Le bras de fer engagé par et le gouvernement avec les syndicats de la SNCF pourrait faire penser qu’en France, après des années de cogestions multiples entre gouvernements et syndicats, le pouvoir était enfin exercé par les élus du peuple, et le gouvernement qui en est issu. Et M. Macron, face à la CGT Cheminots ou SUD Rail, donne, une fois encore, de sacrées leçons à la droite, de Juppé à Sarkozy. Mais attendons la fin. De la grève « 2 jours sur 5 » lancée jeudi par les quatre grands syndicats de la SNCF à partir du 3 avril prochain.

Mais plusieurs signes montrent que le pouvoir n’est pas si déterminé que cela face aux syndicats et qu’il consent même des reculs scandaleux pour leur donner raison.

Cette semaine, il y eu ce décret aberrant pris par le ministère de la Culture sous la pression de la CGT Spectacle et vivement dénoncé par Philippe de Villiers. Mais ce n’est pas tout : à l’Éducation nationale, et plus particulièrement dans l’académie de Bordeaux, on semble être revenu aux bonnes heures de la cogestion avec le SNES, premier syndicat de professeurs (même s’il est en perte de vitesse au profit de SUD, à gauche, et du SNALC, à droite). En effet, alors que les professeurs ont découvert au dernier moment, en pleine campagne de mutation, que le rectorat ne publiait plus de liste des postes vacants pour leur mutation, ils ont aussi constaté qu’une telle liste, fort bien informée, circulait entre collègues, liste émanant… du SNES. On pourra toujours arguer que ce syndicat, disposant d’un bon maillage dans les établissements, l’a élaborée tout seul dans son coin comme un grand. Mais quand on voit la précision et l’exhaustivité des données, on reconnaît facilement une source très très bien informée. Interrogée, l’administration avoue qu’elle aurait communiqué la liste des départs à la retraite. Sauf qu’elle ne l’a pas fait à tous les syndicats, et encore moins à tous les professeurs. Il y a rupture de l’égalité et manque de transparence flagrant.

Avec M. Blanquer, on pensait avoir trouvé un ministre du nouveau monde, tournant délibérément le dos aux faiblesses et aux errances de ses prédécesseurs mais, sur ce point, on est en fait revenu à l’époque de la cogestion hypocrite et délétère du ministère par Bayrou et le SNES.

Le “en même temps” des ministres Nyssen et Blanquer devrait ainsi permettre d’éviter que les intermittents du spectacle et les enseignants ne rejoignent les cheminots au printemps dans la rue. Au cas où ils auraient eu l’idée de commémorer 68. Pour le moment, ils préfèrent le faire dans les bureaux des ministres.

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