Inquiétés par la hausse des droits de douane de 25 % sur les vins et spiritueux hexagonaux importés aux États-Unis, de nombreux acteurs de la filière, dont les syndicats et interprofessions, ont interpellé les membres du gouvernement ainsi que le président de la République. Pour réponse, le gouvernement a informé la filière « que les entreprises du secteur des vins et spiritueux allaient davantage bénéficier des aides aux entreprises mises en place dans le cadre de la crise sanitaire ».

Comment ? Davantage bénéficier de fonds destinés aux lésés du Covid-19 ?

Oui, la crise sanitaire a impacté la filière vins et spiritueux, et plus largement les alcooliers, que ce soit par la fermeture des restaurants et débits de boissons ou par les restrictions liées aux réunions privées et événements festifs. Toutefois, ce qui a été pointé du doigt, en ce début d’année, n’est pas l’absence d’aides liées à la crise sanitaire, ou plutôt liées au confinement, mais bien la taxe américaine de 25 % sur de nombreux produits hexagonaux. Le chef de l’État a engagé les Français pour plus de 100 milliards d’euros de dette afin de répondre à la liée au confinement et à l’épidémie en cours.

À la place, il semblerait que l’État se serve de cette enveloppe à des fins beaucoup moins sanitaires ou sociales, voire pour résoudre des problèmes non liés au Covid-19. Les exportateurs réclament la suspension des droits de douane sur les vins et spiritueux en Amérique. Le gouvernement répond par un prêt garanti par l’État, par le partiel et d’autres aides totalement déconnectées du conflit commercial américano-européen.

La surtaxe américaine est liée à une chamaillerie entre l’Union européenne et les États-Unis d’Amérique, ou plus précisément sur leurs industries aéronautiques (Boeing et Airbus) ou encore sur la taxation européenne des GAFAM. L’un, mécontent, et avec l’accord de l’Organisation mondiale du commerce (OMC), surtaxe les produits de l’autre. L’autre, mécontent, saisit l’OMC pour les mêmes motifs, obtient gain de cause et surtaxe les produits de l’un. L’un, alors mécontent, rajoute une taxe, puis l’autre, et ainsi de suite.

Dans cette affaire, le niveau des Européens et des Américains ressemble étrangement au niveau puéril d’une chamaillerie d’écoliers où chacun rajoute une couche car l’autre en rajoute une. Ne serait-il pas plus simple de compenser les sommes surtaxées ? Pourquoi faire payer des filières et des personnes, dont le consommateur final, qui n’ont absolument rien à voir avec de gros avions ?

Voilà 100 milliards d’euros contractés par les Français et dont l’État se sert selon le fait du prince.

Quant à l’État et au gouvernement, les aides ne vont pas répondre au problème des taxes américaines. Pire que cela : les taxes, en France, ont augmenté, au 1er janvier 2021… Maintenant que Trump a laissé sa place, les négociations peuvent reprendre avec Biden !

4 février 2021

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