Tiersen, Sagazan, Gardin, Masiero : ces artistes ouvertement pro-LFI

Yann Tiersen a transformé une scène en tribune mélenchoniste, rejoignant la longue cohorte des artistes acquis à LFI.
Yann Tiersen au Festival Interceltique de Lorient. Capture d'écran Télégramme Lorient.
Yann Tiersen au Festival Interceltique de Lorient. Capture d'écran Télégramme Lorient.

À chacun son costume folklorique. Mercredi 5 août, au Festival interceltique de Lorient, certains avaient sorti le kilt, d’autres la coiffe bretonne. Yann Tiersen, lui, avait choisi le maillot « Mélenchon 2027 ». Une manière, pour le compositeur, de transformer la scène de l’Espace Jean-Pierre-Pichard en meeting politique, entre deux morceaux de piano et quelques nappes électroniques. Après le concert, l’artiste a remercié son public en breton : « Mersi bras an orient. Dreistoc’h bet !!! Merci Lorient, vous étiez géniaux !!! »

Ce soutien assumé à un parti dont des membres sont accusés de racisme ou d’apologie du terrorisme n’a pas manqué de faire réagir. Si de nombreux électeurs d’extrême gauche se sont réjouis sur Instagram, l’accueil a été moins enthousiaste, sur X, ou plusieurs Français ont souligné l’incohérence de l’artiste. « Le type s’exprime en breton. Comme bien des Bretons de gauche, identitaires pour la Bretagne, cosmopolites pour le reste de la France », a ironisé un internaute. Un autre a accusé Tiersen d’être « complice de ceux qui veulent détruire la Bretagne, son peuple, sa langue, ses traditions ». Le député RN Jean-Philippe Tanguy est allé plus loin : « C’est surtout parfaitement illégal. Festival avec un million d’euros d’argent public en période électorale. » Le caractère illégal de l’initiative reste toutefois à démontrer : le maillot a été porté par l’artiste et non fourni par les organisateurs. Il n’en demeure pas moins que le Festival interceltique bénéficie bien de financements publics – les subventions représentent près de 18 % de son budget – et que la frontière entre spectacle culturel et meeting électoral était, ce soir-là, particulièrement ténue.

Amélie Poulain, un destin trop blanc

L’engagement à l’extrême gauche de Yann Tiersen ne surprendra guère ceux qui suivent ses déclarations publiques. Le compositeur avait déjà suscité la consternation lorsqu’il avait désavoué l’œuvre qui l’a rendu riche et célèbre, Le Fabuleux Destin d’Amélie Poulain. Dans un portrait publié par Libération à l’automne 2025, le musicien assurait qu’il refuserait aujourd’hui de participer au film de Jean-Pierre Jeunet. Son motif ? Ce Paris de carte postale, jugé « un peu réactionnaire », ne serait pas assez cosmopolite. « Fantasmer un Paris blanc, même au début des années 2000, où le seul employé est Jamel Debbouze… c’est raciste », expliquait-il, répétant sans grand talent la logorrhée woke.

Tiersen a accepté les droits, la notoriété mondiale et les tournées nourries par sa bande originale, mais il rejette désormais l’imaginaire sépia et titi parisien qui l’a jadis inspiré. « Qu’il rende l’argent ! », avait lancé l’avocat Charles Consigny, sur RMC. Ce serait pousser un peu loin la cohérence militante : dans le milieu culturel, on sait condamner, mais après encaissement seulement.

Le conformisme du petit monde artistique

Quiconque s’est déjà rendu au festival de Lorient connaît l’ambiance qui y règne : un peu de rock, beaucoup de bière et quelques slogans politiques convenus. Le tout dans une foule dépourvue de toute « diversité ». Porter un maillot à l’effigie de Mélenchon dans ce contexte ne comporte donc pas la moindre prise de risque. Imaginons, maintenant, qu’un chanteur se présente sur cette même scène avec le visage de Jordan Bardella ou d’Éric Zemmour imprimé sur le maillot. Les communiqués horrifiés seraient probablement rédigés avant même la fin du rappel : « sidération », « récupération politique », « banalisation de l’extrême droite », « valeurs incompatibles avec celles du festival »… Mais un maillot pro-LFI, apparemment, ne trouble pas la fête. Dans le petit monde subventionné des intermittents du spectacle, la promotion d’une extrême gauche racialiste, antisioniste et hostile à la police reste tendance.

Yann Tiersen est d’ailleurs loin d’être un cas isolé. En avril 2022, une tribune appelant explicitement à voter Mélenchon avait réuni une belle brochette de personnalités : Blanche Gardin, Corinne Masiero, Bruno Solo, Yvan Le Bolloc’h, Romane Bohringer, Anny Duperey, Princesse Erika… La fine fleur de l’art français, vous en conviendrez.

