Culture - Editoriaux - Médias - Société - Sport - 16 juillet 2018

La France a gagné la Coupe du monde, et c’est purement sportif

L’équipe de France, en battant en finale 4-2 la Croatie (équipe ayant quasiment un match de plus dans les jambes du fait des prolongations aux tours précédents), a offert quelques heures festives au pays. Contrairement à 1998, ça ne devrait pas dépasser le cadre du football.

L’enthousiasme a pris des proportions moins grandioses. Les joueurs ne seront pas déifiés comme en 1998. La récupération idéologique de la victoire black-blanc-beur ne marchera pas aussi facilement – même si elle tournera à plein à l’étranger, dans des sociétés ignorant la complexité du sujet – parce qu’elle est apparue dans toute sa naïveté dans les années qui suivirent : d’abord, la diversité n’est pas nécessairement synonyme de succès, comme le montrent les victoires d’équipes 100 % blanches – Italie, Espagne… – contre la France multiraciale (encore moins de joueurs blancs en équipe de France 2006 qu’aujourd’hui). De plus, il y eut des problèmes ethnoculturels chez les Bleus au début des années 2010 qui fracturaient le groupe et obéraient ses résultats. Essayer de revendre le message black-blanc-beur quand ça arrange serait considéré comme malhonnête.

Gaz lacrymos aux Champs-Élysées et chants ressassés

Dans les rues de Paris, de la fan-zone du Champs-de-Mars aux Champs-Élysées pour fêter la Coupe du monde, rares sont les quarantenaires : le public est très jeune, la plupart n’ayant pas connu la victoire de 1998.

Parmi les chants, on entend pourtant surtout des tubes de 1998 comme « I Will Survive », signe de l’ampleur qu’avait prise cette Coupe du monde. Une chanson dédiée à Benjamin Pavard remporte le plus franc succès parmi les supporters qui la braillent à répétition. Des « Marseillaise » sont lancées à longueur de soirée, les drapeaux bleu blanc rouge sont brandis, signe que le patriotisme sportif se porte bien. Mais ces expressions de patriotisme se cantonnent à ce domaine du foot et celui des attentats, ce qui est un peu léger pour assurer le vivre ensemble.

Les images des Champs-Élysées données par les médias cachent la réalité devenue vite tendue sur place, et notamment l’usage intensif de gaz lacrymogène par les CRS. Ce fut déjà le cas lors de la demi-finale gagnée face à la Belgique où, face aux projectiles lancés sur les forces de l’ordre, les CRS ont lancé l’évacuation des Champs à coups de gaz lacrymo. Rebelotte ce dimanche : à 1 h 30 du matin, les Champs-Élysées étaient bouclés, des cars de CRS surveillant l’entrée place de la Concorde. La communion est sportive, elle a duré seulement quelques heures.

Hommage à certains joueurs

Une pensée pour la Croatie qui, de quatre millions d’habitants, tire une équipe si joueuse et valeureuse, autour de son leader Modric, 32 ans, désigné meilleur joueur du Mondial.

Une pensée pour les plus anciens des joueurs de l’équipe de France. Pour le capitaine Lloris, dernier rescapé de l’enfer de Knysna où certains cadres racailles avaient pris le pouvoir. Pour Matuidi, dont le signe de croix en quittant le terrain a déplu à Caroline Fourest, qui s’en est lamentée sur Twitter. Pour Olivier Giroud, l’attaquant qui s’est sacrifié pour s’acquitter des tâches défensives et qui a souffert pendant deux ans et demi des insultes des partisans de Benzema. Sa victoire est celle de l’humilité et de la francité qu’il incarne. Pour Antoine Griezmann, qui s’était fait connaître pour ses larmes après l’élimination contre l’Allemagne en 2014, avant de guider en patron les Bleus à la finale en 2016. Il a quitté le stade avec un T-shirt floqué « Vive la France ». Un message à retenir, lui, au-delà du football.

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