Italie : retour en force de la nation

Comme cela était prévisible, les élections italiennes ont été marquées par un énorme rejet de la classe politique européiste qui est responsable de l’invasion migratoire, de la désindustrialisation de la plupart des pays européens, de l’ouverture générale et suicidaire des frontières (tant au plan démographique qu’au plan économique), de la politique de déracinement culturel et de la soumission aux puissances financières mondialisées qui imposent leurs normes culturelles.

Les victoires du Mouvement 5 étoiles et de la Ligue mettent en évidence le refus massif de la politique favorable à l’immigration qui est celle de la caste bruxelloise, mais elles démontrent aussi que le recours aux nations est la seule véritable alternative qui s’offre aux peuples en voie de déracinement rapide et définitif.

Contrairement à ce que semblent croire les identitaires, dont la grille d’analyse est ordonnée à l’Europe et aux régions, qui postulent que les nations n’ont plus qu’une dimension juridique, c’est aux nations et à leurs cultures que se raccrochent la grande majorité des Européens désespérés, tandis que l’Europe ne fait plus rêver et que les régionalismes sont des phénomènes marginaux qui n’ont d’importance que dans une poignée de régions (Catalogne, Flandre, Écosse, Pays basque et Corse. En Bretagne, contrairement à ce que pensent les euro-régionalistes, le mouvement régionaliste est d’une extrême faiblesse). L’ex-Ligue du Nord est devenue la Ligue et, en abandonnant sa ligne séparatiste, elle est passée de 4 à 18 % des voix le 4 mars ; il est évident que le sentiment national italien a beaucoup plus de succès que le régionalisme.

Contrairement à ce que disent les identitaires, les nations ne sont pas uniquement des entités juridiques ; les cultures nationales sont, malgré un déclin certain, bien plus dynamiques que les cultures régionales les plus vigoureuses (sans même parler des cultures qui, comme la culture bretonne, sont, malheureusement, moribondes). Comme l’a très justement écrit Javier Portella, les nations espagnole, française, italienne, allemande… sont d’authentiques patries charnelles pour la plupart de leurs nationaux.

Les identitaires suggèrent de suppléer à l’affaissement des cultures nationales (lequel est une conséquence de la politique de déracinement menée par l’oligarchie libérale–libertaire qui est au pouvoir à Bruxelles et dans un grand nombre des capitales européennes) par la promotion simultanée d’une « culture européenne » qui n’existe pas (il y avait sans doute une culture commune aux pionniers qui colonisèrent l’Europe il y a 40.000 ans, mais cette population originelle a donné naissance à des sous-groupes qui ne cessèrent de se différencier malgré les échanges croisés qui eurent lieu tout au long de cette longue période) et de cultures régionales qui, pour la plupart, n’existent plus ou sont en voie de disparition ! Le courant identitaire, qui se veut européiste et régionaliste (c’est toujours le même projet d’Europe aux cent drapeaux qui, depuis 1965, n’a jamais eu aucun succès), est dans une impasse de laquelle il n’est pas près de sortir.

En Pologne, tout comme en Grande-Bretagne, en Hongrie, en Tchéquie, en Slovaquie, en Autriche et même en Allemagne, en Italie comme partout ailleurs, la voie du réenracinement est essentiellement celle du recours et du retour aux cultures nationales, ce qui n’interdit pas d’avoir recours à des éléments culturels anciens empruntés aux Grecs ou aux Romains de l’Antiquité.

Une dernière chose concernant les élections italiennes : CasaPound, le mouvement néofasciste, a fait un score dérisoire, ce qui prouve que les Italiens, bien qu’excédés par l’immigration, font la différence entre les fascistes et les gens de la Ligue, ce que les médias « mainstream » ont prudemment évité de souligner.

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