Un Anglais amoureux de la France classe nos départements : jubilatoire !

Alors que l'identité de nos deux pays est menacée par l'immigration, un voyage en France à recommander... aux Français !
Sarlat (Dordogne) Wikimedia Commons
Sarlat (Dordogne) Wikimedia Commons

Entre la France et l'Angleterre, c'est une vieille histoire de rivalité et d'admiration, d'orgueil et de mépris. Bien partagés. Il suffit de songer aux relations Churchill-de Gaulle, comme nous les rappelle le film d'Antonin Baudry. La période actuelle est intéressante pour mesurer où nous en sommes, de notre entente plus ou moins cordiale. En effet, nos deux pays, dirigés par des progressistes immigrationnistes aux abois, sont confrontés au même mal : ravagés par une immigration de masse qui a transformé nos villes et importé une violence inconnue jusqu'alors, ils semblent réagir différemment. Au Royaume-Uni, la population historique n'hésite pas à se révolter (voir le reportage exclusif de Jean Bexon) et les tout nouveaux partis de Nigel Farage (Reform UK) et de Rupert Lowe (Restore Britain) réalisent des percées historiques soudaines venant troubler l'alternance séculaire conservateurs-travaillistes. En France, pas de révoltes populaires - pour le moment - et une ascension continue du Rassemblement national. Deux modalités qui ne correspondent pas tout à fait au cliché historique de l'Anglais rationnel et flegmatique et du Français impulsif. Pour le moment, répétons-le.

Nos départements, reflets de la diversité française (la bonne !)

Mais, au milieu de cette ébullition politique et sociale traduisant la même inquiétude de voir s'abîmer et disparaître nos vieilles nations, une permanence rassurante pour les deux, en cette veille d'été : l'amour des Anglais pour la France profonde, ses villages, ses vins, son art de vivre. Comme cela fait du bien, ce regard de nos meilleurs voisins qui nous rappelle à notre identité historique. L'un d'eux, un certain Anthony Peregrine (cela ne s'invente pas), amoureux des terroirs français, s'est livré, pour le Telegraph, à un classement de nos 96 départements avec commentaire personnel et note sur 10. C'est forcément subjectif, plein d'humour - anglais, évidemment - mais convaincant, autant par ce qu'il dit que ce qu'il ne dit pas. Choisir le niveau du département atteste déjà une réelle connaissance de la diversité française (la diversité historique et géographique, pas l'autre) et notre guide Peregrine les a visiblement bien parcourus.

Un hommage au Puy du Fou !

Dans le Top 5 des 10/10, la Dordogne, évidemment, seconde patrie de nos amis anglais, mais aussi l'Hérault, la Lozère, les Pyrénées-Atlantiques et le Vaucluse. Certains 9/10 ne sont pas, non plus, étonnants : Var, Gers et Lot, bien sûr, mais aussi Haut-Rhin ; d'autres davantage : la Marne (pour le champagne, autre seconde patrie des Anglais) et le Nord. Mais aussi la Vendée, dont il faut saluer la notice : « "Si j’avance, suivez-moi ; si je recule, tuez-moi ; si je meurs, vengez-moi !" lança Henri de La Rochejaquelein aux paysans vendéens qu’il poussa à se révolter contre la Révolution française. La Vendée reste profondément méfiante à l’égard du totalitarisme – légitimement. Découvrez cette histoire, en vous amusant beaucoup, au Puy du Fou, le plus grand parc à thèmes historique au monde. » Tout comme celle qui ouvre la Vienne en faisant l'éloge de la vallée de la Gartempe : « un monde de calme, de verdure et de rivières, une France méconnue qui recèle, à l’abbaye de Saint-Savin, les plus belles fresques romanes qui soient ».

Les départements franciliens relégués

Ce classement sincère, fruit d'une réelle expérience des lieux, relègue les départements d'Île-de-France en bas du classement. Rassurant. Sur la lucidité de notre ami anglais. Pas sur l'état de la France... Il le fait avec une élégance toujours british : les notices ne disent rien de mal (au contraire !), mais la connivence avec le lecteur suffit à comprendre le pourquoi du 4/10 attribué à la Seine-Saint-Denis : « Vers l’an 250 de notre ère, saint Denis fut décapité à Paris. Il ramassa sa tête et quitta la ville pour se faire enterrer. Mille ans plus tard, c’est là que fut bâtie la première église gothique au monde, où seront enterrés quelque 70 souverains, de Clovis à Marie-Antoinette – de quoi réjouir les habitants de Saint-Denis. Les sarcophages se trouvent dans la crypte. » Il faut saluer le biais philocatho et le goût sûr de notre guide : de Paris, puisqu'il faut choisir, il n'hésite pas à retenir l'essentiel : « Commencez à la Sainte-Chapelle, sur l’île de la Cité. Ses vitraux sont ce qu’il y a de plus sublime dans la capitale française. »

