Editoriaux - International - 22 avril 2019

Un candidat anti-système à la présidence ukrainienne

Volodymyr Zelensky (Володимир Зеленський) a remporté l’élection présidentielle en Ukraine avec 73 % des votes face au président sortant Petro Porochenko (Петро Порошенко). Volodymyr Zelensky a promis, durant sa campagne, de « casser le système » tout en conservant un cap pro-occidental. L’acteur et humoriste de 41 ans a affirmé, le soir de sa victoire, à ses électeurs : « Je ne vous laisserai jamais tomber ! » Avant de se lancer en politique, il incarnait le président ukrainien dans une série télévisée intitulée Serviteur du peuple. La fiction est devenue réalité.

Cette victoire s’explique par des scandales liés à des affaires de corruption. De plus, les difficultés économiques de l’Ukraine n’ont pas été résolues. Les Ukrainiens n’ont pas perçu une amélioration de leur niveau de vie. Enfin, le conflit communautaire à l’est de l’Ukraine n’est pas réglé. En cinq ans, les affrontements avec les séparatistes pro-russes auraient fait 13.000 morts et, en plus, l’Ukraine a perdu la Crimée. Le bilan du président Porochenko n’est donc pas brillant. Lors de sa première conférence de presse, Volodymyr Zelensky a donné comme priorité numéro un le retour des prisonniers retenus en Russie. Il souhaite, aussi, relancer le processus de paix de Minsk et parvenir à un cessez-le-feu. Il devra, toutefois, attendre le résultat des élections législatives prévues en octobre prochain pour consolider son pouvoir. Il a besoin d’une majorité parlementaire pour impulser un changement politique.

La situation ukrainienne est, évidemment, pire que celle que nous connaissons en France. L’Ukraine souffre, cependant, des mêmes maux que la France, mais avec un important coefficient multiplicateur. Ainsi, des points communs sont à souligner : le rejet du système, des difficultés économiques, quelques affaires gênantes pour le pouvoir et un communautarisme grandissant avec la menace d’un « face-à-face », pour reprendre les mots de Gérard Collomb. Dans ces conditions, les Français pourraient être tentés d’apporter une réponse politique similaire pour résoudre leurs problèmes. Peut-on, alors, imaginer un candidat anti-système venant de la société civile devenir un jour Président ?

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