Certains sont même devenus de véritables compagnons de route. Yvan Le Bolloc’h, soutien particulièrement actif, avait rejoint en 2022 le Parlement de l’Union populaire. L’écrivain Annie Ernaux y siégeait également, apportant son prix Nobel et son prestige littéraire à la machine mélenchoniste. Corinne Masiero, Blanche Gardin, le réalisateur Robert Guédiguian, l’actrice Ariane Ascaride ou le romancier Pierre Lemaitre constituent, eux aussi, le noyau le plus identifiable de cette petite galaxie radicalisée. Une troupe que pourrait rejoindre Zaho de Sagazan. Le 7 juin dernier, la jeune chanteuse a été aperçue, tout sourire, dans le public du meeting lançant la campagne présidentielle de Jean-Luc Mélenchon, à Saint-Denis.

À l’approche de 2027, cette mobilisation devrait encore s’intensifier. Les scènes, les cérémonies et les festivals risquent de se changer une nouvelle fois en annexes de campagne de La France insoumise. Avec toujours la même règle tacite : lorsqu’un artiste fait allégeance à l’extrême gauche la plus haineuse, il exerce courageusement sa liberté et s’inscrit du bon côté de l’Histoire ; s’il soutient la droite nationale, il doit être dénoncé avec vigueur et condamné à la mort sociale.

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Jean Kast
Journaliste indépendant, culture et société

Vos commentaires

85 commentaires

  1. La gauche, une grande force négative en action !
    Comment peut-on voir du racisme dans ce film magnifique qu’est Le fabuleux destin d’Amélie Poulain ? Le cas Yersen relève de la pathologie mentale, qu’a-t-on fait à ce pauvre garçon ?
    Pas étonnée de voir la très vulgaire Gardin et Masiero, exhibitionniste repoussante avec ses tampons hygiéniques aux oreilles, dans les rangs de lfi. C’est normal, elles en sont très représentatives.
    J’abandonne pour toujours Caméra café, que j’aimais bien, pourtant. Plus question de voir une série lfiste.
    Mais je suis horrifiée de voir le nom de Anny Duperey dans cette clique.
    Y a-t-il encore quelque chose à sauver dans le showbiz ?

  2. A nous de zapper ces gauchistes….à la TV…au cinéma…et autres foutaises auxquelles ils participent…
    et un jou viendra où ils n’auront plus aucune subvention avec notre argent….on verra comment ils vivent de leur « art »….présumé l’art…..

  3. 3/4 de ces artistes porteront un maillot RN en 2027 pour continuer à mener leur train de vie ultra confortable. le 1/4 qui reste poussera des cris d’orfray en voyant les subventions qui les nourrissent diminuer drastiquement pour contribuer à la remise à flot des finances publiques.

  4. C’est leur droit à ces artistes d’avoir des « convictions », mais ce n’est pas leur rôle de devenir des prosélytes, surtout que leur opinions, on n’en a rien à faire, qu’ils exercent leur art, on ne leur en demande pas plus.

  5. Ces gens-là sont d’une bêtise incommensurable. L’histoire de l’extrême gauche se termine toujours de la même façon, dictatoriale par essence, elle détruit toute liberté : l’URSS, le Venezuela de Maduro,- le modèle de Mélenchon -, Cuba, le Cambodge de Pol Pot, etc, la liste est longue.

  6. « Le privilège rouge »…d’une minorité est devenu le « péril rouge  » de la majorité. Les français l’ont compris et
    2027 sera un tournant ! Je me réfère à ce que font les maires RN des communes qu’ils ont prises pour imaginer ce ferait MLP si elle prend le pouvoir.

  7. Quand on parle d’ingérence , bien sûr celle étrangère qu’il faut bannir , quoique Macron en a usé et abusé à son tour; mais là n’est-ce pas de l’ingérence avec cette pléiade du monde des artistes (pour ceux qui en apprécie encore les aspects, mais pas moi ) , qui revendique ouvertement leur idéologie marxiste gauchiste et surtout antisémite (car lorsque l’on soutient un parti tel que Lfi on l’est de facto).

    • Ceux qui sont pour la France dites-vous? Qui?
      Dans ce milieu, si vous ne vous dites pas de « gôôche », même avec du pognon plein les poches et des résidences de luxe, vous êtes mort, plus de contrats, rien, plus de sous ! Le choix est vite fait! On se dit de gauche dans quelques médias, et puis voilà, on est peinard!

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