En somme, un excellent guide pour un voyage dans la France de toujours, belle, catholique et enracinée. Bien loin de la nouvelle France du 93. Et un guide à conseiller non seulement aux touristes - y compris français - mais surtout à nos gouvernants, qui pensent bêtement pouvoir concilier immigration et tourisme de masse sans voir que la première devient un repoussoir pour le second. Rappelons-le : sur nos 100 millions de touristes annuels, 80 % sont européens et les Allemands et les Anglais sont nos premiers visiteurs. Restons dignes du classement d'Anthony Peregrine !

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Frédéric Sirgant
Chroniqueur à BV, professeur d'Histoire

Vos commentaires

50 commentaires

  1. J’espère que cette attrait pour certaines régions de notre pays , s’accompagnera d’une prise en compte des problèmes que vivent leurs compatriotes anglais vivent dans leur propre pays et ne constituera pas seulement une solution ou une issue pour se sauver de ce que certains privilégiés auront créés dans leur propre pays.
    Cette gymnastique commode qui consiste à pratiquer l’évitement de certaines populations mais continuer à exporter ce qui a provoquer leur fuite .
    Ce que l’on constate déjà dans notre propre pays ,avec cette fuite des urbains vers nos provinces tranquilles jusque là, mais de moins en moins, parce que les mauvaises habitudes ne se perdent pas .
    En ce moment ,dans mon secteur , ils sont en cours de s’approprier un pré voisin pour en faire un champs voltaïque , qui alimentera en électricité le lotissement prévu dans le projet , tout en ayant industrialisé un endroit qui était une réserve de foin pour les fermes alentour . Mais il y a de moins en mois de fermes et de plus en plus de retraités ex urbains qui envahissent nos régions. Il parait que tout cela est écologiste.

  2. Oui, sauf qu’il s’agit de lieux de villégiature potentiels, pas de lieux de vie… Une suite de clichés en quelques sores, mais allez vivre à plein temps en Lozère ou dans le Lot : il va vous falloir une super connexion Internet et un abonnement à Netflix pour survivre.

  3. Bien, mais n’oublions pas que si nos amis anglais se sont installés dans les départements nommés, c’est avant tout grâce à un immobilier à l’époque, du moins le plus souvent en ruine ou abandonné et donc très peu cher. Mais il est vrai aussi que parfois ces nouveaux venus en ont fait des demeures et des environnements très agréables. Un exemple à suivre pour d’autres cultures qui appliquent dans beaucoup de nos régions exactement le contraire ?

  4. Il serait temps que l’auteur mette à jour son vocabulaire dans sa chronique au demeurant bien tournée. Les Anglais ne sont qu’une partie du Royaume Uni de Grande Bretagne et d’Irlande du Nord. Il est donc erroné d’appeler « Anglais » tous les ressortissants de sa gracieuse majesté. Pour l’avoir oublié un jour, votre serviteur s’est fait sévèrement houspiller par un Écossais.

  5. Français installé à Londres depuis 31 ans, j’ai visité la Grande-Bretagne du Nord au Sud, de l’Est à l’Ouest, même si depuis me retraite je partage maintenant mon temps entre Londres et Rhodes (Grèce) et quelques escapades ici ou là en Grèce.
    L’évolution de nos deux pays, mais pas seulement, faisant face aux mêmes problèmes « gaucho-immigratoire », sont les mêmes, cependant basés sur des histoires différentes, l’Angleterre ayant été le plus grand Empire aux monde, important la diversité, et dont l’Écosse, le Pays de Galles et l’Irlande (l’Irlande du Nord ne fût créé qu’en 1921) profitèrent très largement.
    Jusque là tout allé relativement bien…
    Si vous interroger les caraïbiens ou les indiens (pas d’Amérique) sur l’immigration actuelle, ils vous diront qu’ils sont contre, qu’ils ne reconnaissent pas « leur pays » la Grande-Bretagne !
    Constat qu’on oublie bien souvent en France.
    Sortir de Londres, visiter les provinces ; éviter les grandes villes sauf pour y découvrir l’architecture, souvent victorienne et splendide ; l’Angleterre profonde, l’Écosse, le Pays de Galles, ou l’Irlande du Nord, est très intéressant et tellement traditionnel !
    Saint Ives dans les Cornouailles – Lake District dans le Cumbria nord-ouest – le Norfolk à l’Est – une échappé belle en Écosse : Edinburgh, les Hébrides, les Highlands – Le Pays de Galles Cardiff, la culture celtique, la côte, le Parc National de Snowdonia – l’Irlande du Nord, Belfast et son histoire mouvementée, un pays aux horizons inouïs, et évidemment le Titanic of course…
    Nos historiques sont liés mais differents…
    Ma réponse à Mister Peregrine !
    Partir, vivre dans un autre pays, c’est le découvrir, adopter ses coutumes et traditions, sûrement pas imposer les siennes… Si vous voyez ce que je veux dire, à bon entendeur salut les « gaucho-immigrationnistes » !

