Cédric Villani – député LREM chargé de mission sur l’intelligence artificielle (IA) – répond, le 1er février, à un journaliste de Marianne qui diagnostique une “peur du grand remplacement par les robots”, en affirmant que l’homme sera complémentaire de l’IA plutôt que remplacé par elle. Il est malheureux que ce type de personnalité, au fait de l’urgence de développer l’IA, ne soit pas plus inquiet des dangers du Grand Remplacement, canal historique. Deux sujets qui n’ont rien à voir, me direz-vous ?

En Europe, dans les deux domaines clés de la puissance au XXIe siècle, l’ et la révolution NBIC (nanotechnologies, biotechnologies, informatique et sciences cognitives), les voyants sont au rouge. Nos sociétés sont fracturées selon des lignes ethniques conflictuelles, tandis que nos économies ont manqué la nouvelle révolution industrielle – nous sommes dans la situation de ces pays qui, au XIXe siècle, n’ont pas su s’arrimer à la locomotive du progrès technique.
Le Dr Laurent Alexandre – auteur de La Guerre des intelligences – affirme que “nos géants du numérique français sont mille fois plus petits que les GAFA [Google, Apple, Facebook, Amazon, ndlr]“. L’Europe peut former d’excellents ingénieurs, mais encore faut-il que leurs compétences ne soient pas bridées par des législations frileuses et technophobes. Or, les législations européennes sur la protection des données personnelles nuisent à l’entraînement de nos IA. Une IA de qualité n’implique pas seulement un algorithme sophistiqué, mais également un apprentissage fondé sur des milliards de données. L’IA de Google s’améliore grâce à nos informations personnelles, tandis que les IA européennes végètent, n’ayant qu’une faible quantité de données à se mettre sous la dent.

Pire : la révolution NBIC débouche nécessairement sur le transhumanisme (l’homme augmenté). La Chine – ses élites comme son peuple – l’accueille à bras ouverts. Ses chercheurs séquencent le génome des surdoués, avec pour projet d’améliorer le QI des nouvelles générations via l’ingénierie génétique. Les Américains – la Silicon Valley et les GAFA en tête – osent s’engager sur la même voie, tandis que les Européens semblent condamnés à stagner, avec un QI bientôt rendu obsolète.

Dès lors, la contradiction entre importation d’une immigration bas de gamme d’une part et progrès de l’IA de l’autre éclate au grand jour. Dans un futur proche, une bonne moitié des métiers seront remplacés par des IA. Dans le même temps, nos élites prétendent que l’Europe requiert une immigration low cost pour réaliser les tâches sous-qualifiées que les autochtones “refusent de faire”. Conséquence : nous abriterons des armées d’inactifs non assimilés aux effectifs croissants.

Cette double faillite – technologique et identitaire – peut s’expliquer par deux postures morales distinctes : l’ouverture à l’autre et la de la nature humaine contre les ravages de la technique. Car l’Occident connaît une corrélation positive entre technophilie et xénolâtrie d’une part, et entre technophobie et xénophobie d’autre part. Schématiquement, il semblerait que plus un Occidental est attaché à son , plus il a de chances d’être technophobe. Inversement, plus il se sent citoyen du monde, plus il est technophile. Si de nombreux sympathisants d’extrême sont technophobes – écologisme archaïque oblige -, l’inverse est rarissime : quel pourcentage de technophiles parmi les nationalistes ?

Pourtant, le Graal de la puissance ne réside pas dans la démographie mais dans la combinaison de l’excellence technologique et de l’affirmation civilisationnelle.

4 février 2018

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