Editoriaux - 8 octobre 2018

Un crédit d’impôt pour héberger des migrants : le lointain plutôt que le prochain ?

Aurélien Taché est un député LREM pro-migrants. Il avait récemment proposé que les réfugiés travaillent dans la restauration qui manque de bras. Il récidive et va déposer une proposition de loi pour instaurer un crédit d’impôt de 1.500 euros par an en échange de l’hébergement d’un réfugié en règle. Que la personne accueillie ait des papiers est la moindre des choses, sinon, son hôte tomberait sous le coup de la loi pour aide à l’immigration clandestine.

Un crédit d’impôt de 1.500 euros serait, à la différence d’une déduction d’impôt de 1.500 euros, entièrement versé par l’État. Si le montant de vos impôts sur le revenu est de 700 euros, dans le premier cas de figure, les finances publiques vous donnent 800 euros, et rien dans le second cas. Avec M. Taché, recueillir un migrant serait donc payé, grosso modo, cinq euros par jour.

Précisons quand même qu’un réfugié régularisé a déjà droit au RSA et aux APL. Il n’est donc pas sans ressources, loin de là. Ensuite, un premier problème viendra du contrôle. Quand vous versez une pension alimentaire à un de vos parents ou enfants, le destinataire est clairement identifié et il devra réintégrer les sommes perçues dans sa propre déclaration d’impôts. En serait-il de même dans le cas d’un réfugié ?

Plus important est évidemment le problème moral de ce cadeau fiscal par rapport à ce qui existe par ailleurs pour les personnes âgées. Si vous recevez sous votre toit un senior de plus de 75 ans, pour qui vous n’avez aucune obligation alimentaire (frère, sœur, oncle, tante, etc.), vous pouvez déduire de vos revenus un peu moins de 3.500 euros. Si vous êtes taxé à 14 %, vous obtenez un gain de 490 euros (1.050 si vous êtes à 30 %) : un montant, dans tous les cas, plus faible que les 1.500 euros de M. Taché.

Et puis, comment peut-on oser évoquer des efforts budgétaires pour les migrants sans parler de l’accueil des SDF français ? Certes, les « pro-migrants » rétorquent souvent, pour clouer le bec à ceux qui évoquent cette question, que l’aide au profit des uns n’est pas concurrentielle de celle faite aux autres. Voire. Que ce sont des budgets distincts. Maisc au bout du compte, l’argent public vient bien de la même poche : celle du contribuable. Alors, ne pas étendre cet avantage fiscal proposé par M. Taché pour les réfugiés à l’ensemble des SDF, ces exilés de la rue dans leur propre pays, relèverait d’une préférence non nationale pour le moins discriminatoire, pour ne pas dire plus.

C’est ce qu’on doit appeler préférer son lointain plutôt que son prochain.

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