Une fois encore, l’humoriste a l’honneur des gazettes. Invité à un déplacement présidentiel aux Mureaux, dans les Yvelines, il est en retard et ne peut donc rejoindre le cercle des VIP entourant Emmanuel Macron. Entre des argousins mal embouchés et un comique connu et tout étonné de n’être point reconnu, le ton monte vite dans les aigus. Sept heures plus loin de garde à vue, Yassine Belattar plaide le "malentendu".

Au fait, qui es-tu, Yassine Belattar ? D’une famille modeste, issu. Et d’immigrés, de surplus. Mais qui trace son petit bonhomme de chemin, entre radios plus ou moins libres et plus ou moins communautaires, qui creuse ensuite son trou à la télévision, entre Pascale Clark sur Canal+ et Pierre Lescure sur Paris Première, avant de véritablement sortir du placard avec des one-man-show en forme de stand-up. Classique parcours du combattant de la diversité.

Tout aussi classique, la tunique de Nessus collée à ces derniers, Français de cette même diversité. À croire que la France a décidément un problème à résoudre avec les enfants de ses anciens protectorats, mandats et autres colonies.

À droite, le néo-Français doit filer droit. Se montrer plus patriote que des patriotes n’existant malheureusement plus que dans un ancestral souvenir. Harki, il sera ; à vie.

À gauche, il doit continuer de filer droit, mais sur des chemins autrement plus biscornus. Sommé de cracher sur la France, terre d’accueil, mais aussi souvent terre natale, pour tout ce qu’elle représente : les Français sont tous des salauds et des racistes. Et de faire de même sur celle de ses pères : les Arabes sont tous des terroristes islamistes en puissance. Goumier, il demeurera ; à vie, aussi.

Dans les deux cas, sa religion abdiquera. L’ n’est-il pas « le totalitarisme nouveau », le « communisme du XXIe siècle », l’incarnation du « patriarcat antiféministe », à en croire une vulgate aussi répandue à gauche qu'à droite ? Entre ces deux ornières, un peinera évidemment à naviguer autrement que de guingois.

En décembre 2017, bad buzz, comme on dit chez les nazes. Marianne, hebdomadaire qui ne s’est jamais vraiment remis du départ de son fondateur, le très digne Jean-François Kahn, et depuis tombé dans le laïcisme à front de chèvre, prend bille en tête. Tout cela pour une simple et unique phrase par lui prononcée : "Je ne suis pas Charlie. Je ne suis pas Nice. Je choisis mes deuils."

Aussitôt, la machine médiatique se met en route et les en branle. Sauf que, là, c’est un autre hebdomadaire, Gala (un comble, n’est-il pas ?), qui remet les pendules à l’heure en restituant la citation en entier : "Je ne choisis pas mes deuils, je ne suis pas Charlie, je ne suis pas Nice, je suis français. Je suis toujours en deuil quand il y a un malheur sur le territoire français." On en conviendra, ce n’est pas tout à fait la même chose.

Yassine Belattar, tenu à distance par la droite – c’est un djihadiste potentiel qui cause dans le poste de  –, mais également victime de la loi des suspects instaurée par la gauche – au lieu de verser dans la victimisation lacrymale, il rejoint Emmanuel Macron –, se dit aujourd’hui en voie de « dieudonnisation ». Comprendre que de « l’islamo-gauchisme » à « l’islamo-fascisme », il n’y a qu’un pas ; aisé à franchir, même en babouches et à dos de chameau.

En son temps, lors de son discours prononcé sur la dalle d’Argenteuil, lors de l’élection présidentielle de 2007, un certain Jean-Marie Le Pen avait montré comment parler à ces compatriotes contrariés. Avec amour et autorité, ces deux notions si absentes de nos sociétés, que ce soit à l’échelle familiale ou nationale. Si les parents se comportaient en parents responsables, ces enfants éloignés le seraient sûrement moins et ne se comporteraient pas en gamins à la fois gâtés, abandonnés et mal élevés.

Ces choses écrites, Yassine Belattar, dans son genre, serait plutôt un bon gosse.

21 février 2018

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