Union ou division de la droite ? Le camp national fait le bilan

« L’union des droites sans la droite nationale, c’est l’union des centres », analyse Marion Maréchal.
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Marion Maréchal sur YouTube
Capture écran Marion Maréchal sur YouTube

50 nuances d’union des droites. À l’issue des municipales vient l’heure, pour la droite nationale, de tirer un début de bilan. Dans une longue réflexion publiée sur les réseaux sociaux, Marion Maréchal tire les leçons d’un scrutin qui, selon elle, s’est transformé en « démonstration d’éclatement des droites », « avec le choix manifeste d’une division qui risque de mener [le camp national] tout droit à la défaite en 2027 ». La présidente d’Identité-Libertés revient naturellement sur les villes de Marseille et Nîmes, « théâtre privilégié de la trahison de l’union des droites », où le refus de LR de s’allier avec le RN a donné la victoire à la gauche. Mais plus précisément, elle revient sur l’élection parisienne, « laboratoire d’une pseudo-union des droites anti-RN ». Le score de Sarah Knafo et son retrait n’ont pas été une opération d’union des droites fructueuse, qu'elle résume ainsi : « Capter le vote des électeurs patriotes, essentiellement ceux du RN, pour ensuite aller les offrir sans réciprocité ni contrepartie sur le projet, au centre macroniste, libre ainsi de pouvoir continuer ses petits arrangements avec la gauche. » Raison pour laquelle l’eurodéputée a cette formule lapidaire pour définir l’union entre Sarah Knafo et Rachida Dati : « L’union des droites sans la droite nationale, c’est l’union des centres. » Le scrutin parisien s’apparente à une « bouée de sauvetage rêvée pour les néo-macronistes », dénonce Marion Maréchal, pour qui tout « projet politique sérieux à droite pour 2027 ne peut être mené sans ou contre le RN ».

« L'union des patriotes »

Marine Le Pen, pour sa part, ne varie pas de ligne. Tout en se réjouissant du succès de son allié Éric Ciotti, la tante de Marion Maréchal continue de prendre ses distances avec une idée dont elle critique le principe, mais surtout la sémantique. « Il n’est pas question de s’adresser uniquement au peuple de droite, il s’agit de s’adresser à tout le peuple français », souligne la députée du Pas-de-Calais, sur France Inter, ce 25 mars. « Je ne crois pas à l’union des droites, je crois à l’union des Français. » La fille de Jean-Marie Le Pen a utilisé le département qu’elle représente à l’Assemblée nationale pour illustrer sa démonstration : « Dans le bassin minier, on a 14 villes ; on en a gagné 12. L’électorat du bassin minier, historiquement, n’est pas un électorat de droite, c’est un électorat socialo-communiste. Et pourtant, aujourd’hui, il rejoint massivement le Rassemblement national. »

Jordan Bardella a emboîté le pas de Marine Le Pen dans son entretien donné au Figaro, ce mercredi 25 mars. Pour lui, la victoire d’Éric Ciotti, si elle est une victoire de l’union des droites, est « surtout une victoire de l’union des patriotes ». « Le général de Gaulle avait raison : la France, ce n’est pas la droite, ce n’est pas la gauche, c’est bien plus que ça. » Néanmoins, le président du RN précise sans ambages qu'il inscrit « beaucoup de [s]es valeurs dans un ethos de droite » et explique s’adresser aux électeurs « de la droite sincère, c’est-à-dire à des patriotes qui partagent une grande partie de nos idées, pour battre la gauche ». « Je refuse que les électeurs de droite soient aujourd’hui orphelins d’un leader, d’une incarnation politique, d’un projet et d’un mouvement », précise celui qui continue de se présenter comme le futur Premier ministre de Marine Le Pen.

Stratégie locale ou nationale ?

