Les implications du télétravail sont d’une actualité brûlante alors que le prétend, depuis ce 27 décembre, l’imposer à compter du 3 janvier aux entreprises « quand c’est possible », « trois jours voire quatre par semaine ». Ceci, dans la précipitation, par improvisation plutôt que par empirisme.

Peu importe la durée initiale annoncée de trois semaines car l’équipe au pouvoir nous a habitués, depuis bientôt deux ans de pandémie, à l’incohérence et à la manipulation. Avec des promesses non tenues et des mesures inefficaces et liberticides, dans le climat délétère de culpabilisation et de dénonciation des récalcitrants, avec enfin une incitation forte au télétravail.

À ce sujet, un ouvrage scientifique et indépendant vient de paraître opportunément chez First Editions, Télétravail. La révolution du home office. Les clés de la confiance. Écrit par Pascal Leroy et Dominique Szepielak, il porte sur son bandeau la mention salutaire « Passons de l’urgence à l’organisation ». Conçu comme une boîte à outils conceptuelle et opérationnelle, solidement documenté et référencé, l'ouvrage pose bien la complexité du sujet et conseille des pistes utiles de réflexion et d’action.

Les auteurs nous rappellent que le télétravail, technologie aidant, a pris une place croissante dans nos modes de vie personnelle et professionnelle bien avant cette pandémie. Qu’a fait le pour l’évaluer, l’organiser et l’encadrer alors qu’il dépense tant d’argent public dans la communication et les sondages à usage électoral ? Car, pour que cette nouvelle manière de travailler fonctionne dans l’intérêt de toutes les parties prenantes, pour qu'il soit source d’épanouissement plutôt que de souffrance, une réflexion globale incluant des aspects qualitatifs s’impose.

C’est pourquoi ces deux praticiens chevronnés de terrain, Pascal Leroy (spécialiste de l’aménagement des espaces de travail) et Dominique Szepielak (psychothérapeute spécialiste de la clinique du traumatisme et de la gestion de crise) ont adopté une approche pluridisciplinaire : sociale, historique, matérielle, technologique, écologique, ergonomique, esthétique, etc. Rappelant que dès les débuts de la révolution industrielle, au XIXe siècle, « les notions de dignité, de confort et de santé furent les premiers combats des syndicats », les auteurs constatent que seule cette pandémie semble avoir été capable de stopper la course effrénée à la performance, dommageable à l’homme et à l’environnement. Au nom de quel impératif absolu et à quel coût devrait-on maintenant en négliger les leçons ?

Une fois de plus, l’État profite d’une situation sanitaire dramatisée, présentée comme une sans limites, avec le soutien d’une Assemblée nationale qui se comporte depuis deux ans comme une chambre d’enregistrement des décisions gouvernementales. Une fois de plus, la population est placée d’autorité, sans concertation ni consentement, en situation d’expérimentation in vivo, médicale et sociétale. Or, les auteurs cités estiment qu’une redéfinition du rapport global de l’individu à l’entreprise est incontournable. Celle-ci est évacuée dans l’urgence invoquée par le gouvernement, qui « ne prend absolument pas en compte la réalité du home worker et de la singularité du travail à domicile ».

Reste à savoir si cette nouvelle manière de travailler sera aussi efficace quand elle est imposée par un État omniprésent et envahissant que si elle était spontanément et librement consentie dans un cadre professionnel et privé dans lequel l’État, sans légitimité, n’apporte aucune valeur ajoutée. Ainsi, de fortes réticences et résistances sont à prévoir de la part des salariés travaillant à domicile ou pratiquant divers modes nomades de travail.

2 janvier 2022

VOS COMMENTAIRES

BVoltaire.fr vous offre la possibilité de réagir à ses articles (excepté les brèves) sur une période de 5 jours. Toutefois, nous vous demandons de respecter certaines règles :

  • Pas de commentaires excessifs, inutiles ou hors-sujet (publicité ou autres).
  • Pas de commentaires insultants. La critique doit obéir aux règles de la courtoisie.
  • Pas de commentaires en majuscule.
  • L’utilisation excessive de ponctuations comme les points d’exclamation ou les points de suspension rendent la lecture difficile pour les autres utilisateurs, merci de ne pas en abuser !

Pas encore de compte, inscrivez-vous gratuitement sur bvoltaire.fr

La possibilité d'ajouter de nouveaux commentaires a été désactivée.

5 3 votes
Votre avis ?
21 Commentaire(s)
le plus populaire
le plus récent le plus ancien
Commentaires en ligne
Voir tous les commentaires