Accueil Editoriaux 747, un chiffre porte-bonheur !
Editoriaux - Sport - Table - 16 décembre 2017

747, un chiffre porte-bonheur !

Une nouvelle passe dans l’air, comme une traînée, qui n’interpelle que les “spotters” (passionnés d’aviation) et sans doute quelques usagers. Le Boeing 747 ne sera plus en service dans aucune compagnie aérienne américaine à la fin de l’année. Air France avait anticipé le retrait définitif en janvier 2016. Un tour de France, baroud d’honneur nostalgique, avait alors conclu sa carrière sous les couleurs tricolores avec un numéro de vol très symbolique : AF 747…

Mais la carrière du premier avion à grande capacité n’est pas pour autant terminée, quarante-sept ans (!) après sa première mise en service commercial. Quelque 480 « Super Jumbo » sont encore en service pour des années, sous des versions différentes, et plus spacieuses encore que le modèle initial.

Et, surtout, il reste le porte-drapeau de Boeing, avec l’avion présidentiel, que le monde entier reconnaît sous sa livrée bleue. Mieux : l’armée de l’air américaine, qui est l’opérateur d’Air Force One, comme son prestigieux nom l’indique, vient d’en commander deux qui, assurément, parcourront les ciels internationaux pour de longues années encore…

Outre son confort, ce long-courrier est d’une rare élégance, avec sa bosse partant du nez (allongée avec les versions successives) qui fait comme une taille de guêpe et suggère une pénétration fluide dans l’atmosphère – ce qui est la réalité.

De ce fait, la cabine avant est d’un rare agrément !

On l’aura compris, je suis un adepte nostalgique de ces . Et je ne peux me résoudre à en parler sans évoquer des expériences personnelles, au cours d’une seconde carrière civile – ce que l’on voudra bien exceptionnellement me pardonner…

J’ai volé environ 8.000 heures sous les couleurs de plus de quinze compagnies différentes. Soit deux fois plus que mon score de pilote de chasse. Et, surtout, en étant l’objet d’une attention souriante et colorée que l’on ne trouve guère dans un cockpit, nonobstant la voix parfois féminine d’un contrôleur au sol.

Guerre froide oblige, le survol de l’Europe de l’Est et de la Russie furent longtemps interdits aux Occidentaux pour rallier les pays d’Asie. Le transit se faisait alors par l’ouest, avec une escale au milieu du jour à Anchorage, en Alaska. L’alignement des 747 des nombreuses compagnies aériennes, avec leurs marques, certaines élégantes, toutes multicolores, constituait un spectacle impressionnant et magnifique.
Sans doute chanceux, ce que j’impute au chiffre 7 qui illustre aussi mon bulletin de naissance, je n’ai jamais subi l’angoisse d’une panne ou un déroutement. En revanche, j’ai le souvenir inoubliable de quelques anecdotes vécues à bord.

Ainsi, une nuit au-dessus de la , j’ai partagé avec une amie chère et un seul steward le spectacle grandiose de la comète Hale-Bopp qui dévalait au-dessus de l’aile droite.

Grâce à un ami retrouvé comme commandant de bord, j’ai pu vivre dans la cabine de l’équipage l’arrivée pittoresque face à la montagne et l’atterrissage à Hong Kong, sur l’ancien aéroport enclavé au milieu des immeubles et de l’eau, et voir en dernier virage l’aile droite quasi raser le sommet des habitations et souffler le linge aux balcons.

Je me souviens aussi du temps où la Compagnie UTA fut absorbée par Air France, en 1993, et des équipages mixtes aux uniformes disparates et des humeurs parfois divergentes des hôtesses et autre personnel de bord.

J’ai encore en tête le compartiment première classe de l’ex KAL, devenue ensuite Korean Air, avec de véritables fauteuils club et le charme retenu mais virevoltant et léger des hôtesses dans leur kimono aux couleurs vives.

Je goûte rétrospectivement le professionnalisme d’un équipage de la Thai qui fit un atterrissage « sur des œufs » à Roissy dans un brouillard dense, après avoir annoncé qu’un déroutement sur Bruxelles serait sans doute nécessaire, compte tenu de la météo.

Je revois le regard perplexe d’un steward de Singapour Airlines, dans un vol de Singapour à Johannesburg, auquel je montrais une île apparaissant subitement en dessous dans une trouée de nuages. “Some English island?”, suggéra-t-il, imputant encore à son ancien empire la mainmise sur la plupart des océans. Je corrigeais avec une certaine fierté chauvine en lui faisant découvrir La Réunion…

À lire aussi

Convention citoyenne pour le climat : sus à la vitesse !

Pourquoi 110 et non 100, pour faire rond ? …