Une rencontre islamo-chrétienne à Saint-Sulpice, à Paris, est passée inaperçue

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Dimanche dernier, en l’église Saint-Sulpice, avait lieu, en « la journée mondiale de la fraternité humaine », une rencontre « islamo-chrétienne », avec l’aide de la communauté de Taizé et d’associations humanitaires. Résonnèrent donc, sous les voûtes de Saint-Sulpice, psalmodiés par des religieux musulmans, la sourate de Marie (19, 16, 22) et la Fatiha : l’adoration « au nom d’Allah, le Tout Miséricordieux » qui donne la baraka. Un panneau bleu avec un croissant filigrané était tendu à côté de la statue de la Vierge. Chose inouïe : les assistants (des fidèles ?) n’auront vu ni la profanation d’un lieu consacré ni le syncrétisme religieux - pour ne pas dire la dhimmitude - grâce à Marie, « la mère de Jésus », mais certes pas sous l’action de l’Esprit.

Une pancarte rassurante avait été mise à l’entrée de l’église : « Espace de prière réservé aux musulmans ». Dans les chapelles, des témoins dialoguaient, venus d’associations humanitaires. Pour prévenir toute accusation de syncrétisme, la feuille paroissiale citait une phrase de Jean-Paul II, dans un discours aux chrétiens du Nigeria en 1982, parlant de «… notre foi commune en un Dieu unique prenant exemple sur la foi de Marie, Dieu miséricordieux… Nous adorons Dieu et nous proclamons notre totale soumission à lui. » Hors contexte, le mot soumission prend, de nos jours, un sens étrange, différent de celui du pape.

Le dialogue interreligieux est un concept flou. Les chrétiens, devenus, de nos jours, minoritaires dans la société française, ne connaissent plus le contenu de leur religion, à la différence des musulmans ou des juifs quand ils sont pratiquants. À quoi sert, alors, pareille manifestation, sinon diluer tout sentiment d’appartenance à sa religion ? Car l’islam n’est pas le vivre ensemble. S’il emprunte au judaïsme et au christianisme les figures bibliques, si Jésus est un prophète respecté, il n’est pas fils de Dieu. Si Marie est vénérée, c’est qu’elle est un modèle de foi, de soumission. Quant à l’église de Saint-Sulpice, cette manifestation a montré qu’on ne sait plus ce qu’est un lieu « consacré ».

Devenus une poignée, les catholiques doivent urgemment réapprendre le contenu de leur foi, au risque d’être chassés ou privés de leurs églises. Dialoguons avec nos amis musulmans mais, de grâce, respectons les lieux sacrés ! Car c’est dans l’église que se réunissent les chrétiens pour célébrer leur culte qui n’est pas rien, ni le culte d’à côté. Relisons le livre de Benoît XVI Voici quel est notre Dieu pour apprendre que le christianisme est un big bang dans le cours de l’Histoire, qui touche radicalement tous les domaines : religieux, anthropologique, intellectuel, moral, esthétique.

Le journal La Croix s’est félicité, le 7 février 2022, de cette manifestation sulpicienne car « Dieu est dialogue ». Un tweet de l’abbé Matthieu Raffray a envoyé l’image finale de la rencontre à Saint-Sulpice : une danse - oui, une danse - devant l’autel, au nom de l’amour, avec des adolescents et adolescentes dont certaines sont en niqab. « Tristesse et incompréhension… Ridicule », écrit l’abbé. Désastreux, plutôt, et inquiétant, quand on regarde l’assistance, plus toute jeune, qui ne dit mot.

https://twitter.com/AbbeRaffray/status/1491398224762052615?s=20&t=fHIbzg2KYt2MAFqDJ29MiQ

Marie-Hélène Verdier
Marie-Hélène Verdier
Agrégée de Lettres Classiques

Vos commentaires

26 commentaires

  1. Ce n’est pas la première fois que l’église Saint Sulpice e distingue (clergé « complaisant?…) avec ce genre de faits que je trouve répréhensibles voir scandaleux! Sans doute ont ils des consignes laxistes du vatican. Qui bientôt deviendra la grande mosquée de l’europe! Alors que ce même vatican empêche les chrétiens de pratiquer le catholicisme traditionnel dans des églises consacrées! Nos générations futures apprendront le coran et la chrétienté sera une vieille secte décadente .

  2. les prédiction semble ce réalisé la fin du catholicisme et celle du dernier pape !! et la venu d’un anté CHRIST

  3. Un suicide collectif. À l’image de notre civilisation, trahie par ses ´´ élites ´´, l’Eglise catholique se renie, et se perd dans une faiblesse coupable, en se rendant complice de l’influence grandissante de l’islam dans notre pays. Nul doute que cela réjouisse la Curie de Rome, et le ´´ successeur ´´ de Saint Pierre.

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