Editoriaux - Santé - 1 avril 2018

Nos médecins seront-ils bientôt des robots ?

On parle beaucoup d’intelligence artificielle, actuellement. Si le terme « artificielle » est facilement compréhensible, car de toute évidence il désigne une intelligence non humaine et, par extension, non biologiquement vivante, le terme d’intelligence, lui, est beaucoup plus flou.

De quelle intelligence s’agit-il ?

De celle que l’on peut mesurer à l’aide d’un QI ? D’une intelligence davantage orientée vers les émotions ? Ou d’une autre forme de ce qu’on a aussi, maintenant, pris l’habitude de désigner sous le terme d’intelligence ?

Le sens commun voudrait que, derrière le terme d’« intelligence », on reconnaisse la faculté de comprendre, de donner un sens, de s’adapter à une situation, et la possibilité de résoudre les problèmes qui lui sont soumis. Si l’on considère uniquement la possibilité de résoudre des problèmes en fonction des données qui lui sont soumises et de s’adapter à des situations nouvelles pour en modifier le résultat, alors, en effet, les machines, avec leurs algorithmes, sont capables d’accomplir cette tâche.

Si, en revanche, on inclut dans la notion d’intelligence la possibilité d’influer sur une décision logique (la logique étant l’essence même du mode de raisonnement des machines) avec des critères d’origine émotionnelle, alors se creuse un fossé entre l’intelligence artificielle et l’intelligence humaine

On peut ainsi envisager une consultation médicale effectuée par un robot qui aurait accès à vos antécédents, à vos examens complémentaires, à vos données biologiques du moment et qui, à l’aide d’un interrogatoire piloté par un algorithme, vous permettrait d’obtenir un diagnostic et un traitement ; cela est sans doute possible dans certains cas, mais il ne faut pas oublier que, pour établir un diagnostic, le médecin (humain) ne se base pas uniquement sur la valorisation des symptômes que décrit le malade spontanément, mais aussi sur ce qu’il va aller rechercher par un questionnaire adapté dans lequel il tiendra compte de l’environnement émotionnel, affectif, familial, professionnel et sociologique du malade. De plus, certains malades viennent parfois plus pour trouver du réconfort que pour résoudre un problème « technique ».

Ce n’est qu’une question de temps, affirment certains, l’intelligence artificielle va faire de tels progrès qu’on pourra, à terme, se passer de médecin, établir un diagnostic et un traitement à l’aide des données recueillies par l’interrogatoire et des capteurs externes, éventuellement même implantés à l’intérieur du corps, comme cela existe déjà chez certains individus « branchés » où des puces électroniques sous-cutanées permettent la reconnaissance ou le paiement sans contact.

Bien sûr, en théorie, cela sera possible, mais on oublie que l’humain est variable, et la norme peut être différente d’un individu à l’autre. Les algorithmes chargés de veiller sur notre santé se référent à des données standard statistiquement validées, établies à partir d’un panel d’individus censés représenter la norme ; mais qu’en sera-t-il pour ceux qui seront de part et d’autre de cette courbe de Gauss, en raison d’une particularité génétique, d’une influence environnementale inhabituelle ou tout simplement de leur âge ?

Faudra-t-il les exclure du champ de la thérapeutique moderne, sous le prétexte qu’il s’agit d’individus risquant de développer des effets secondaires indésirables, pouvant éventuellement donner lieu à un dédommagement ? Faudra-t-il refuser les soins à tous ceux dont le rapport « bénéfice/risque/coût » serait jugé défavorable par la machine ?

Questions que « l’intelligence artificielle » aura peut-être du mal à résoudre.

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