En bonne logique, l’objet social du féminisme consiste à défendre les femmes ; tel que le firent, des décennies durant, des dames telles qu’Élisabeth Badinter et Sylviane Agacinski, pour ne citer qu’elles. Il s’agissait alors de donner ou redonner leur juste place à ce « sexe faible ».

Aujourd’hui, le néo-féminisme tendrait plutôt à tenir ces mêmes femmes pour minorité opprimée ; ce, à revers de l’arithmétique la plus élémentaire, ces dernières représentant globalement la moitié de l’humanité. Donc, il y aurait « femme » et « femme », à en croire les néo-féministes, contradiction de fond que vient mettre en lumière la triste chronique des faits divers.

Viols à répétition, des exceptions ?

Ainsi, Alice Cordier, présidente du collectif féministe Némésis, issu de la mouvance identitaire, alerte-t-elle ses consœurs sur ces viols survenus les jours derniers : « Nice : une femme dépouillée, torturée et violée dans un parking par Adel et Mohamed. Paris : une étudiante a été violée par un migrant malien déjà connu pour des faits similaires. Avignon : une femme de 51 ans a été agressée sexuellement par un migrant clandestin. Il vient d’être relâché en attente de sa convocation. Versailles : une femme de 71 ans a été séquestrée et violée pendant toute la nuit par un migrant algérien sous OQTF. Ne me parlez plus d’exceptions. »

Marion Maréchal renchérit : « Trois viols atroces commis par trois clandestins en une seule semaine. »

En bonne logique, Caroline De Haas, Sandrine Rousseau, Alice Coffin et autres défenseuses de la cause des femmes auraient dû, illico, s’emparer de l’affaire. Il se trouve que non. Elles devaient avoir piscine ou tricot, ce jour-là. Il est vrai que déjà, lors du Nouvel An 2016, à Cologne, en Allemagne, 1.088 plaintes pour viols et attouchements avaient été enregistrées en une seule nuit. Les coupables ? Ces immigrés clandestins que la chancelière Angela Merkel accueillait alors à bras ouverts.

Silence radio

Les réactions chez les féministes ? Silence radio. Sauf pour la même Caroline De Haas, qui tweete, le 7 janvier 2016 : « Ceux qui me disent que les agressions sexuelles en Allemagne sont dues à l'arrivée des migrants : allez déverser votre merde raciste ailleurs. »

Sans surprise, Élisabeth Badinter sauve alors l’honneur en dénonçant « le silence des féministes françaises qui, ne voulant pas "alimenter le racisme", tombent dans le déni ».

Bref, ce néo-féminisme ne présente rien de très inclusif ou bienveillant, puisque réservant sa seule compassion aux femmes « racisées » à condition qu’elles aient été violentées par des mâles blancs, hétérosexuels et de plus de cinquante ans. D’où leur silence quand Marion Maréchal est comparée à une pin-up et Marine Le Pen à un étron.

On remarquera que tout cela n’est pas tout neuf. Car déjà, en 1985, Renaud chantait, dans « Miss Maggie », à propos de Margaret Thatcher, Premier ministre anglais de l’époque : « Et quand viendra l’heure dernière. […] Moi, je me changerai en chien. Si je peux rester sur la Terre. Et comme réverbère quotidien. Je m’offrirai Madame Thatcher. » Personne n’y trouva à redire, surtout pas dans le milieu féministe. Il est vrai que Maggie, à la fois conservatrice et pas exactement « racisée », ne devait pas être véritablement une femme. Un ornithorynque, peut-être ?

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26 septembre 2023

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35 commentaires

  1. On oublie le viol atroce de Mégane à Cherbourg, passé sous silence parce que son bourreau est « racisé »…i

  2. « En bonne logique, l’objet social du féminisme consiste à défendre les femmes ». Si le féminisme avait quelque chose à voir avec la logique, ça se saurait.

  3. Il y a eu le drame de Cherbourg aussi. Pas ( ou peu ? ) de « féministes » pour s’indigner. Les « féministes », à bien y penser sont-elles féministes ? Déconstructrices serait le mot le plus pertinent. Ne les appellons même plus par ce qualificatif de féministes qui avec elles ( on ne peut même pas dire vraiment à géométrie variable… rien ne varie jamais ! ) à perdu sons sens.

    1. Il faut se rendre à l’évidence : le féminisme récent n’est qu’une forme clinique du bon vieux trotskisme, avec le même programme : foutre en l’air la société.

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