaire ceux qui, face aux sanctions visant les collectifs antifascistes, tentent d’établir une équivalence avec Némésis.

« Nos actions consistent à déployer des banderoles, comme le font des associations de gauche », explique Alice Cordier à la presse. « Dissoudre une association de victimes qui dénonce les violences faites aux femmes, qui représente des femmes violées, est-ce vraiment ce que le gouvernement veut faire ? », interroge-t-elle, en rappelant la nécessité pour le collectif de s’entourer d’hommes afin d’assurer leur protection. « Je ne peux pas dire que je n’ai pas peur : Raphaël Arnault m’a menacée d’une balle dans la tête », rappelle-t-elle.

Des menaces et un projet de dissolution jugés « scandaleux » par Anne Sicard et Marion Maréchal, qui appelle à une « solidarité » massive envers les militantes. La députée du Vexin et l’eurodéputée à Bruxelles, toutes deux du parti Identité-Libertés, se sont rendues aux côtés des « féministes patriotes », en cette journée du 8 mars, pour dénoncer « cette gauche sectaire, qui a des accointances avec la violence politique [et qui] veut s’approprier le combat de la défense des femmes », selon les mots de Marion Maréchal appuyée par Thierry Mariani, candidat RN à la mairie de Paris, venu lui aussi apporter son soutien et « honorer la mémoire de Quentin ». « Il me semblait normal d’être à leurs côtés aujourd’hui pour leur dire que des millions de Français les soutiennent, que leur combat est juste et que "féminisme" ne rime pas nécessairement avec "gauchisme", mais peut aussi signifier patriotisme », a abondé l’eurodéputée d’Identité-Libertés.

L’intersectionnalité qui exclut des femmes

Une affirmation que les féministes ayant défilé sous la bannière de « Nous toutes » se sont appliquées à contester, ce dimanche. À l’autre bout de Paris, slogans, bannières et pancartes aux couleurs d’une gauche radicale et intersectionnelle se sont déployés pour faire entendre qu’« ici, on pleure pas les nazis », en référence à Quentin Deranque, insulté de la sorte depuis sa mort. La surenchère était de mise avec des pancartes « Némésis dégage », tenues fièrement par les députées de La France insoumise Mathilde Panot et Manon Aubry, ou encore « patriarcat au feu, Némésis au milieu ».

Mais il ne s’agissait pas seulement d’interdire à la droite l’accès au cortège. L’association apolitique et transpartisane Éclats de femme, fondée par Claire Geronimi, a elle aussi été contrainte de quitter la manifestation en urgence, exfiltrée par la préfecture, face à l’hostilité des antifas. Malgré l’absence de Claire Geronimi, violée en 2023 par un Centrafricain sous OQTF, le collectif composé de femmes victimes, qui ne revendiquait aucun message politique, a été insulté et menacé dès qu’il a été reconnu par les militants d’ultra-gauche, nous rapporte Lucie, l’une des militantes. Face au vide qui se formait autour des jeunes femmes et aux antifas prêts à les charger, les deux policiers présents à proximité ont raccompagné le collectif jusqu’au métro le plus proche pour assurer leur sécurité.

Pendant que les militantes de Némésis offraient des fleurs aux policières encadrant leur rassemblement, des tags « all men », « à mort la police » ou « Paris antifa » étaient laissés sur la place de la République, abandonnée sous les déchets. Des dégradations que les agents de la fonctionnelle se sont ensuite employés à nettoyer après le passage de la manifestation.

Cet article a été mis à jour pour la dernière fois le 10/03/2026 à 18:17.

Vos commentaires

14 commentaires

  1. Qu’ont à faire Eclats de Femmes ou Némésis dans les rassemblements des groupes vomissant la France profonde, sinon, d’une certaine façon, légitimer leur mouvement? Il n’y a plus UN combat des femmes, sur des thèmes réellement unificateurs, mais des tribunes politiques idéologiquement différentes pour ne pas dire le plus souvent opposées.
    Les fossoyeuses (rs) de notre identité possèdent depuis longtemps l’art de tenir la rue, de proférer des slogans qui portent, d’interdire, évidemment, toute ligne divergente. Apprenons donc progressivement à mobiliser la rue de notre côté, sans complexes, à sortir ,un peu, de cette bonne éducation qui nous interdit de nous exhiber, acceptons enfin, et c’est en cours, de considérer que la moralité, l’idéologie salutaire, ce n’est pas le camp d’en face qui la porte, mais nous: existons tout simplement, droits dans nos bottes, dans la rue, comme partout.

  2. Contre ces attaques crasseuses, demandons ce que pensent nos politiciens ( nes) de gauche de cet extraordinaire courage, hélas suicidaire, de l’ équipe féminine de football iranienne. Vont- ils en parler dans la presse de gauche ? ( TV, journaux…) Feront-ils allusion, minute de silence ou cagnotte en ligne pour les soutenir? Car médiatiser leur légitime affront conviendrait ( un peu ) à les protéger car exposées au monde entier. Et c’ est aussi de la défense Féministe ! Démontrons aussi que les impôts locaux parisiens servent à nettoyer leur manifestation. Némésis salissent-elles la voie publique? Enfin, les députées qui affichent leurs slogans tout aussi haineux que débile : ont-ils l’ autorisation du propriétaire pour coller sur le mur? Nettoie-t-il ensuite? La pisse ne pue qu’ au bout de 24 h car l’ urée contenue ( protéine) s’ oxyde…Pas avant. ( Autant informer après tout.) Enfin, cette brave Dame n’ a pas été agressée ( et j’ en suis HEUREUX) par des nervis de « l’ extrême drouaaatte »…comme quoi, la liberté d’ expression ( même fort peu recherchée) est respectée. En tant que contribuable, payer aussi grâcement une députée via mes impôts me navre cependant.

  3. Ce pays est devenue la lie du monde. Plus je vous les commentaires sur les réseaux sociaux plus je vois la fin pointer. Pourtant je suis d’un naturel optimiste mais le cancer gauchiste qui ronge la société me déprime de plus en plus. Quelle honte. Demain je serai au monument aux morts pour la cérémonie en faveur des victimes du terrorisme et je penserai surtout a nos anciens dont les noms sont graves dans le marbre. Qu’à ton donc fait pour les trahir.

  4. J’ai lu sur un média que Gisèle Pélicot pour qui j’ai un profond respect avait participé à cette manif parisienne en cortège de tête ?
    Est ce une intox ? Si c’est vrai, sait-elle que Claire Géronimi et son association pour protéger les femmes violées a été virée manu militari de la manif pour cause d’engagement à droite.
    Si Gisèle Pélicot l’a su et est resté dans cette manif, c’est grave. Elle a souillé son nom.

  5. deux conceptions de la vie, l’une dégrade en pemanence, les LFI et consorts voir les déchets après leurs passages, les autres veulent vivre décemment et laissent les leiux propres, les dimanches 15 et 22 mars choisissez votre avenir, pourri et dégueulasse avec les LFI et la gauche asservie, ou la propreté et la démocratie.

  6. Ce n’est pas avec un ministre de l’intérieur qui lèche les bottes de la gauche et laisse le pays aux organisations antifascistes que ce pays retrouvera le calme , bien au contraire cela va aller de mal en pi , jusqu’au jour ou descendre faire ses courses sera aussi dangereux que l’allée des snipers a Sarajevo.

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