Editoriaux - Justice - Polémiques - Politique - 21 septembre 2018

Benalla : et maintenant, soupçon de mensonge sous serment ?

Lors de son audition sous serment – obligation de vérité rappelée à maintes occasions durant la séance, en particulier par le vice-président Sueur -, Benalla a prétendu avoir obtenu un port d’armes pour sa défense personnelle.

Or, quelques heures plus tard, et également interrogé sous serment, Yann Drouet, ex-directeur de cabinet du préfet de police de l’époque, a déclaré, justifiant cette attribution : « C’est dans le cadre de ses missions, de sa fonction, de la mission qu’on a considérée comme étant une mission de police et du fait qu’il est, dans le cadre de ses fonctions, manifestement exposé à des risques d’agression. »

La jeune recrue de l’Élysée faisait des missions de police, sans être policier, et pouvait donc réagir en tant que tel en cas d’agression du Président, mais également de lui-même, selon la dernière indication des motifs ?

Devant la commission du Sénat le sieur Benalla n’a invoqué que celle-ci, et avec insistance, déniant les autres motifs.

Est-il coupable de parjure ? Ou, en l’absence de preuve écrite de l’autorisation accordée, serait-ce le témoin contradicteur Drouet ?

Fichtre, tout est à nouveau fort embrouillé…

La question, maintenant, est de savoir si une plainte va être déposée et par qui. Car, et cela fut rappelé par le président Bas, la sanction pour un tel délit est de cinq ans d’emprisonnement et de 75.000 euros d’amende. Condamnation maximum, selon l’article 434-13 du Code pénal, cela s’entend.

Qui va se saisir de cette contradiction et porter plainte pour déclaration mensongère de Benalla – ou de Drouet ?

Ou alors, quelle autorité va postuler qu’il n’est point parjure, car ayant dit SA vérité, se référant au même article stipulant, je cite : « Il peut éviter la condamnation s’il démontre que c’est en toute bonne foi qu’il a commis une erreur, par ignorance ou incompréhension. » Mais l’omission volontaire, elle, relève du faux témoignage.

De même l’article 434-13 précise que le témoin qui a menti « est exempt de peine s’il a rétracté spontanément son témoignage avant la décision finale de la juridiction » (en l’occurrence, la commission des lois).

Voilà une affaire qui n’est pas terminée, et la conclusion de la commission ne sera pas rendue de si tôt !

En attendant, l’affaire Sarkozy qui refait surface dans l’actualité judiciaire, en suivant celle de Fillon enfin resurgie, va laisser un peu de temps et de souffle aux divers intéressés directs ou ex-employeurs, et peut-être même l’oubli définitif, si l’information politique, sociale et européenne dense de la rentrée déploie un large écran bienvenu…

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