Armées

Défense : enfin le Président va pouvoir et devoir parler !

Ancien pilote de chasse
 

Et très bientôt !

En effet, les chefs d’État et de gouvernement de l’OTAN se réuniront à Bruxelles le 25 mai pour leur premier sommet depuis l’élection des présidents américain et français.

Il reste seize jours à notre sémillant vainqueur pour se plonger dans les rudes dossiers défense et alliances, afin d’aborder ce sommet avec la posture, la conviction et la détermination qui ont permis sa brillante élection et qui lui permettront de faire entendre la voix puissante de la France dans le concert atlantique. Sorte d’échauffement pour de futures rencontres moins amicales…

Hélas, durant ce délai, des choses importantes doivent se dérouler en France qui vont occuper son agenda avec densité et urgence. Composition du gouvernement, investiture et emménagement à l’Élysée, tout en pilotant les élections législatives.

Pour la partie logistique, nul doute que son épouse expérimentée le déchargera de ce vulgaire souci et prendra l’affaire en main avec lucidité, autorité et un sens éprouvé de l’aménagement, du décor et des garde-robes…

Il ne fait guère de doute que Jean-Yves Le Drian, ministre plébiscité du gouvernement précédent et très au fait de notre machine de guerre, sera sollicité directement, qu’il soit maintenu au même poste ou promu à Matignon comme certains gazetiers le prédisent. On voit mal un petit nouveau issu de la société civile, selon le principe audacieux du renouveau politique tricolore, faire front à Donald Trump qui vient demander fermement aux Européens de s’occuper un peu plus ardemment de leur défense, en y consacrant des budgets adéquats qui dégrèveront enfin la quote-part des USA. Car il a d’autres chats, asiatiques, à fouetter ou à corriger !

La réunion au sommet de Bruxelles va donc éclairer de loin et en partie, mais opportunément, le peuple de France sur les options de notre nouveau chef des armées. Désireux d’impliquer nos alliés européens dans une défense commune, il devra convaincre ces paresseux du fusil et du portefeuille de souscrire à l’exigence américaine, se faisant alors et provisoirement l’avocat de Trump, et en montrant l’exemple puisque son projet prévoit l’augmentation du budget de la Défense à 2 % du PIB – d’ici 2025 cependant, s’entend…

Je doute, cependant, que l’on parle de dissuasion nucléaire au cours de cette table ronde, puisque c’est un instrument à propriété exclusive, voué à la protection ultime du territoire national et de la souveraineté de la nation. Bien que les mânes du Général, créateur de l’arme nucléaire, aient été singulièrement évoqués au cours de la campagne, et ce 8 mai encore plus, sur fond de « Chant des partisans » – yeux fermés mais esprit en éveil -, la sortie de l’OTAN, initiative du grand homme, restaurée par Sarkozy, n’est pas à l’ordre du jour. Défense européenne oui, mais avec notre puissant allié face au Russe hostile et menaçant !

Il ne sera pas davantage question du service militaire d’un mois, hérésie folklorique dont je doute fort qu’elle lui ait été soufflée par le pragmatique Le Drian. Un rien de nostalgie kaki et franchouillarde semble avoir inspiré cette intention à notre Président, lui qui fut privé par Chirac de cet intermède pittoresque sinon burlesque dans sa carrière survoltée. L’avenir dira rapidement ce qu’il en restera. Peut-être la première défaite ?

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