La victoire du camp national se fera-t-elle dans une grande alliance du RN à Édouard Philippe, comme Marion Maréchal peut l’envisager ? Se fera-t-elle sur une ligne purement d’union des droites, comme peut l’évoquer Éric Ciotti et comme sa victoire à Nice en est l’exemple ? Certaines défaites du RN comme Toulon, Nîmes, Marseille démontrent, pour la première, qu’une partie de l’électorat LR rechigne à rejoindre le RN, mais que pour les secondes, la désunion est un obstacle majeur. En y regardant de près, il est flagrant, aussi, que dans une ville très à droite comme Menton, l’électorat de gauche n’a pas hésité à voter pour la candidate RN, refusant la fusion Sandra Paire-Louis Sarkozy. Est-ce que la stratégie locale doit être la même que la stratégie nationale ? Plusieurs options, plusieurs discours.

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Yves-Marie Sévillia
Journaliste chez Boulevard Voltaire

Vos commentaires

97 commentaires

  1. La droite est patriote si elle veut un Frexit sinon je ne comprends rien. C’est autour de cela qu’elle doit se reconstituer car c’est un vrai projet d’avenir.

  2. Comme le dit si bien Philippe de Villiers il n’y a pas l’épaisseur d’une feuille de papier entre les convictions des électeurs des LR et ceux des formations dites d’extrême droite ( si ce n’est le courage de ces derniers) . Ce sont des dirigeants LR qui , en suivant les injonctions de la gauche ostracisent ces partis en pensant ainsi sauver le leur en déroute .

  3. MLP a touché les fils et elle n’a plus la lumière à tous les étages! Elle se voit comme la seule, l’unique capable de… Les autres « droites » ne l’intéressent pas. Elle a tort et perdra – encore – la prochaine élections.

  4. La machine à perdre de la droite existe toujours, merci aux LR d’avoir favorisé l’élection de gens de gauche, on s’en souviendra

  5. La machine à perdre sera de la partie en 2027 au grand dam de la France. Je suis écoeuré.

  6. Cette jeune dame est très intelligente et courageuse . On ferait bien de l’écouter plus souvent .

  7. L’union des droites sera un échec si chacun tire la couverture à lui.
    Par contre, aucune confiance en E. Philippe

  8. Les discussions après le premier tour entre LR et Horizon montre que se dessine une nouvelle cartographie : les perdants se retrouvent dans l’union des droites et du centre, nouvelle appellation. Il y a fort à parier, comme le théâtre marseillais l’a montré, que ce rajoutera le PS. Ainsi nous aurons un bloc cohérent des perdants avec cependant un certain poids : toutes les présidences des grands institutions et grands corps, une implantation locale très forte. C’est une question de survie pour toute cette classe politique, européiste et responsable depuis 45 ans de la dégringolade de la France. On comprend la stratégie du RN qui veut rassembler les français. Mais pourquoi ? Il y a peu à attendre : pas de remise en cause de l’Europe, soutien continue à l’Ukraine contre nos intérêts. Lorsque chacun détient sa vérité, un bout de vérité, les alliances de circonstances ne tiennent pas dans la durée.

    • Effectivement, les minorités politiques veulent se grouper pour faire une majorité et conserver une part du gâteau en éliminant le RN

  9. Une union des droites souverainistes, patriotes, oui qui irait de Ciotti, Maréchal, NDA, Philippot, Asselineau, Zemmour, knafo, Bardella, Le Pen, Ciotti Onfray, De Villiers…. mais exclu les LR qui ont choisi leur camp il y a longtemps, ce sont des macronistes avant tout, donc des centristes penchant à gauche. Lisnard quitte les LR parfait mais pour créer un autre parti et non pas rejoindre l’ UDR c’est pas se moquer de la tête des gens ça. Il veut faire comme Phillippe et son horizon servir de pilier à un macron bis.

    • Totalement d’accord !
      Vous dressez la liste de l’équipage des vrais patriotes… L’équipage qu’il nous faut pour avoir une petite chance de sauver notre France… Notre dernière chance en 2027.
      Surtout pas de LR ou Horizon !

