« Un Algérien ne peut qu’être musulman ». Vraiment ?
« Ce que j’attends du pape, c’est qu’il réveille l’Église d’Algérie ! », nous confiait, enthousiaste, à Pâques, Nadia Piccarreta. Alors que le Saint-Père doit fouler la terre natale de son saint préféré, du 13 au 15 avril, c’est « un signe d’espérance » pour cette Algérienne arrivée en France enfant. Convertie au catholicisme, elle rappelle qu’autrefois, « l’Algérie était chrétienne ». Mais depuis la conquête musulmane du VIIe siècle, la situation a beaucoup changé. Aujourd’hui, dans un pays composé à 98 % de musulmans et qui se définit comme État islamique, comment les chrétiens peuvent-ils vivre leur foi ? « Un Algérien ne peut qu’être musulman », déclarait, solennellement, Bouabdellah Ghlamallah, en 2021, l’ancien président du Haut Conseil islamique algérien, institution chargée de veiller à la conformité des pratiques religieuses avec l’islam officiel et de contribuer ainsi à la préservation de l’identité islamique algérienne.
Car s’ils sont « officiellement libres de pratiquer leur foi », les chrétiens « sont concrètement dépendants de décisions administratives opaques qui restreignent beaucoup l’exercice du culte et l’expression religieuse », alerte un rapport récent du Centre européen pour le droit et la justice (ECLJ). Tandis que le voyage du pape Léon XIV s’annonce comme une grande première, il est aussi l’occasion de mettre en lumière la situation des 156.000 chrétiens, dont 8.000 catholiques, complètement invisibilisés dans la société. « Fermeture d’églises, poursuites judiciaires, discrimination institutionnelle : ces communautés font face à une véritable oppression d'un pouvoir qui souhaite leur disparition », dénonce l’ECLJ.
L’oppression des chrétiens en Algérie n'est pas une simple une série d’incidents isolés. C'est le résultat d’un système juridique et administratif restrictif, incompatible avec la liberté de religion, de conscience et d’expression.
Notre nouveau rapport: https://t.co/VysL07c0Ka pic.twitter.com/YjxGppZU46— ECLJ - European Centre for Law & Justice (@ECLJ_Official) April 9, 2026
« La mosquée ou le tribunal »
Parce qu’il tient à préserver son identité nationale islamique et arabe, le pays de Tebboune isole socialement les chrétiens et combat les conversions au christianisme et le prosélytisme. Outre la traque aux bûches de Noël dans les pâtisseries algériennes, le port d’une croix autour du cou est interdit et, aujourd’hui, une Bible dans une sacoche peut mener en prison. Ainsi, après « la valise ou le cercueil », c’est une autre proposition tout aussi suggestive - « la mosquée ou le tribunal » - qui avait été formulée en 2008 par le procureur à une employée de crèche. « L’islam étant érigé en religion d’État, tout acte de conversion au christianisme est interdit dans les faits, et la sanction ne touche pas seulement le chrétien prêcheur, mais également le musulman converti, envers qui la tolérance en Algérie est de plus en plus limitée », écrit l’ECLJ.
De plus, le citoyen algérien étant présumé musulman, cette religion d’État exclut socialement les autres minorités : les prénoms doivent être de consonance algérienne, « l’administration possède une liste de prénoms chrétiens automatiquement refusés à l’état civil », le Code de la famille est inspiré du droit musulman : ainsi, l’apostasie devient cause de divorce ou de déchéance de qualité d’héritier. Professionnellement, ce n’est pas mieux, les chrétiens sont exclus de la fonction publique et « ont du mal à trouver du travail. Les employeurs sont fortement invités, voire contraints, à signaler les employés chrétiens aux autorités. » On comprend aisément, dans ces conditions, que leur liberté d’expression se trouve limitée, d’autant plus que « toute expression de foi chrétienne peut être considérée comme une tentative d’"ébranler la foi d’un musulman" ou une atteinte aux préceptes de l’islam, et entraîner des poursuites ». Tandis que nous autorisons la construction de mosquées sur notre sol, « depuis 2006, les autorités algériennes ont refusé toutes les demandes d’ouverture de nouveaux lieux de culte ». Là encore, il s'agit de préserver leur identité nationale...
Alors certes, à Alger, la restauration de la cathédrale du Sacré-Cœur est prise en charge par l’État algérien, ce qui fait dire au ministre des Affaires religieuses et des Wakfs, Youcef Belmehdi, lors du coup d’envoi des travaux, qu’il s’agit d’un signe « envoyé au monde entier que l’Algérie garantit la liberté de culte », soulignant au passage « la civilisation algérienne, connue pour la coexistence et la paix ». La réalité se révèle beaucoup plus complexe et l’Église ne doit sa présence qu’à sa discrétion, sachant qu’une évangélisation trop explicite la ferait tomber sous le coup du délit de prosélytisme. Dans ces conditions, le voyage du pape Léon XIV en terre de mission est historique. S'adressant à ce peuple évangélisé jadis par saint Charles de Foucauld, les Pères blancs et les moines de Tibhirine, peuple opprimé et occulté qui vit sa foi dans le secret, le pape aura-t-il à l'esprit les mots de Tertullien, ce grand théologien né sur ce sol d’Afrique du Nord ? « Le sang des martyrs est semence de chrétiens... »
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26 commentaires
Certains pensent qu’un bon français ne peut être musulman et que l’Algérie est française.
Je t’aime. Moi non plus.
Quand on commencera à s’entendre, ce sera « Je te hais . Moi aussi » ?
l’occasion est trop belle de dire qu’ il y a quelques jours j’ai rencontré un Algérien qui s’est dit kabyle et m’a fait remarquer que les Maghrébins étaient injustement qualifiés d »Arabes. Il m’a dit: les Arabes nous ont conquis et nous ont pourri la vie avec leur religion.Cela dit, mon opinion personnelle est que toutes les religions pourrissent la vie des gens, elles n’ont d’autre objectif que de dominer et d’essayer d »être plus puissantes que le pouvoir politique démocratique.
Le tout est de savoir si l’idéologie communiste n’est pas aussi une religion .
» L’Histoire nous montre combien les religions ( plurielles) ont tendance à devenir des éléments identitaires pour les peuples ou les nations. Si anachronique que cela puisse paraître, bien des peuples se définissent encore par leur religion, ou du moins par celle qui a marqué leur histoire. Dans la mesure où elle identifie les uns, une religion les oppose nécessairement aux autres. D’où les guerres de religion, explicites ou plus ou moins larvées.
Toute religion porte en elle le germe de son orthodoxie ( c’est à dire de sa conviction à être là seule à » penser juste « ) , et donc de son intégrisme. »
Dom Bernard Besret, ex théologien.
Nous chrétiens, exigeons de nos gouvernements, que les lois sur les religions soient réciproques des deux côtés de la méditerranée ! Les mêmes choses étant dites d’une façon différente de mon message précédent qui a été censuré ! PNG
« Mahomet, polygame dont la plus jeune épouse avait 9 ans » lorsqu’il l’a déflorée. Elle en avait 7 pour ses noces.
Un type très bie,ce mahomet,dont se revendiquent des centaines de millions de pratiquants !