Editoriaux - Politique - 13 novembre 2018

Veille de 11 Novembre, on manifestait à Perpignan pour la sécession

À Perpignan, ce samedi 10 novembre, que se passe-t-il en ville, devant la préfecture et dans le centre historique, au voisinage de la mairie, à cent mètres de la maison familiale de Charles Trenet qui chantait si bien « Douce France » ? Le Castillet couvert de drapeaux français ? De beaux discours pour se mettre en voix pour ceux du 11 Novembre ? Non, une manifestation dont les nationalistes catalans diront, à juste titre, qu’elle fut un immense succès, manifestation couverte de bannières indépendantistes sang et or avec l’étoile pour « une Catalogne unie » envahit le centre ville.

Les mots d’ordre sont : abolition du traité des Pyrénées (ce traité qui rattacha, le 7 novembre 1659, le Roussillon au royaume de France) et libération des prisonniers politiques indépendantistes en Espagne. Les participants sont presque tous des Espagnols catalans arrivés en car du sud des Pyrénées et qui n’hésitent pas à vous dire qu’à Perpignan, vous n’êtes pas en France mais en Catalogne.

Ainsi, aujourd’hui, en France, la préfecture des Pyrénées-Orientales autorise, avec la complicité de quelques notables du cru, que l’on puisse revendiquer à grand bruit la sécession d’un département français, si on voit la situation côté français, et son annexion, si on la voit côté espagnol. Quelques Français du département soutiennent ce mouvement. Nicolas Garcia, responsable du Parti communiste dans les Pyrénées-Orientales, en fait partie. Surprise !

On pense alors aux poilus des Pyrénées-Orientales dont les noms, très nombreux, sont gravés sur les monuments aux morts. Ils ne sont pas morts pour le Roussillon ou la Catalogne, ils sont clairement morts pour la France et pour rester français.

Ne nous y trompons pas, les catalanistes ne sont pas des gentils toujours victimes et nostalgiques d’une histoire fantasmée et réécrite de façon mensongère. Ce mouvement est dangereux. Il est dangereux en Espagne, il peut le devenir en France.

Aujourd’hui, aimer la France vous vaut divers épithètes rarement positives dans la bouche de leurs auteurs. En revanche est très bien considéré le nationalisme régional qui, en Europe, a toutes les vertus, en particulier celle de miner les États-nations, sources de tous les maux.