Editoriaux - Entretiens - Politique - Table - Videos - 19 janvier 2018

“La taxe d’habitation sera remplacée par un autre impôt car il n’y a pas de réduction de la dépense publique!”

Eudes Baufreton, de Contribuables associés, analyse la politique fiscale du gouvernement : ce sont les foyers aisés détenteurs de placements financiers qui seront gagnants, certainement pas les retraités des classes moyennes. Emmanuel Macron compense des baisses d’impôts par des hausses (CSG) ou par la création de futurs impôts. “Il prend dans les poches des uns pour redistribuer aux autres. Mais aucune véritable réduction de la dépense publique n’est engagée, notamment au niveau des collectivités locales, dont la masse salariale augmente.”

« Les premières réformes fiscales d’Emmanuel Macron vont surtout favoriser les riches… » Cela vous surprend-il ?

Les deux principales réformes sont l’augmentation de la CSG et la réduction de la baisse des charges salariales. La première compensant la seconde.
L’idée sous-jacente était d’augmenter le pouvoir d’achat des salariés, le tout compensé par l’augmentation de la CSG au détriment des retraités. Les salariés vont gagner en pouvoir d’achat. En revanche, les retraités vont perdre en pouvoir d’achat.
Contribuables associés pense que la bonne réforme aurait été de réduire les dépenses publiques pour compenser cette baisse des charges salariales qui augmentait le pouvoir d’achat des salariés.
C’est une mauvaise nouvelle pour les retraités. Les couples gagnant autour de 50.000 euros de retraite annuelle seront les grands perdants de cette réforme. Les populations aisées seront, en revanche, les grands gagnants de cette réforme.
Avec la réforme Macron, plus on a de revenus et de placements financiers, plus on gagne.
N’oublions pas que 5 % des foyers les plus modestes vont voir baisser leur pouvoir d’achat de 0,6 %. Ces mesures seront donc finalement favorables aux ménages les plus aisés et non pas aux foyers les plus modestes.

Macron fait-il mieux que Sarkozy en matière de cadeaux aux riches ?

J’ai envie de dire oui, a priori, mais les faits ne sont pas encore vérifiés.
La baisse ou l’exonération de la taxe d’habitation ne sera effective qu’à partir du mois de septembre. Donc, pour le moment, les retraités les plus modestes vont commencer par payer de la CSG. La compensation avec la suppression de la taxe d’habitation ne viendra qu’ensuite. En attendant, ils vont commencer par payer. Les bénéfices ne seront pas immédiats. En revanche, l’augmentation des impôts, elle, sera pour tout de suite.

Qu’en est-il de la taxe d’habitation a priori remplacée par une autre taxe ?

Je n’ai pas de doute sur le fait qu’elle soit remplacée par autre chose. On ne le dit pas assez : le seul moyen serait de réduire les dépenses. Or, aujourd’hui, il n’y a pas de réduction des dépenses.
On a entendu beaucoup d’effets d’annonce, mais rien n’a été mis en place. Les réductions de dépenses ne sont pas là aujourd’hui.

J’en veux pour preuve la masse de personnel qui est le poste principal des collectivités territoriales. Aucune réduction n’est faite sur le nombre de fonctionnaires. Au contraire, on observe une augmentation de la masse salariale dans les collectivités. Il faut donc les payer. Par conséquent, tant qu’il n’y aura pas de réduction de dépense, il n’y aura pas de réduction d’impôts possible. Il faut le dire aux Français. Ce sont de fausses mesures.

Aujourd’hui, Emmanuel Macron prend dans la poche des uns pour le redistribuer aux autres.

En réalité, s’il avait voulu réduire les impôts, il fallait qu’il réduise consécutivement les dépenses. Ce n’est malheureusement pas le cas aujourd’hui.

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