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Coronavirus - Economie - Editoriaux - Politique - 15 mars 2020

Un virus très écologique

Et si l’épidémie de Covid-19 constituait une expérimentation éclairante des effets des politiques prônées par les écologistes ?

D’abord, on va rester chez soi, en réduisant cette sale habitude individualiste de se déplacer librement en voiture. Pour l’avion, c’est réglé, la mode du flygskam (« honte de voler » pour des raisons écologiques), qui avait déjà provoqué en Suède, dès juin dernier, un sérieux recul sur les vols, se répand elle aussi sur le mode épidémique mondial : sainte Greta en rêvait, le virus l’a fait.

Alors, on s’abonne à Netflix, dont l’action grimpe de 21 % en un jour, tandis que la Bourse de Paris connaît un record historique de chute, châtiment quasi divin pour ceux qui, peu confiants dans la gestion étatique de leurs retraites, ont eu l’outrecuidance de mettre quelques noisettes de côté. Et s’ils les avaient placées dans l’ de rapport, leurs locataires mauvais payeurs ne craignent plus l’expulsion.

À chacun dans son salon, la VOD évitera les toxiques discussions entre vraies gens au bistrot ou au boulot, où les idées populistes antisystèmes – climatosceptiques, par exemple – n’ont que trop tendance à éclore et à se répandre. Ainsi, les balades solitaires en forêts et le retour à la terre avec potagers, clapiers et poulaillers seront, pour les plus chanceux, les seules alternatives aux grandes chaînes de télé qui, elles, diffusent au moins la bonne parole pour défendre la planète.

Et, comme annoncé par nos gouvernants, « on » va aussi payer les gens pour rester chez eux sans rien produire. N’est-ce pas, un peu, la mise en application du salaire universel de base, tant prôné par une gauche dont la consanguinité idéologique avec les écolos n’aura échappé à personne ? Une fois que le pli sera pris, et comme le fromage gratuit n’existe que dans les tapettes à souris, attendons-nous, pour « ceux qui se lèvent tôt », à un retour de bâton en forme de tsunami fiscal à côté duquel celui de François Hollande fera figure de vaguelette. Ceux qui ont connu l’impôt-sécheresse de 1976 comprendront. D’ailleurs, le discours présidentiel appelant à plus d’« État-providence », à placer « des biens et des services en dehors des lois du marché » et à prendre « des décisions de rupture » en ce sens, semble annoncer le retour à un socialisme confiscatoire des plus classique.

Et puis tous ces billets de banque… ne sont-ils pas un vecteur idéal de contamination ? Ne serait-ce pas l’occasion d’en finir avec cet antique moyen de paiement (et de fraude !) pour adopter, enfin, une monnaie électronique traçable ad libitum, comme la merveilleuse Suède nous en montre la voie ici encore ? Cela poserait, certes, quelques problèmes à certaines activités en périphérie des grandes villes, mais le remplacement du billet de 50 euros par le gramme de cocaïne devrait les pallier, le coupage au lait en poudre permettant l’inflation nécessaire à une saine économie, voie tracée depuis Philippe le Bel.

Toute crise majeure est l’occasion (ou le prétexte), pour notre État jacobin, de resserrer son emprise sur nos vies, et il est douteux qu’il rate celle-ci.

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