    • Et la hausse du coût de l’immobilier ; Mais peut être que cet anglais sert les intérêts des agences immobilières tenues par ses compatriotes et s’adressant à une riche clientèle issue de son pays; Pendant ce temps, les natifs de ces endroits hautement convoités, pourront toujours aller voir ailleurs pour se loger !

      • Je ne connais pas votre âge et je ne conteste pas le fait que beaucoup de nos compatriotes n’arrivent plus à se loger ou même à acquérir un bien immobilier, mais remettons-nous dans le contexte : des années 70-80 où beaucoup de citoyens de Sa Majesté sont venus s’installer en France dans des régions le plus souvent désertées. Ils ont acquis des demeures, que les locaux ne voulaient pas, le plus souvent en ruine, ils les ont retapées. Aujourd’hui l’inflation, la flambée de l’immobilier et surtout la baisse de notre pouvoir d’achat dues, entre autres, à la volonté politique, font que ces biens sont devenus hors de portée pour beaucoup d’entre nous.

  6. @Monsieur l’auteur , la France belle, catholique….hum. Catholique?
    Vachemouche, parpaillot, famille Rochedieu côté maternel, descendant probable de camisards, très enraciné, malgré Louis le quatorzième, catholique et pas très soleil…
    Mais oui, l’article sur Peregrine est charmant et documenté.

    • Pardon d’être rabat-joie mais je trouve que 10 000 c’est très peu. Du coup ça sert les pro-immigration qui peuvent commenter, qu’en fait, les italiens sont pour l’immigration. Certes, je reconnais que manifester pacifiquement aujourd’hui contre le camp du Bien peut vous conduire en garde à vue… Il faudra que les français se mettent en danger (relatif toutefois – en inconfort c’est certain) s’ils veulent un changement. Donc selon moi, il ne se passera rien. La passivité vaudra acceptation et chacun essaiera de sauver son petit patrimoine le plus longtemps possible…Pour la liberté, ils ont déjà abandonné sans lutter.

      • je suis entièrement d’accord avec votre réponse ,je ne regarde que dans mon département l’Hérault toutes les clôtures des pavillons privatifs se sont remontées de plus d’un mètre ce qui se passe a l’extérieur ne nous regarde plus ,nous sommes devenus des pleutres . Quand nous allons nous réveiller il sera peut être un peu tard .Suite aux élection législatives et européennes nos politiques n’ont pas pris en compte l’expression du peuple qui en vérité a plus 75 % souhaite la fin du régime de Jupiter. Tous les jours qui se lèvent nous devrions être dans la rue pour demander sa démission.

      • Oui nous sommes des pleutres car nous avons tout a perdre et notre inaction nous le fera perdre a long terme plus sûrement qu une action inconfortable a court terme mais qui pourrait être salutaire. On a le pays qu on merite.

      • Oui , c’est un peu ce que défend Laurent Obertone ; il faudrait que les français sortent de leur zone de confort .
        Nous le faisons bien , lorsque nous y sommes contraints ; pour gagner notre vie par exemple.
        A mon âge , je suis encore capable de me mobiliser pour la cause de la France , mais pas question de faire le coup de poing .
        Mais les forces vives de notre nation que sont les jeunes s’engagent souvent ,au contraire, aux côté des islamistes et anti France contre les français.
        Ils s’en mordront les doigts , mais le mal sera fait .
        Le suicide français par des jeunes qui ne côtoient pas ceux qu’ils défendent, pour beaucoup .
        Je ne les rencontrais jamais dans ma banlieue , ils sont souvent retranchés dans leur forteresses des centre villes , là où on vote invariablement pour les écolos , tout en se sentant profondément urbain !

      • @Espadon34, à quel moment dans l’histoire avons-nous vu un tyran démissionner parce que le peuple lui a gentiment demandé ?
        Les gens qui nous gouvernent ne partiront que par les armes ou par l’effondrement du système absurde qu’il ont mis en place. Et vu le niveau d’apathie du peuple français, je ne crois pas beaucoup à la première option.

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