Sébastien Meurant : “On taxe le gazole, pas le kérosène. Où est la logique ?”

Le sénateur LR du Val-d’Oise, Sébastien Meurant, réagit au micro de Boulevard Voltaire sur les manifestations des gilets jaunes. Il dénonce un pouvoir qu’il estime en dehors des réalités.

Le mouvement des gilets jaunes a manifesté dans toute la France ce dimanche et continue aujourd’hui.
Vous aviez très tôt apporté votre soutien à cette initiative.
Que représente pour vous ce mouvement des gilets jaunes ?

Il représente la France exaspérée par l’augmentation des taxes et des impôts. Il représente la France qui voit son pouvoir d’achat diminuer, qui en a marre de l’impuissance et du mensonge politiques.
Il y a deux ans à peine, le président de la République soutenait la filière diesel dans le cadre industriel, mais aussi écologique. Aujourd’hui, on taxe le diesel au nom de la fiscalité écologique.
Ce ‘’en même temps’’ n’est qu’une impasse. Lorsqu’on attaque les véhicules individuels, c’est la liberté qu’on attaque. On attaque la liberté de ceux qui font fonctionner le pays en allant travailler, qui ont du mal à faire fonctionner leur entreprise tous les matins.
Je suis du Val d’Oise, un département qui est plus ou moins coupé de l’île de France suite au mauvais entretien du pont de Gennevilliers. Pour ces personnes-là, il n’y a pas d’autre choix que de prendre la voiture. Ces personnes-là manifestent pour symboliser leur exaspération.
Par contre, les énormes porte-conteneurs et les avions ne sont pas taxés. En île de France, nous voyons des centaines de milliers d’avions au-dessus de nos têtes. Le kérosène n’est pas taxé, il n’y a pas de TVA sur le kérosène. Il n’y a pas de logique à tout cela !

Le gouvernement, par la voix de Benjamin Griveaux, Édouard Philippe, et Sébastien Lecornu, dit qu’il entend cette colère, mais ne changera pas de cap. On a vu les confrères assez à la peine pour identifier ce mouvement. Ce dialogue de sourds va-t-il continuer ?

L’autre message envoyé par ce gouvernement et ce président est un message d’arrogance. Monsieur Griveaux, porte-parole du gouvernement, raille ceux qui ‘’clopent et roulent en diesel’’. Que pensez-vous qu’ils inspirent avec ce genre de remarques ? Ils inspirent le dégoût. Ce gouvernement qui est censé gouverner pour le bien commun en respectant les Français ne cesse de les mépriser.
Maintenir la trajectoire écologique. Qu’est-ce que cela veut dire dans un pays qui a les plus fortes contraintes environnementales, a déjà des freins à la production industrielle et a le plus fort taux de taxation d’Europe et certainement du monde.
On va importer des batteries fabriquées en Asie. On va donc tuer une filière d’excellence française, le diesel français, les moteurs Renault et PSA qui étaient en pointe. Pourtant, il y a deux ans, on vous disait que c’était bien. On va faire cela au bénéfice d’importations qui vont peser sur les emplois français ou européens. Pourtant, on sait que l’impact écologique de ces batteries est très lourd, parce qu’elles sont fabriquées à partir de terres rares extrêmement polluantes à produire. Cet argument ne tient donc pas.
Le pire de tout est que les véhicules électriques seront probablement remplacés dans 5 à 10 ans par des véhicules à l’hydrogène. Ceux qui se penchent sur les mobilités durables et écologiques pensent que le véhicule à hydrogène sera très rapidement une réelle solution.
Les Français payent donc deux fois. Ils payent par l’augmentation du carburant et par l’augmentation des taxes et des impôts d’autres natures.


Benjamin Griveaux a opposé le pays réel et le pays légal. Dommage pour lui, ce n’était pas de Marc Bloch, mais de Charles Maurras. Les gilets jaunes sont-ils la ligne de fracture entre le peuple et les élites ?

J’ai souri des propos de monsieur Griveaux, puisque j’ai pu lire à la fois Marc Bloch et Charles Maurras. Le pays réel fait évidemment référence à Charles Maurras.
Le pouvoir semble vraiment déconnecté de la réalité de la vie quotidienne des habitants et des citoyens de ce pays. Je crois que le réel finit toujours par exploser.
De Gaulle et ceux qui ont agi sur le réel disaient : ‘’on ne fait pas de politique en dehors des réalités’’. Or ce pouvoir est en dehors des réalités.
Je décris le président de la République comme une personne mondialisée. Ces personnes n’ont pas de racines. Ils ne savent pas où ils sont, quelle est leur histoire, et bien sûr, quel sera l’avenir. C’est normal lorsqu’on ne sait pas d’où on vient.
J’attends de ce président de la République et de ce gouvernement qu’ils défendent les intérêts des Français et de la France.

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