Le 10 janvier dernier, le pape François adressait ses vœux au corps diplomatique. C’est la cérémonie par excellence où le souverain pontife aborde les sujets géopolitiques, politiques et sociaux, autant de domaines où, depuis son élection en 2013, le chef de l’Église catholique a souvent dérouté, en particulier ses fidèles, quand de nombreux dirigeants politiques l’ont encensé.

Vaccination, éducation, migrations et changement climatique sont les thèmes de prédilection du Saint-Père.

Il a, de nouveau, plaidé pour la vaccination contre le Covid car « nous avons tous la responsabilité de prendre soin de nous-mêmes et de notre santé ». Ainsi, il n’hésite pas, comme Emmanuel Macron ou même Mario Draghi, à en appeler au cercle de la raison : contre « l’idéologie » - de ceux qui sont simplement sceptiques -, « construite sur des informations infondées ou sur des faits mal documentés », il affirme que « la pandémie, au contraire, nous impose précisément une sorte de “cure de réalité” qui exige de regarder le problème en face et d’adopter les solutions appropriées pour le résoudre ». Voici rayés d’un trait de plume tous les débats, politiques mais surtout scientifiques, sur la qualité de ces vaccins et, en conséquence, sur l’impératif moral qu’il y aurait à s’y plier.

Il a d’ailleurs, le premier en Europe, montré l’exemple : rappelons qu’effectivement, on ne peut travailler ni même rentrer au Vatican (la basilique Saint-Pierre et les musées mis à part) sans passe vaccinal. Récemment, des gardes suisses en ont fait l’expérience : rétifs à la vaccination, ils ont été démis de leurs fonctions et renvoyés en Suisse.

Sur les migrations, le pape François a évoqué son voyage à Lesbos et réitère ses arguments maintes fois développés sur le sujet : « Nous ne pouvons pas rester indifférents et nous ne pouvons pas nous retrancher derrière des murs et des fils barbelés sous prétexte de défendre la sécurité ou un mode de vie. Nous ne le pouvons pas », minorant, pour ne pas dire ignorant, les problèmes de chocs de civilisation ou de risque de dilution d’identité, nationale ou occidentale, que représentent ces migrations massives : il ne s’agit, pour lui, que de « mode de vie ». La solution qui serait de lutter contre l’immigration à sa source n’est pas évoquée.

Il en appelle à l’Union européenne : « Il est nécessaire de créer un système cohérent et complet de gestion des politiques d'immigration et d'asile, afin de partager les responsabilités en matière d'accueil des migrants, d'examen des demandes d'asile, de redistribution et d'intégration de ceux qui peuvent être accueillis. La capacité de négocier et de trouver des solutions communes est l'une des forces de l'Union européenne. » Une fois de plus, le pape abonde dans le sens des autorités civiles du moment, développant un discours qui aurait pu être tenu par Ursula von der Leyen. On notera, au passage, une flèche à peine déguisée décochée en direction des gouvernements polonais ou hongrois, qui pratiquent à leurs frontières une politique de tolérance zéro pour l’immigration clandestine.

« Il convient de retrouver le sens de notre identité commune en tant qu’unique famille humaine. Toute autre alternative ne serait qu'un isolement croissant, marqué de verrouillages et de fermetures réciproques » : ce concept d’« identité commune en tant qu’unique famille humaine » est essentiel pour comprendre le discours du pape François sur l’accueil quasi inconditionnel des migrants en ce qu’il prime absolument sur l’identité nationale, considérée comme particulière. Laurent Dandrieu, dans son ouvrage Église et Immigration. Le grand malaise, l’a longuement expliqué. On regrettera alors la confusion entre l’essence de la nature humaine et l’identité historique de l’homme, qui s’inscrit dans un territoire et une civilisation… que les frontières permettent de maintenir et de défendre.

La nouveauté de ce message adressé aux diplomates tient aux propos sur la cancel culture que le pape, ne voyant aucune contradiction avec ce qu’il vient de dire sur « le mode de vie » des pays occidentaux, a tenus. Il aborde le thème en égratignant au passage les ONG coupables, selon lui, de dévier de leurs objectifs premiers. « Il n'est pas rare que le centre d'intérêt se déplace vers des questions qui, par nature, sont clivantes et ne sont pas strictement liées à l'objectif de l’organisation, avec en conséquence des agendas de plus en plus dictés par un mode de pensée qui nie les fondements naturels de l'humanité et les racines culturelles qui constituent l'identité de nombreux peuples. Comme j'ai eu l'occasion de le dire en d'autres occasions, je crois qu'il s'agit d'une forme de colonisation idéologique qui ne laisse pas de place à la liberté d'expression et qui, aujourd'hui, prend de plus en plus la forme de la cancel culture qui envahit de nombreux domaines et institutions publiques. Au nom de la protection de la diversité, on finit par effacer le sens de toute identité, avec le risque de faire taire les positions qui défendent une idée respectueuse et équilibrée des différentes sensibilités. On assiste à l’élaboration d'une pensée unique – dangereuse - contrainte de nier l'Histoire, ou pire encore, à la réécrire sur la base de catégories contemporaines, alors que toute situation historique doit être interprétée selon l'herméneutique de l'époque et non selon l’herméneutique actuelle. » On a là une pensée réaliste, claire, précise et classique dans la lignée de ce qu’a toujours pensé l’Église.

