Décès

Comme Cocteau par Piaf, Jean éclipsé par Johnny ? Pas si sûr…


Docteur d'Etat en droit public, avocat, maitre de conférences des Universités

 

Drucker a pleuré, anticipant peut-être l’émotion populaire que soulèvera sa propre mort…

Jack a fait, comme d’habitude, une petite nécro habile et bien tournée.

Raffarin, habituellement calme, en a presque disjoncté.

Brigitte est allée à Marnes-la-Coquette « en amie de la famille ».

Quand à « not’ Président », il en a carrément fait un « héros », de Johnny. 

Alors, il aurait pu l’être, c’est vrai. On l’imagine bien avec son pote Clint Eastwood dans un western où ses yeux bleus bridés, sa voix rauque et sa silhouette virile auraient fait merveille. 

Mais il n’aurait fait que jouer le rôle. Était-il un héros dans la vie ? Si lutter contre l’abandon d’un père, la maladie, les histoires d’amour brisées, le fisc, la concurrence professionnelle et la vieillesse, c’est être un héros, alors on l’est tous. 

Par-delà sa formidable énergie et l’empathie naturelle qui lui faisaient soulever les foules, a-t-il été le héros qui défend sa patrie ou sauve des vies au péril de sa propre vie ? 

Il y a fort à parier qu’Emmanuel Macron a employé le mot au sens de modèle, d’exemple à suivre. Comme Zidane hier ou Poulidor jadis, ces stars de leur métier fascinent en effet une jeunesse qu’elles attirent du coup plus vers l’effort et le travail que vers l’oisiveté ou le crime. Les désigner comme « héros », c’est donc avant tout une manœuvre habile. 

Pour Jean d’O, plus proche de lui car distingué, cultivé, élégant, Macron a su, en revanche, trouver les mots justes. 

Le rocker endiablé confisquera-t-il, cependant, la ferveur populaire au détriment de l’académicien comme la môme Piaf, ainsi que le rappelle Zemmour, fit oublier Cocteau mort en même temps qu’elle en 1963 ? 

Sans doute. Reste que la belle langue française de l’académicien sera sans doute lue par nos descendants comme le témoin éloquent d’une France disparue, quand les rythmes endiablés d’un Johnny Hallyday, évoquant plus l’anglomanie des sixties que la France éternelle, seront peut-être oubliés…

Qui sait ?

Docteur d'Etat en droit public, avocat, maitre de conférences des Universités

POUR ALLER PLUS LOIN