Rappelons-nous les péripéties de la Défense européenne dont Macron se veut le promoteur pour repousser la quasi-hégémonie américaine, parapluie qui satisfaisait l' jusqu’alors. Dernières – ultimes ? - démarches du client germanique chez les fournisseurs yankee, grâce à la nouvelle tirelire défense de 100 milliards d’euros – merci Poutine en -, l’achat de 35 F-35 ainsi que 5 patrouilleurs maritimes et 60 hélicoptères Chinook. Pas moins !

Avec le chasseur américain, l' va ainsi rejoindre le club des six forces aériennes de l'Union européenne qui l’opèrent déjà, quand dix du continent en sont également dotées. Et cette longue liste n’est sans doute pas close.

Mais alors, l’avenir du SCAF derrière ou, plutôt, après tout ça ?

Il y a un an et demi, le programme franco-allemand de Système de combat aérien du futur (le SCAF) - en fait tripartite, avec l’Espagne - semblait lancé dans sa phase initiale, avec le développement d’un démonstrateur. Cela en dépit de discordances pour la répartition des charges entre industriels qui avaient nettement émergé trois mois plus tôt.

Fin août 2021, un accord avait enfin été signé entre les trois pays pour le lancement de ce projet à partir de 2025, avec un budget prévisionnel de 3,6 milliards d’euros.

Depuis, cependant, stagnations et discussions persistaient, les partenaires industriels, Airbus et Dassault Aviation en particulier, ne parvenant pas à un accord définitif sur les responsabilités et participations respectives. Je rappelle que l’industriel français doit être le maître-d’œuvre de cette première phase.

Surprise : vendredi 18 novembre, le ministère de la Défense allemand annonce qu'« un accord entre industriels a pu être atteint ». Mais point de chorus public côté français, le ministère des Armées reste silencieux ? L’Élysée réagit modestement avec une simple déclaration à l’AFP, soulignant « ce grand pas en avant », mais modéré en parlant d’un « accord sur le point d'être conclu ».

Quant à Dassault, directement concerné, le commentaire de son PDG Éric Trappier est plus que nuancé : « Il y a une pseudo-annonce politique qui a été faite. Je pense que les autorisations allemandes - qui étaient difficiles à obtenir - sont sorties et ça a donné lieu à des fuites. Ce n'est pas encore tout à fait fait », a-t-il déclaré sur RTL. « Avant l'heure, ce n'est pas tout à fait l'heure », a-t-il ajouté...

Cet embrouillamini illustre, une fois de plus encore, la difficulté que Paris et Berlin ont à communiquer en toute sincérité et franchise et émettre des messages cohérents sinon harmonieux. Et ce SCAF, enjeu d’une future défense européenne coordonnée avec une nouvelle et forte interopérabilité entre flottes à partir de 2040, semble avoir, encore à ce jour, un gros plomb dans l’aile !

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27 novembre 2022

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18 commentaires

  1. L’entente entre la France et l’Allemagne a toujours été difficile. l’U.E. a été faite d’abord sur le Mark. ça l’est encore plus quand les U.S. viennent y mettre leur nez, et pas qu’en humant d’où vient le vent, mais plutôt de faire de l’U.E. une dépendance….Il faut que la France sorte du Commandement U.S. de l’O.T.A.N., tout en en restant Membre allié.
    Autrement, l’U.E. est Vassal, faisant allégeance.

  2. De toute façon les allemands nous prennent pour des cons et ils ont bien raison. En plus de ces projets qui n aboutissent jamais ils nous font une guerre énergétique. Grâce a eux à leurs verts idiots nous avons perdu notre indépendance et payons notre électricité une fortune alors qu il y a peu elle était 3 fois moins chère que chez Merkel. Merci l Europe à la botte d Ursula

  3. Les allemands seront toujours les mêmes ..souvenez vous …faut il être aveugles pour refuser de voir .

  4. Mais quand vont ils comprendre que les Allemands font toujours passer leurs intérêts avant tout ? C’est bien leur droit mais cela fait des années que ça dure et on continue à leur servir de carpette.

  5. L’idée mème de la moindre alliance militaire avec les allemands est une folie. Les teutons ne sont pas et ne serons jamais nos alliés. Si ils renforcent leur armement, c’est d’abord un danger pour nous. Essayons pour une fois de tirer des leçons du passé.

    1. Encore faudra t’il que l’Allemagne revoit sa constitution car ses engagements dans les opex sont faibles et surtout le syndicalisme qui est une hérésie pour des armées.

  6. Disons que le projet a été touché par un missile tiré comme d’habitude par nos chers amis Allemands qui sont totalement sous domination US.

  7. Mais pourquoi va-t-on chercher les allemands? Ils nous ont empêché de vendre des hélicoptères Tigre à l’Arabie Saoudite parce que ce sont des méchants (ils le pouvaient car le programme étant en coopération avec eux, ils avaient leur mot à dire). Ce qui ne les a pas empêché de vendre aux mêmes méchants quasi en même temps leur dernier char… L’expérience ne nous sert apparemment à rien puisqu’après ce coup de Jarnac, on continue à vouloir les faire participer à nos programmes d’armement!

  8. Les Allemands n’ont que mépris pour la France depuis sa déroute de 1940. Ils se jugeraient humiliés d’être sous la coupe de l’avionneur français Dassault. Voilà la raison de la stagnation du projet SCAF. Ils ont préféré acheter des F35 qui aux dires de l’USAF est un fer à repasser terriblement couteux, plutôt que le Rafale, actuellement le meilleur avion de chasse au monde.

  9. La France doit retrouver sa souveraineté. Comment faire confiance à des partenaires qui font commerce avec le concurrent?

  10. Le futur avion de combat a du plomb dans l’aile et c’est la même chose pour le futur char de combat . Résultat , on va prolonger nos chars Leclerc peut être jusqu’en 2050. La France avec le Rafale a une avance sur nos  » amis » Allemands. Les Allemands comme dans de nombreux domaines , ne voient que leur intérêt, alors ce projet SCAF , risque de ne jamais aboutir , pour l’instant cet avion a tout de l’Arlésienne.
    Signé : un ancien de l’Aéronavale .

    1. Finalement, seul l’Alpha Jet, issu de la coopération entre Dassault et Dornier a été tout de même une réussite… Pour le reste il ne faut pas oublier le « contrat du siècle » pour placer les Mirage F1 en Europe qui a échoué face aux américains et leurs F16… Signé : un autre ancien de l’Aéronavale.

    2. Ah les Crusader, spécial France, achetés pour éviter un super-super Étendard trop cher et en retard sur la concurrence. Le plus gros problème est que cela va être de la gabegie, voir avec l’Eurofighter et le Rafale.
      Il est temps que nous revenions à notre indépendance complète, le gosse va finir de tuer la France et la rendre totalement dépendante des USA.

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