La victoire attendue de la coalition emmenée par la présidente de Fratelli d'Italia Giorgia Meloni aura provoqué un séisme à l’échelle européenne. Comme une réponse électorale aux menaces à peine voilées, pour ne pas dire directes, d’Ursula von der Leyen, les Italiens ont donc accordé leur confiance au triumvirat Meloni-Berlusconi-Salvini. Un véritable triangle des Bermudes pour la NUPES qui a largement contribué à l’abondante récolte de sel ramassée dans la classe politique française.

« Le fa, le fa-fa, le fascisme ! »

Telle la vigie Baba condamnée à bégayer l’arrivée des Gaulois venant couler le malheureux bateau pirate à chaque aventure d’Astérix, la NUPES n’en finit plus de hurler au retour d’un fascisme décliné à toutes les sauces. Post-fascisme pour , l’AFP et BFM TV, néo-fasciste pour Manon Aubry et Aurélie Trouvé, héritiers de Mussolini pour Clémentine Autain qui sait se démarquer. À propos de démarcation, on peut aussi souligner les efforts linguistiques des députées Alma Dufour et Danielle Obono qui ont simplement tweeté « Siamo tutti antifascisti », le fameux mot de ralliement de l’extrême gauche italienne devenu un slogan pour ses homologues français.

Rendons-leur justice, ceux qui ont attaqué ce week-end un convoi du RN et balancé des cocktails Molotov sur des voitures avaient sans doute le même slogan à la bouche. De son côté, Sandrine Rousseau s’est permis une envolée à mi-chemin entre Radio Londres et Christiane Taubira : « Cessez de rire charmante Elvire, les loups sont entrés en Italie. » Quoi de plus naturel, pour les descendants de Romulus et Remus allaités par une louve, justement. Une réaction : celle de Julien Dray « qui est comme le bon vin et se bonifie avec le temps », pour reprendre la formule de l’avocat Pierre Gentillet prononcée, ce dimanche soir, sur CNews : « Si la gauche française pouvait éviter de dire n’importe quoi sur les élections italiennes, ce serait utile… Non, le fascisme ne triomphe pas en Italie, c’est une situation compliquée. Il faut d’ailleurs attendre les résultats définitifs. » Simple. Basique. Mais pour faire oublier une gifle, la gauche a trouvé bien commode d’en inventer une venant d’Italie.

À droite, on sabre le champagne

Au fond, on ne sait plus qui doit se réjouir. Du coté du RN, on salue la victoire de la coalition, et du côté de Reconquête, on continue sur la lancée initiée par Éric Zemmour : l’union des droites, ça marche ! Dans un communiqué, Zemmour a longuement félicité la future probable chef du gouvernement en s’interrogeant : « Comment ne pas regarder cette victoire comme la preuve que oui, arriver au pouvoir est possible ? »

Du côté des LR, on met de l’eau dans ses bulles mais on ne boude pas son plaisir. Plutôt que de saluer la victoire de la coalition, on préfère insister sur la retentissante défaite de la gauche. Ainsi, le président des LR, Guilhem Carayon, a tweeté dès le lendemain de la victoire de Meloni : « Nombreux sont les commentateurs qui ce soir insultent les Italiens. L’arrogance de ceux qui n’aiment la démocratie que lorsqu’ils gagnent. Ce vote sonne comme le cri d’un peuple qui ne veut pas mourir et se révolte contre les technos de Bruxelles. » Pour l’heure, aucun candidat officiel à la présidence de LR n’a réagi, hormis Aurélien Pradié. « En regardant l’Italie, certains se disent que le seul avenir de la droite française est de devenir sous-fifre des agités. C’est la fascination morbide de ceux qui, chez nous, n’y croient plus. Ils ont perdu l’exigence du gaullisme », estime Pradié. Un moyen comme un autre de rappeler que dans cette élection, il est le candidat du centre.

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26 septembre 2022

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14 commentaires

  1. « En regardant l’Italie, certains se disent que le seul avenir de la droite française est de devenir sous-fifre des agités. » Italie ou pas, le seul avenir de la droite française, c’est le cercueil, étouffée sous l’épais matelas de ses propres traitrises.

