[SATIRE A VUE] L’école de la commune atteint un quota vachement bien
Dans une salle de classe, la vache est réputée paisible. Sage comme une image, peu chahuteuse, elle rumine la leçon de civisme que l'enseignant vient de prodiguer. Sur les boîtes de camembert, elle affirme son identité de genre sans l'ombre d'un questionnement. Tant de prédispositions scolaires désignaient tout naturellement cinq de ces bovidés à être inscrits à l'école de Moosh, dans le Haut-Rhin.
Quota oblige, Abondance, Amandine, Abeille, Arlette et Amsel viennent ainsi combler avec humour les éléments manquants au maintien de toutes les classes. Sous l'amusette, monsieur le maire José Schruoffeneger s'agace de cette menace de fermeture : « On rigole, mais en fait, on est très fâchés », précise l'édile. 66 élèves en élémentaire, 30 en maternelle. « C'est vachement pas assez », a conclu le mathématicien de la commune. D'où l'inscription sans leur consentement des cinq futures bachelières. Selon l'académie, leurs traces de sabots dans la cour sont annonciatrices d'une mention très bien.
Au niveau national, ce mardi 31 mars, de nombreux enseignants du premier degré public étaient en grève pour protester contre les suppressions de postes et les fermetures de classes. Combien ? Comme à chaque fois, les chiffres divergent selon que l'on se place de tel ou tel côté de la barrière. Mais à Moosh, habitants et enseignants se sont mobilisés devant l'école en compagnie des génisses engagées dans le combat. Le recours à la rigolade champêtre reste le seul moyen, pour cette commune, d'attirer l'attention des médias sur le sort funeste auquel semble promis son école. À coup de dindons et de canards inscrits en CM2, d'autres bourgs pourraient revendiquer leur droit à concourir dans le classement PISA. Les ânes sortant des enclos scolaires savent le poids du nombre sur le berger.
Plutôt qu'une manif, un simulacre de transhumance. Des professeurs et des élèves munis de cloches autour du cou dénonçant le ravin pédagogique dans lequel la France est tombée. La commune du Haut-Rhin de 1.621 habitants montre la nouvelle manière d'interpeller les pouvoirs publics. De l'image forte, du symbole révélateur. De la dérision en guise de protestation. Des clowns pour sensibiliser les ministères concernés. Une inversion des rôles, enfin !
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26 commentaires
C’est génial comme idée pour mobiliser l’attention des médias et surtout des pouvoirs publics qui menacent la fermeture de l’Ecole ce qui signifie suppressions de postes pour les enseignants. Cela dit, ce Maire a le sens de l’humour. Bravo ! Pourvu que ça porte ses fruits ou ses fromages !
Ca change quoi? l’EN veut faire de nos gamins des veaux bien obéissant qui ne réfléchissent pas…
Après le bonnet d’âne, le diplôme de bovidé bouche-trou!
On remarquera le courage civique de ce maire, qui se bat pour conserver sa classe dans ce département d’Alsace, hors Laïcité, puisque le concordat napoléonien s’y applique encore.
Avec des écoles privées à foison, des crucifix dans les écoles et des croix sur les mairies, le combat semble perdu. Mais qui sait, le FSU est peut-être minoritaire en Alsace-Moselle et les cours dans les écoles publiques bien assurés?