Cinéma - Culture - Editoriaux - Histoire - 14 juin 2019

Une soirée au cœur du procès de Jeanne d’Arc

Que peut-on rêver de mieux qu’une soirée réunissant à la fois Patrick Buisson, SOS Chrétiens d’Orient, historiens et historiennes spécialistes de l’épopée johannique ? Hier, l’ancien secrétaire général de Nicolas Sarkozy a présenté son nouveau film, Le Procès de Jeanne d’Arc, qui, à bien des égards, transpose dûment l’héroïsme de la pucelle d’Orléans. La mise en scène des dernières heures de celle-ci témoigne du combat politique, national et religieux qu’a mené cette jeune femme âgée de seulement dix neuf ans qui, encore aujourd’hui, nous inspire.

Charles de Meyer, fondateur de SOS Chrétiens d’Orient, trouva les mots justes. « Jeanne nous parle quand, face à nos pharisiens, à nos docteurs devenus fous, nous abdiquons notre volonté. Elle nous prend par la main pour que nous regardions son procès, sa constance face aux injustices, sa vaillance dans l’abandon à la patrie. » Jeanne parle à tous mais, bien souvent, les mémoires collectives réduisent l’héroïne à son état de bergère puis à son état de martyr des flammes. Pourtant, sa grandeur se manifesta davantage sur le banc de l’accusé que sur le champ de bataille.

Dès lors, cette projection cinématographique relève des enjeux mémoriels, notamment celui rappelant l’ignominie des juges de Jeanne et évoquant la vivacité d’esprit de cette bergère analphabète qui, étonnamment, tint tête à ses bourreaux et usa d’une rhétorique incisive et fine. Pour preuve, l’un des juges posa à la pucelle « Dans vos visions, saint Michel était-il nu ? », ce à quoi elle répondit « Croyez-vous que Dieu n’ait pas de quoi le vêtir ? » Sans conteste, nous avons affaire à une jeune femme de caractère, et non à une victime passive et incertaine.

En une heure et demie, le film balaie sobrement mais intelligemment les principaux chefs d’accusation (et en vieux français, s’il vous plaît !) portés par les clercs à l’encontre de la première femme ayant porté des habits d’homme. « Hérétique », « sorcière », « traîtresse», tels sont les motifs conduisant Jeanne au bûcher. Divers extraits de la filmographie johannique appuient la véracité de ce film buissonien qui acclame la cohérence infaillible de la jeune Lorraine. Katia Miran incarne une Jeanne simple, touchante et profondément résistante. De quoi inspirer les Jeanne et Jean en herbe !

« C’est l’histoire de Jeanne qui a allumé la petite flamme de la résistance populaire. Cette petite fille de rien du tout, c’est elle qui entraîne tout. La flamme qu’a allumée Jeanne est invincible et irréversible. Elle a traversé l’épaisseur des temps, elle se s’éteindra jamais », prêcha Buisson. Ce qui est certain, c’est que l’ode à Jeanne perdurera seulement si nous résistons et nous transmettons l’âme et la lumière johanniques au nom de la nation.

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