Hollande et Macron : du beau travail !

Homme politique

Ancien député UMP, Président du Rassemblement pour la France, Président de La Droite Libre

 

Panurge a donc gagné. Les moutons sont allés à la mer. Qui est Panurge ? Ce n’est pas le Président élu. C’est celui qui achève son lamentable mandat par un coup de maître en faisant gagner son dauphin.Le gain est triple.

D’abord, le bilan a été passé par pertes et profits puisque le sortant n’était pas candidat. Celui-ci était un « homme neuf », qui l’avait accompagné plus de deux ans comme secrétaire adjoint de l’Élysée et sur une durée équivalente comme ministre de l’Économie, soit pendant la quasi-totalité d’un quinquennat calamiteux.

Le taureau Valls, croyant son heure arrivée, fonce et se fait cueillir dans l’arène socialiste par le dernier carré des socialistes marxistes. Les autres, les amis de Hollande, sont déjà « en marche ». Celui-ci annonce son retrait, la larme à l’œil. Le faux mutin et véritable héritier doit jouer sur sa jeunesse, son apparente nouveauté, son ambiguïté politique. Il affrontera un candidat républicain qui sera toujours un homme du passé, vieux et sec comme Juppé, battu déjà et chargé de multiples casseroles comme Sarkozy, et si c’était Fillon, un homme contre qui on a un dossier. La machination est prête pour coincer l’ancien Premier ministre si fier de n’avoir jamais été mis en examen. Il le sera en pleine campagne grâce à la complicité des médias et d’une justice d’exception créée par Mme Taubira lors de l’affaire Cahuzac. Lhomme et Davet seront, comme par hasard, aux premières loges des informations destinées à faire mousser l’affaire et plomber la campagne. Pendant que Fillon, totalement surpris par la manœuvre, s’enlise, Marine Le Pen reste peu attaquée. Les faits divers apportent de l’eau à son moulin. Ce serait une bénédiction qu’elle soit présente au second tour…

L’espoir naît donc d’atteindre un deuxième objectif : maintenir le système et ses prébendiers. C’est Hollande, avec un meilleur carnet d’adresses et enfin libéré de la phraséologie de la lutte des classes. Les Français méprisaient leur Président. Ils ont élu le successeur qu’il souhaitait. Ils sont rétifs au monde de la finance et ils ont voté pour un banquier d’affaires qui a mis la main, dans le privé comme dans son court ministère, à des transactions discutables. Beaucoup de Français sont inquiets d’une immigration excessive, d’une progression galopante de l’islam, malheureusement accompagnée d’une radicalisation favorable au terrorisme. Ils font néanmoins entrer à l’Élysée celui qui soutient la politique d’Angela Merkel, qui promet de faciliter l’immigration en provenance d’Afrique, qui a reçu le soutien de l’UOIF et qui est allé dénigrer son pays en Algérie. Les Français sont profondément attachés à la paix. Ils ont maintenant un chef des armées qui n’exclut pas une intervention contre l’État syrien, c’est-à-dire contre la Russie de Vladimir Poutine.

Enfin, le troisième but était le plus difficile : l’élargissement de la gauche en « grand parti du milieu », ce projet que Giscard n’avait pas réalisé au profit de la droite. C’est fait en grande partie. La droite pouvait gagner en plaçant les questions du terrorisme, de l’insécurité, de l’immigration et de l’identité au premier plan. Cette stratégie, malheureusement abandonnée par Sarkozy au pouvoir, lui avait réussi en campagne. Le FN défend, sur ces points, des positions valables, mais il est toujours, pour beaucoup d’électeurs, le repoussoir qu’entretiennent les médias. Il fallait donc que les « républicains » mettent au premier plan ces sujets en les accompagnant d’un programme économique solide. Fillon a mis l’économie en avant, avec l’approbation du MEDEF, qui voyait en Macron un deuxième fer au feu avec peut-être un moindre risque de résistance sociale. Fillon n’a renversé la vapeur qu’après l’attentat des Champs-Élysées, beaucoup trop tard. Les législatives sont loin d’être gagnées par l’opposition d’hier, si tant est qu’elle existe encore.

Hollande et Macron peuvent sabrer le champagne. Ils ont roulé les Français dans la farine. Les bobos des grandes villes et leur puissance de feu médiatique ont écrasé la France périphérique.

Ancien député UMP, Président du Rassemblement pour la France, Président de La Droite Libre

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