[UNE PROF EN FRANCE] Brevet : la farce continue !
Je pense que la question essentielle que se posent maintenant les concepteurs des épreuves du brevet est : jusqu’où descendre pour que les élèves puissent faire les exercices ? Cette année, les épreuves étaient d’un bon niveau de CM1. Enfin, d’un vrai CM1, pas le CM1 de la maîtresse écolo-midinetto-influenceuse qui développe des trésors d’imagination niaise pour enseigner trois notions simples.
Tant de difficultés !
En français, le texte était, comme de coutume depuis dix ans, consacré à la guerre. Blaise Cendrars est un grand écrivain ; le texte était beau. Sur ce texte, on leur a posé des questions d’une difficulté effarante. « Quel sentiment ou quelle émotion (on a visiblement renoncé à distinguer entre les deux…) éprouve le narrateur dans [la] première partie du texte ? » On regarde le texte : « J’aurais crié de frayeur » (l.5). Dur ! Question suivante. On isole un passage du texte : « Mais si…J’entends comme un bruit d’herbe froissée… On s’approche en rampant… » Question terrible : « Recopiez les verbes conjugués. Indiquez le mode et le temps de ces verbes. » On leur demande donc d’identifier du présent de l’indicatif, le premier temps que l’on apprend en classe de CP. Question suivante ? Décomposer le mot (tout le sujet utilise le terme « mot » sans jamais être plus précis, de peur que les élèves ne connaissent plus le sens des termes « adjectif », « nom »…) « invisible », en expliquer le sens et donner un mot de la même famille. Seigneur ! Comment ose-t-on confronter nos enfants à de telles difficultés ?
Il suffit de recopier le titre...
Épuisés par l’épreuve de français, les candidats ont eu un week-end (une dominique ?) pour se reposer. Puis ils ont vaillamment abordé l’épreuve d’histoire-géographie. Le premier document était une publicité mettant en scène un randonneur avec un slogan percutant : « Pour tous les joggeurs du métro, option fitness "escalators", venez aussi user vos baskets dans le Morvan ! » Le titre du document était : « Une campagne publicitaire du Morvan (région Bourgogne-Franche-Comté) dans le métro parisien en mars 2019 ». La première question posée aux candidats : « Nommez l’espace de faible densité présenté dans ce document et la région à laquelle il appartient. Une réponse courte est attendue. » Nous sommes bien d’accord, il suffit de recopier le titre ! Juste de le recopier, car on leur demande une « réponse courte » et le sujet nous rappelle, quelques lignes au-dessus, de quoi il s’agit : « On entend par "réponse courte" : un mot, une expression ou une citation de texte. » Voilà, voilà, faire une phrase n’est même plus nécessaire, citer quelques mots suffit. Je suppose que les correcteurs perdaient un temps fou à essayer de déchiffrer des phrases mal construites. Ils ont dû se dire que des réponses constituées de deux ou trois mots feraient tout aussi bien l’affaire et seraient bien plus rapides à corriger. La frise chronologique ? On leur demande ça : « À l’intérieur de la frise, coloriez la période de la Première Guerre mondiale en précisant les dates de début et de fin. »
L’épreuve de mathématiques sauvera-t-elle l’honneur ? En partie. Disons que le sujet en est moins honteux que les autres, même s’il ne présente absolument aucune difficulté. On prend quand même les élèves pour des buses : « Parmi les propositions suivantes, laquelle est le périmètre de la figure ci-contre ? » La figure est un rectangle de 10 mm sur 5 mm, et on leur propose quatre réponses : 30 mm, 50 mm, 30 mm2, 50 mm2. Ah, les coquins qui tendent un piège aux élèves pour vérifier qu’ils savent bien distinguer un périmètre d’une aire ! C’était le programme de CE2 !
À ce sujet — [TÉMOIGNAGE] Dépénalisation du brevet
40 % de réussite aux épreuves écrites
Exercice témoin donné par l’État pour le programme de CE1 : « Dans mes deux coffres, j’ai 227 billes. J’en ai 113 dans mon coffre vert. Combien en ai-je dans mon coffre rouge ? »
Exercice du brevet 2026 : « L’Australie a obtenu au total 63 médailles : 17 d’argent et 28 de bronze. Calculer le nombre de médailles d’or obtenues par l’Australie. »
Malgré la facilité scandaleuse des sujets et les consignes de bienveillance et de cécité sélective que reçoivent les correcteurs, seuls 40 % des élèves obtiennent, chaque année, la moyenne aux épreuves écrites. Mazette !
Notre directeur s’est réjoui hier : quatre de nos élèves ne se sont même pas présentés aux épreuves. Ouf ! Ils ne seront pas dans les statistiques. Pour la direction, ce sont surtout ces statistiques qui comptent, car d’elles dépendent nos crédits, nos heures, nos moyens de fonctionnement. C’est ça, le choc des savoirs !