  2. La NUPES fonctionne comme un incinérateur , elle va disparaitre en cendre que certains mettrons dans un vase au dessus de la cheminée .
    Le feu est à l’intérieur de cet incinérateur

  3. Les gens de la Nupes adorent penser à la place de tout le monde. Ce sont donc eux les fascistes. Les italiens ne ‘ »subissent  » pas le « fascisme « . Ils ont voté en pleine conscience.

  4. Les propos d’Aurélien Pradié m’incitent à penser que j’ai bien fait de résilier mon adhésion aux LR (Les Rigolos).

  5. Suite aux réactions dans l’hexagone on en revient bien entendu aux bases fondamentales. La France reste un pays ancré à gauche, ignorant de l’histoire, accroché à des notions devenues totalement dépassée. Merci aux italiens. Sous peu avec de plus une formidable chute de l’euro nous serons définitivement les grands perdants : historiquement et économiquement et passifs devant l’invasion migratoire.

  6. Mes plus vifs compliments à nos amis Italiens qui ont, eux, confirmé leur position par des actes avec ce vote « historique ». Ils sont allés au bout de leurs aspirations alors que, pauvres de nous, nous n’avons pas su profiter de l’espoir que portait Éric Zemmour. On voit aujourd’hui à quel point notre pauvre pays a subi une déconstruction en règle depuis des décennies, droite et gauche confondues. Longue vie à Giorgia Meloni pour qu’elle puisse redonner aux Italiens la fierté de l’être.

  7. Élections italiennes:malaise chez les mondialistes ennemis des nations , de gauche comme de droite.En parcourant les médias main stream allemands et espagnols , on note très vite leur malaise. Élevés à la même école, et ayant les mêmes directives, ils ont le même type de réactions il y a fort à parier que c’est la même chose dans les médias main stream français et britanniques. Les grands journaux allemands Die Welt, FAZ, et Der Spiegel évitent de placer en tête de leurs infos les résultats attendus et dans leur majorité définitifs des élections italiennes. Parmi les politiques les plus excités et énervés semblent être les verts allemands, Kathrin Göring Eckhard, Anton Hofreiter (qui évoque l’aide financière européenne reçue par les Italiens), Waitz (parlement européen), la SPD anglo germanique , ancienne de Sciences PO Paris, vice présidente du Parlement européen Katarina Barley. On lit dans la presse allemande, que Von der Leyen aurait avant les élections déclaré , « si les choses vont dans la fausse direction , l’UE a des instruments etc….).On sait que dans un premier temps les médias avaient écrit  » si les choses vont dans une direction « difficile », l’UE a des instruments…Bon bon, il ne faut pas mal voter….
    Les mêmes arguments bateaux sont sortis par les politiques comme Barley  » nos valeurs européennes » etc…)
    Le parti de gauche die Linke semble lui tellement sonné qu’il ne réagit même pas. Je n’ai rien trouvé sur Junge Welt.
    Côté espagnol où ils aiment aussi se mettre à l’avant-garde du Progrès on note pareille réaction dans les journaux El Pais et El Mundo, en gargarisant sur le postfascisme, le mussolinisme etc.
    Inutile de chercher chez ces braves gens une quelconque analyse sur les raisons de ces votes Italiens. Ils ont aussi peur du dérapage des finances italiennes. Ont-ils oublié que Mario Draghi , premier ministre était à la tête de la BCE de Francfort, et qu’il s’est singularisé par l’accélération de la planche à billets et sa fameuse phrase « Whatever it costs »? Le quoiqu’il en coûte qui a aussi fait école en France? Il y en a qui ont la mémoire bien courte!

  8. Il me semble que cette victoire italienne va rester en travers de la gorge des bien-pensants qui nous dirigent et donc leurs commentaires d’indignation et de réprobation qui ne font que commencer.

  9. Je me marre. Félicitations aux Italiens qui ont les c…….. de voter ce qu’ils veulent, de se foutre des menaces de von der Leyen et des cris d’orfraie de la gauche et de la bienpensance……. Bon vent à Giorgia.

  10. Les Post-Staliniens composants d’une partie de la NUPES devraient retenir leurs coups, l’actualité récente ne leur apprend donc rien ?

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