En totale contradiction avec ce que le pape François dit ailleurs.

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14 janvier 2022

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23 commentaires

  1. Ce pape évoque tout sauf le catholicisme…
    On oubliera très vite celui qui aura fait beaucoup de mal à l’église.

  2. Catholique profondément croyante et pratiquante, je suis peinée des propos du pape, les jésuites m’avait habituée à plus de discernement : immigration accueil oui mais quid de ceux qui les provoquent : sanctions internationales et lobbies de l’armement et convoitises des ressources ? Injection mais quid de tous ces décès et effets indésirables et avis autres d’experts? Etc…. tristesse

  3. François, Emmanuel, Ursula, le trio de choc, qui laisse l’Europe se faire envahir, par des hordes de migrants souvent hostiles , et par la religion musulmane bien décidée depuis 13 siècles à nous conquérir, elle va réussir avec l’immigration là ou elle a échoué avec les armes.

  4. Qu’ il enlève ses godasses orthopédiques et rechausse les souliers rouges de ses prédécesseurs ( les souliers de St Pierre, aux couleurs des bottes des empereurs romains.)

  5. Pauvres catholiques… »Sa Sainteté » les assassine chaque jour un peu plus. Pas étonnant que Macron le tutoie.

  6. La place qu’il occupe n’a rien du hasard , il est la marionnette ainsi que macron de l’oligarchie mondialiste , on comprend mieux son discourt .

  7. Pauvre homme, il ferait mieux de s’occuper de l’état désastreux de l’église catholique avant de vouloir donner des leçons au monde entier !

  8. Ce pape, qui n’est plus le mien, ferait mieux de s’occuper de son église et des chrétiens plutôt que de se mêler de chose qui ne sont t pas de son ressort. Je pense qu’il a assez de boulot avec ses propres brebis.

  9. Ce pape devrait relire la bible. Il fait la promotion d’une nouvelle Babel, et on sait ce qu’il en advient.

    1. Rendons à César : l’inventeur de ce qualificatif de “post-chrétien” est Gilles-William Goldnadel.

  10. On a déjà eu ce genre de pape dans le passé, et c’est pour ça que Constantinople s’appelle Istanbul.

  11. Ce pape n’aime pas l’Europe. On se demande s’il est catholique à vouloir copiner avec les autres pseudos religions. Je le déteste et je regrette vraiment Benoît XVI. Je trouve bizarre que le clergé français soit complètement muet. Heureusement que nous avons encore de bons prêtres en soutane qui sont restés fidèles à la vraie messe dite selon le rite St Pie V où on y trouve le sacré, une paix intérieure et une abondance de Grâces.

    1. Un pape ne doit- il pas le rester jusqu’à sa mort ?…Je me pose beaucoup de questions quant à la situation actuelle sur ce point…

  12. Très surprenant ce changement de ton en totale contradiction avec ce discours sur l’accueil inconditionnel que se doit l’Europe vis à vis de l’étranger. D’ailleurs, pourquoi toujours l’Europe? Pour la vaccination, je croyais que l’Eglise s’occupait du bien des âmes et non des corps.

  13. François ferait bien mieux de s’occuper l’Église et des catholiques !
    Ce Soros en soutane n’est pas mon Pape.

  14. Pas un mot pour les cathos persécutés partout dans le monde .En fait il s’occupe de tout , docteur François , sauf de ses ouailles et l’on s’étonne que les églises se vident .Ce traitre et faux cul mérite le même sort que le petit prétentieux de l’élysée .

  15. Pas étonnant que François et Macron soient copains comme cochons : ils maîtrisent tous deux remarquablement l’art du « en même temps » !

    1. venant de la part d’un vieillard, je crois plutôt qu’il s’agit d’un problème de dégénérescence cellulaire, non ? En clair, il me semble qu’il devient gâteux.
      Ce qui est dramatique pour l’Eglise, nos curés peuvent le vérifier semaine après semaine.

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