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82 commentaires
Supprimons les profs et l’EN !
joggeurs, fitness, escalators : c’est inadmissible de proposer un tel texte avec des mots non français. Et après on s’étonne que les jeunes parlent un sabir incompréhensible. Au passage honte au Morvan et à la Bourgogne pour sa publicité
Et tous ces analphabètes auront bien entendu leur bac et iront renforcer les bataillons de gauchistes dans les facs où ils seront juste bons à semer le chaos !!!
Article percutant comme toujours….et l’ironie n’empêche pas un sentiment d’effarement….pauvre pays.
L’école, sensée amener les élèves au plus haut de leurs capacités ne cesse de creuser toujours plus dans les abysses de la médiocrité et de l’ignorance…
On parle d’exercice de « mathématiques » au lieu d’arithmétique tout simplement.
Cet « exercice » écrit ressemble plus à du calcul mental. Et encore du calcul mental basique
que l’on étudiait déjà dans les petites classes de primaire à une époque révolue.
Sans calculatrices, la plupart des élèves ne savent ni compter ni lire l’heure sur une horloge avec des chiffres arabes, encore moins avec des chiffres romains !
Nous sommes en effet tombés très très bas au niveau scolaire si on peut appeler cela « scolaire ».
Il s’agit plus pour moi d’une grande cour de récréation ou plus simplement d’une garderie.
J’ai pu parler à plusieurs reprises à des « professeurs des écoles », à notre époque, instituteurs.
La plupart soit 80% d’entre eux me répètent, pérorent et bottent en touche sur le fait que les élèves savent autre chose que lire, écrire et compter.
L’école des crétins existe réellement et cette même école formera les futurs enseignants.
Les futurs crétins sont déjà omniprésents dans les ministères et sur les bancs de l’Assemblée Nationale.
Pauvre France !
Qu’avons nous fait pour mériter ça, ce vaste « panier de crabes » ?
Je suis consterné par votre description. Ce n’est pas possible ! Comment des adultes enseignants peuvent-ils accepter ça ? C’est la négation absolue de leur métier. J’ai même cru un instant que vous nous faisiez une farce, un canular de fin d’année. N’y a-t-il personne pour se révolter contre cette imposture ? Mais que font les collégiens pendant l’année, en classe ?
Il est loin le temps du brevet où les baignoires se remplissaient si longuement avec des fuites, ou que les trains se croisaient avec une telle incetitude de lieu et d’heure !
Pathétique, je crois que je vais arrêter de lire ce genre d’article pour la santé de mon moral !
Je comprends
Les notes du contrôle continu sont largement au dessus de la valeur de beaucoup d’élèves pour cacher les résultats médiocres aux épreuves écrites, pourtant plus qu’accessibles.
Supprimons ce brevet qui ne sert à rien !
Ce brevet a remplacé le BEPC qui était la clef d’accès au lycée. Actuellement, un élève peut accéder au lycée sans brevet qui donc n’a plus vraiment d’intérêt sinon d’être dans des conditions d’examen.
Pour le contrôle continu existe un autre problème : la majorité des élèves trichent lors des interrogations écrites. Cela ne leur pose d’ailleurs aucun problème moral.
Quelle était la couleur du cheval blanc d’Henri IV ? Quelle différence avec la question sur le Morvan ?
On en est là ! Ceux qui posent ces questions sont encore plus crétins que les crétins qu’ils fabriquent en masse. Crétins, coupables et responsables.
Quand ces élèves vont en arriver à devoir étudier la matière des statistiques, ça va leur faire du bien.
Les collèges et lycées sont devenus des usines de fabrique de crétins décérébrés sans éducation et sans culture où même le Français est absent de l’enseignement où seul le « baragouinage » est parlé !!!
Si il y a quelques décennies les écoles de la République étaient en bonne position d’enseignement , en 15 ans elles sont devenus d’une inutilité sans nom juste une garderie pour donner le brevet ou le bac sans effort et sans présence de l’élève !
Concernant le français, le remplacement d’oeuvres classiques par des oeuvres de littérature jeunesse ont bien contribué à réduire le vocabulaire, ne plus chercher à comprendre l’origine des mots, l’évolution de la langue. En mathématiques c’est aussi pitoyable, la moitié ne déchiffre pas la question.
Quand vous voyez la progéniture, imaginez le niveau des parents … et, surtout, anticipez le niveau de leur descendance lorsqu’ils se reproduiront !
Certains parents ont du moins des excuses, quand le français n’est pas leur langue maternelle. Mais leur progéniture scolarisée en France (et leurs petits enfants s’ils en ont un jour ?), elle aura fait le choix de refuser ce qu’on lui offrait.
Vous êtes sur qu’on leur offre vraiment quelque chose à part le wokisme, l’égalitarisme, la dictature socialiste et le vide sidéral ?
J’ai récemment reçu un bachelier souhaitant devenir électricien…. je lui demande 6X6 au débotté… regard surpris… bon OK 7X8… et là il sort sont téléphone… tu ne seras pas électricien Samir…!