Editoriaux - Histoire - 22 avril 2019

Pâques sanglantes : malheureusement un air de déjà-vu !

L’ignoble, lâche, aveugle et vil attentat qui vient de frapper la communauté catholique sri-lankaise, causant la mort d’au moins 290 personnes, n’est malheureusement pas le premier et il est fort à parier qu’il ne soit pas le dernier. L’actualité très récente nous rappelle que les chrétiens ont été les cibles, notamment à Pâques, de nombreux attentats. En réalité, il y en a eu au moins un par an, pendant la Semaine sainte, depuis 2015.

Le 2 avril 2015, les islamistes du groupe Chabab s’en prennent à l’université de Garissa (Kenya), notamment aux étudiants qui vont à la messe le matin. Un témoin explique à Associated Press que « les chrétiens étaient exécutés immédiatement ». Nous sommes le Jeudi saint, tout juste dix ans après la mort de saint Jean-Paul-II : on relève 148 morts et 79 blessés.

Le 27 mars 2016, jour de Pâques, ce sont 72 personnes qui sont tuées à l’entrée du parc Gulshan-e-Iqbal à Lahore. Un kamikaze du groupe Jamaat-ul-Ahrar se fait exploser devant des femmes et des enfants, venus fêter Pâques et pique-niquer dans ce parc de la deuxième ville la plus peuplée du Pakistan. Un porte-parole du groupe islamiste, Ehsanullah Ehsan, revendique l’attentat et confirme : « La cible était les chrétiens. » Il n’y aurait eu que « 14 victimes chrétiennes ».

Le 9 avril 2017, lors du dimanche des Rameaux qui ouvre la Semaine sainte, la communauté copte est victime d’une vague d’attentats en Égypte. Le premier se déroule, en pleine messe, à 10 heures, dans l’église Mar Girgis de Tanta, une ville de 400.000 habitants située dans le delta du Nil, au nord du Caire. On relève 27 morts et 78 blessés. Quelques heures plus tard, en début d’après-midi, un autre attentat vise l’église Saint-Marc d’Alexandrie, où se trouve le pape copte orthodoxe. Un kamikaze parvient à entrer dans l’édifice et fait exploser sa ceinture. Au moins dix-sept personnes décèdent. Quarante-huit autres sont blessées. On apprend, quelques jours plus tard, que l’armée pakistanaise déjoue un attentat « majeur » prévu le jour de Pâques, toujours dans la ville de Lahore.

En remontant plus dans les Pâques sanglantes, il y eut l’événement des 24-30 avril 1916 qui, sans être un attentat, vit s’affronter l’Irish Republican Brotherhood (IRB), un parti nationaliste, et l’armée de terre britannique à Dublin. Le lundi de Pâques 24 avril 1916, l’un des leaders de l’IRB, Patrick Pearse (1879-1916) proclame la Républicaine irlandaise. S’ensuit un soulèvement et une répression sanglante. Cette insurrection est mal perçue par la population irlandaise qui y voit une trahison alors que tout le Royaume-Uni (Écosse, Angleterre, pays de Galles et Irlande) se bat en terre de France. Le bilan de l’insurrection qui se déroule pendant six jours est lourd : 400 civils et environ 200 soldats sont tués. Les meneurs sont traduits devant la cour martiale. Pas moins de 90 d’entre eux sont condamnés à mort et 16 sont exécutés, dont Patrick Pearse.

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