Une image éloquente – relayée notamment par sur son compte Twitter – a circulé, ces jours derniers, sur les réseaux sociaux. Il s’agit pourtant d’un dessin assez sommaire : à gauche, un soldat sous drapeau palestinien, à un soldat sous drapeau israélien. Tous deux, face à face, se tiennent mutuellement en joue. Près de chacun d’eux, un berceau : pour le premier, devant le soldat ; pour le deuxième, derrière. L’un s’en sert de bouclier. L’autre le protège. En légende, une injonction : « See the difference. » 

D’aucuns disent que cela relève de la propagande. Et que cette propagande vise à exonérer des pertes humaines palestiniennes. Mais soyons honnêtes et reconnaissons-le, quel que soit par ailleurs le regard que l’on puisse porter sur cet imbroglio mortifère que l’on avait presque, jusqu’à ces derniers jours, fini par oublier : il est un fait que le Hamas, à l’instar de toutes les organisations terroristes islamistes, se sert cyniquement des enfants, des familles pour se cacher. Dans un des numéros d’« Enquête exclusive » dont il a le secret, Bernard de La Villardière, en 2019, avait du reste recueilli les propos d’un Palestinien dénonçant, geste par sa fenêtre à l’appui, la présence d’un site militaire du Hamas accolé à un espace de jeux pour enfants, quand l’élémentaire prudence aurait commandé de s’en tenir à l’écart.

Cette stratégie redoutablement efficace, tant sur le plan médiatique, diplomatique, que psychologique pour le camp adverse, les Israéliens ne sont pas les seuls à l’avoir essuyée : les Occidentaux en ont aussi fait douloureusement les frais en Afghanistan. Comment viser des islamistes quand ils sont étroitement mêlés à la population ? Si on renonce à les éliminer, c’est un échec. Si on les élimine, et avec eux les innocents qui les entourent, c’est aussi, bien sûr, un échec. Qui sera, en sus, instrumentalisé pour discréditer et diaboliser.

On parle souvent, en matière de terrorisme, de guerre asymétrique. Cette asymétrie-là, cette capacité à accepter sans ciller de risquer la vie de civils parce que la fin justifie les moyens, est aussi imparable que terrifiante.

16 mai 2021

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