Pamela Anderson soutient les gilets jaunes ? La chasse aux blondes est ouverte !

Nos élites, nationales ou mondialisées, politiques comme médiatiques, ont du vague à l’âme. Ce sont de grandes sensibles, promptes à s’interroger sur cette question existentielle : pourquoi le peuple nous délaisse-t-il ? Et, surtout, pourquoi persiste-t-il à ne pas faire grand cas de nos conseils éclairés ? Car si les élites ont l’électricité à tous les étages, ce n’est pas forcément le cas du bas peuple. C’est lumineux.

Ce qui l’est tout autant, c’est le mépris de classe de ceux qui « ont réussi » par rapport à « ceux qui ne sont rien », pour reprendre la vulgate présidentielle. La preuve par Pamela Anderson.

Au fait, qui es-tu, chère Anderson Pamela ? Une actrice américano-canadienne, pas exactement de l’envergure d’une Bette Davis, mais une actrice tout de même ; laquelle, sévèrement poumonnée, a, en maillot rouge, causé une sorte de frénésie masturbatoire chez des hordes d’adolescents gavés de testostérone quand gambadant sur les plages de Santa Monica dans le feuilleton Alerte à Malibu, au siècle dernier.

Aujourd’hui, ce serait plutôt « Alerte démocratique », la dame étant passée du maillot rouge au gilet jaune, tweet de lèse-humanisme à l’appui, évoquant « une montée des tensions entre l’élite métropolitaine et la pauvreté rurale, entre les politiciens représentés par Macron et les 99 % qui en ont marre des inégalités, pas seulement en France, mais dans le monde entier ». C’est beau comme du Christophe Guilluy ou du Jean-Claude Michéa.

Devant la prise de parole d’une femme de pouvoir, les féministes de service et même les intermittents du spectacle progressiste auraient dû se réjouir. Comme ils s’étaient félicités du fait que d’autres actrices, blondes ou non, aient pu porter la bonne parole grâce au mouvement #MeToo. Mais non.

Pourquoi ? Tout simplement parce que Pamela Anderson n’a pas « la carte du club », pour reprendre les termes d’un entretien accordé par Gérard Depardieu, jadis, à la presse cinématographique, ayant causé grand bruit. Bref, elle n’est pas de la caste. Pire : une actrice populaire, plus souvent épinglée dans les cabines des camionneurs du Middle West qu’à la liste des Oscars®.

Du coup, le féminisme d’État n’a pas de mots assez misogynes pour stigmatiser cette ancienne playmate. Elle vit avec le footballeur Adil Rami, une « chance pour la France », pourtant. On lui renvoie, aujourd’hui, une ancienne sextape dans le décolleté. Ainsi, il y a trente ans, première du genre, elle avait immortalisé ses noces avec Tommy Lee, le batteur fou de l’aussi dingue groupe Mötley Crüe, lui aussi assez représentatif de l’Amérique trumpesque. On ajoutera qu’elle fut également pionnière en matière de féminisme et de défense des animaux ; un peu comme une autre célèbre blonde ralliée à la cause des gilets jaunes : Brigitte Bardot. Mais rien n’y fait, rien n’y fait plus : elle n’a pas « la carte ».

Il y a, en France, un autre récent précédent relatif à cette même détestation de la France d’en haut vis-à-vis de celle d’en bas : Brigitte Lahaie. Tant qu’elle participait de joyeuse manière à la libération sexuelle des années pompidolo-giscardiennes, elle était unanimement célébrée. Depuis qu’elle raille le féminisme puritain ambiant, elle aussi se trouve renvoyée à son passé d’actrice à films en costumes sans costumes. Sois blonde et tais-toi, en d’autres termes.

Il y a trente ans, j’ai eu l’honneur de consacrer près de dix pages à cette dame, dans un hebdomadaire. Je me souviens avoir eu affaire à une grande dame à l’esprit vif et élégant, à une tête bien faite et intellectuellement embellie de mille et une lectures, même les plus étonnantes, tels les ouvrages de notre ami Alain de Benoist.

C’est peut-être aussi le cas de Pamela Anderson, qui sait ? Les blondes, aussi, ne se servent pas des livres que pour caler leurs armoires ; n’en déplaise à certaines harpies de la bonne société.

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