Editoriaux - Société - 6 novembre 2018

Multiplication des agressions pour vol : c’est la double peine… pour les victimes !

Vols à la tire, vols à l’arraché, vols avec violence, agressions qui tournent au drame… la litanie est sans fin. On nous dit que les homicides diminuent, que la grande criminalité est en baisse. Possible. Reste la « petite », qui nous pourrit la vie au quotidien, devenue si banale que tout le monde semble s’en accommoder. Les policiers en premier, qui voient défiler toute la journée dans leur commissariat des gens détroussés par des petites frappes de grand chemin. Et encore ces gens-là se déplacent-ils pour porter plainte, ce que beaucoup d’autres renoncent à faire, vu l’inutilité absolue de la démarche.

Les racailles et autres malfrats ont une imagination sans limites. Ainsi apprend-on qu’on détrousse désormais dans les cimetières. Il est vrai que ce sont des lieux calmes, assez peu fréquentés et où l’on trouve à se dissimuler aisément… C’est comme cela qu’une pauvre femme, malvoyante de surcroît, a été agressée le jour de la Toussaint dans le cimetière de Brunoy pour lui arracher son sac à main.

« C’est la première fois qu’un fait comme celui-ci se produit », dit la mairie. « En revanche régulièrement des vols de fleurs nous sont signalés. Et c’est pour cela que nous allons installer des caméras de vidéosurveillance. On étudie la possibilité pour 2019 d’en mettre une au cimetière. En espérant que cela soit dissuasif. »

En somme, c’est la double peine : les braves gens se font agresser et voler et il leur faut, en plus, payer sur leurs impôts l’installation de caméras dans les cimetières !

Cela m’évoque une autre arnaque, de la SNCF cette fois.

Histoire d’une provinciale de fraîche date ayant fui la capitale devenue invivable, traumatisée notamment par un « vol avec violence » subi en 2017. De retour à Paris pour quelques jours, elle se fait voler son portefeuille dans le métro. Ligne 13, pour les connaisseurs, la fameuse qui relie Saint-Denis à Montrouge en passant par Saint-Lazare. Un cauchemar aux heures de pointe sur lequel L214 devrait se pencher… Plus de portefeuille, donc plus de papiers, plus d’argent.

X (appelons-la X) se rend au commissariat du IXe pour porter plainte. « Il y a beaucoup de monde, ça va être long », dit le policier à l’accueil. Il faut dire qu’ils sont quatre à monter la garde sur le trottoir, trois qui papotent derrière le comptoir et un qui prend les plaintes. Ça défile, en effet : pléthore de touristes dévalisés, dans la rue, dans le métro, à la porte de l’hôtel. Quand X raconte sa mésaventure, le flic sourit : « Madame, la ligne 13… » Sous-entendu « quelle idée de prendre cette ligne ». C’est vrai, ça, quelle idée de se déplacer en métro dans une ville paralysée par les embouteillages de madame Hidalgo !

Quelques jours plus tard, X reçoit un message de la SNCF sur son portable : « On a trouvé des papiers vous appartenant. Vous pouvez venir les récupérer au guichet des objets trouvés, quai 27, gare Saint-Lazare. C’est 10 euros, par chèque ou en espèces. »

C’est beau, non ? On se fait détrousser et il faut payer pour récupérer – ou pas – ce qu’on nous a volé. En l’occurrence, les agents de la SNCF ont ramassé dans un train de banlieue un portefeuille qui n’était pas celui de X mais contenait des papiers appartenant à trois personnes différentes, dont la carte Vitale (cassée en deux) de madame X et une carte de visite avec ses coordonnées.

Vous l’aurez compris, madame X me ressemble beaucoup. Et, hélas, beaucoup aussi à mes amis et sans doute aux vôtres dans une France où la police comme les victimes n’ont plus qu’une solution : la résignation à laquelle on les contraint.

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