    • En effet, elle ne manque pas d’air concernant Sarah Knafo ! Sarah Knafo n’a jamais trahi son parti contrairement à elle qui a quitté le RN, ensuite rejoint Reconquête, pour le quitter (bien qu’élue eurodéputée sous l’étiquette de Reconquête) pour se rapprocher du RN en créant son micro-parti, j’appelle cela une opportuniste !

      • Pendant la campagne des municipales, Sarah Knafo a laissé tomber tous les membres de Reconquête de province pour consacrer les forces vives du parti à la dératisation de Paris.
        Et ce, en sachant qu’elle n’y avait aucune chance…
        Ensuite, en se désistant, elle a fait un gros cadeau à Rachida Dati, une LR Macronniste…
        Si ça ne s’appelle pas de la trahison…

      • Non, ce n’est pas une opportuniste, mais une personne qui, après avoir testé chaque parti a réalisé qu’elle n’était pas bien dans certains partis qu’elle a quitté.
        Il n’y a ni opportunisme, ni traîtrise, seulement une personne qui se veut libre de vivre selon ses valeurs propres et non pas selon ds valeurs d’autres, valeurs qui ne lui conviennent finalement pas lorsqu’elle les voit de l’intérieur du parti.

  10. L’union des Droites ne se conçoit qu’avec Zemmour/Knafo + Marion Maréchal + le RN + les Ciottistes (UDR) + N Dupont-Aignan (et plus si affinités). Il faut oublier le LR qui est un parti Centriste. Ne rêvez pas ! Ce sera 3 blocs en 2027 : Gauche, Centre, Droite. Trois blocs, deux au deuxième tour : favorisez celui de vos ennemis qui vous donnera le plus de chances. Moi je souhaite LFI contre RN.

    • Marion Maréchal qui a trahi le parti Reconquête , elle m’a beaucoup déçue, je ne lui fais plus confiance

      • Soleil33.
        Moi, j’ai très bien compris. SK l’a étayé très clairement, et voyez-vous, je crois en sa parole.
        Elle n’est pas du genre à se cacher derrière un mensonge.

  11. J’ai du mal avec cette expression  » camp national  » de qui parle t’on? Le cap national serait le Rn ,l’udr et le parti de mme Marechal? Tous les autres seraient donc des « anti nation »..le  » camp des traitres « ?

    • Les LR c’est certain font parti du camp des traitres et qu’il s’appelle darmanin, retailleau, philippe ou tartempion

      • Alors je précise :Faire le marchepied a Martin marechal du » camp national »qui critique reconquete et accuse les autres de traîtrise c’est un peu fort..les lr ptesent ou passés ca ne m’intéresse
        pas..

      • je ne suis pas LR (j’ai rendu ma carte UMP avant, coupée en deux) .
        ceci dit, j’estime que changer de parti ‘est pas de la traîtrise si cela vient du fait que, de l’intérieur, on constate des choses (actes, paroles..) qui, ne nous conviennent pas !
        A moins d’être traître à soi?

  12. Marion Maréchal, qui a beaucoup de qualités par ailleurs, attaque principalement la candidate de Reconquête. Il est vrai que c’est plus facile, pour augmenter le vote RN, de piquer des électeurs de Reconquête que de piquer des électeurs du PS. Zemmour avait fait la même chose à la dernière présidentielle en piquant les électeurs du RN. Nos politiciens, s’ils veulent l’union des droites, celle que tous les électeurs de droite veulent, devraient commencer par respecter leurs futurs partenaires et s’attaquer aux véritables adversaires.

    • Peut-être une forme de jalousie vis-à-vis de Sarah Knafo ? En effet, cette dernière est constante dans ses convictions, pense à l’intérêt commun contrairement à Marion Maréchal, une infidèle des partis

    • Surtout que beaucoup d’électeurs du RN sont d’ex électeurs et dirigeants socialistes ou cocos..séduits par le programe étatique du RN..

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