Editoriaux - Union Européenne - 24 décembre 2018

Jean-Claude Juncker : sciatique ou dive bouteille ?

“What Shall We Do with a Drunken Sailor, Early in the morning?”, le bateau ivre de Bruxelles est mal barré, la mer démontée et son capitaine luxembourgeois louvoie dans l’œil du cyclone. « Parfaitement à jeun… » : depuis la semaine dernière, la rumeur enfle à nouveau à Strasbourg comme à Bruxelles après la publication, par la presse britannique – le Daily Mail, le Sun – et L’Express de photos on ne peut plus consternantes pour celui qui préside (encore) aux destinées de l’Union européenne.

« Parfaitement à jeun », l’on découvre dans les tabloïds le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker en train de tituber, après avoir manqué une marche au dîner organisé par le « High-Level Forum Africa-Europe » le 17 décembre dernier à Vienne. « Il était clair que Juncker s’était bien servi en rafraîchissements », persifle avec un humour tout britannique le correspondant du Sun. « Jean-Claude Juncker a une nouvelle fois perdu l’équilibre et a eu besoin de l’aide de ses pairs pour descendre quelques marches d’escalier à un sommet international », observe, de son côté, le Daily Mail, en précisant que « plus tard dans la journée, M. Juncker semblait enjoué, étreignant, embrassant et faisant des high five aux leaders mondiaux de la politique ».

L’addiction du président de la Commission, soupçonné d’avoir un sérieux problème avec l’alcool depuis plusieurs années, serait un secret de polichinelle dans les milieux européens et son penchant pour la dive bouteille ne daterait pas d’aujourd’hui. Au sommet de l’OTAN à Bruxelles, les 11 et 12 juillet derniers, il avait été filmé peinant à marcher et à maintenir son équilibre. « Parfaitement à jeun », avait alors précisé son entourage en expliquant que M. Juncker souffrait, en fait, d’une sciatique, rejetant ainsi les rumeurs d’alcoolisme qui couraient à son sujet. Officieusement, M. Juncker ne boit pas. Officiellement, il souffrirait du dos sans qu’aucun bulletin médical ne l’ait corroboré. Officieusement, pas de commentaires. Si ce n’est qu’en octobre dernier, le vice-président du Conseil italien, Matteo Salvini, n’avait pas hésité à briser l’omerta officielle : « Je ne parle qu’avec des gens sobres qui ne font pas de comparaisons qui ne tiennent pas la route », avait réagi Matteo Salvini, invitant M. Juncker, qui avait comparé son pays avec la Grèce, à « boire deux verres d’eau avant d’ouvrir la bouche et arrêter de répandre des menaces non existantes ».

En Autriche, c’est le parti national-libéral FPÖ qui réclame la démission de M. Juncker, après son récent passage à Vienne, estimant qu’il donnait une image indigne de ses fonctions : « L’image de l’Union européenne n’est déjà pas au mieux. On pourrait s’en passer, à quelques mois des élections de mai », réagit, de son côté, dans le quotidien flamand De Morgen, une source anonyme bien placée au sein de l’Union européenne.

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