Editoriaux - Politique - 15 décembre 2018

Emmanuel Macron est-il un lézard ?

Comme il est parfaitement vain de débattre sur le fond avec les gens de mauvaise foi, autant prendre le parti d’en rire.

Ainsi, en écoutant et, surtout, en regardant l’allocution du Président, nombre de téléspectateurs ont dû avoir comme une réminiscence de la série V, dans sa version de 1983 pour certains, dans la version de 2009 pour les autres. Rappelons-en le synopsis : des extraterrestres à l’apparence humaine prennent le contrôle de la planète en arguant de leurs intentions pacifiques et progressistes. En réalité, sous leurs oripeaux humains se cache un corps de lézard où coule un sang glacial de reptilien tandis que, derrière leurs paroles conciliantes, se cache un projet d’asservissement de l’humanité.

Des menaces à peine voilées de la première minute du propos – amalgamant honteusement les gilets jaunes aux casseurs impunis depuis tant d’années – jusqu’à la conclusion en forme de lapsus : « Mon seul souci, c’est vous », cette allocution relevait de la science-fiction. Faites donc l’expérience de la regarder en enlevant le son pour mieux vous attacher à la gestuelle figée du Président, aux muscles contractés de son visage, à ses regards hagards ou carnassiers, et l’impression d’être dans un des épisodes de la série risque d’être persistante.

Peut-être certains d’entre vous auront-ils plutôt le sentiment d’avoir affaire à un robot humanoïde, mais seulement s’ils ont en tête les premières versions de ces automates, car les modèles les plus récents, fabriqués au Japon notamment, expriment de façon bien plus crédible que Macron toute la gamme des sentiments humains, et plus spécialement l’empathie. Et puis ces pré-cyborgs japonais sont conçus pour rendre des services et améliorer le quotidien de leurs contemporains, ce qui n’est manifestement pas le cas du président de la République.

Non, cela ne fait aucun doute : Emmanuel Macron relève plus du lézard que du cyborg.
Et puisque la fonction de la science-fiction est de projeter dans le futur et dans l’espace les inquiétudes contemporaines, on peut interpréter la série culte des années 80 comme le premier symptôme de la méfiance envers le capitalisme financier déjà en marche en ce temps-là. Dans la série, les Visiteurs – métaphores de l’hyperclasse sociale en formation – avaient le projet de pomper toute l’eau de la Terre et d’utiliser les humains comme garde-manger, saisissante image de la surexploitation des ressources naturelles et humaines inhérente à notre système économique actuel.

Reste donc à savoir comment se termine cette histoire. Dans l’esprit de son concepteur Kenneth Johnson, la victoire finale de l’humanité résultait de l’alliance entre les mouvements de résistance structurés par les hommes – et les gilets jaunes en sont peut-être les prémices – et un peuple extraterrestre ennemi des lézards, qui pourraient être des dissidents, c’est-à-dire des membres de l’élite qui cesseraient de servir le système pour se mettre au service de l’humanité ; certains prétendent qu’ils sont déjà parmi nous !

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