Agriculture - Culture - Editoriaux - Table - 22 février 2018

Salon de l’agriculture : gouverner, c’est se faire voir

L’image d’Emmanuel Macron auprès des agriculteurs est déplorable. Et pas que… Mais surtout là. Affreux. Le look trader aux dents longues ne passe pas auprès du monde rural. Même avec des bottes en caoutchouc, personne n’y croit.

Raison pour laquelle, à l’occasion du Salon de l’agriculture qui ouvrira ses portes samedi, l’Élysée veut frapper fort. Opération séduction tous azimuts. Si la proposition de l’équipe de communicants est acceptée, le Président devrait, dès l’aube, participer à une traite des vaches dans une étable du Salon, puis passer la journée entière allant de stand en stand, de porcs en porcs, de dindons en poulettes, et plus si affinités… Dégustations de produits divers jusqu’à écœurement total avec retour au bureau en ambulance. L’image est à ce prix.

De son côté, le ministre de l’Agriculture Stéphane Travert (l’homme qui prêtait sa cravate à François Hollande) et son cabinet s’installeront porte de Versailles pour toute la durée de la manifestation. Dix jours au cul des vaches ! L’esbroufe bat son plein. La nuit, Édouard Philippe viendra recompter les bêtes… Surveiller qu’aucune ne s’échappe… Tout le gouvernement est sur le coup.

Toutes ces pitreries devraient, entre autres remèdes, parvenir à faire oublier aux agriculteurs de 1.600 communes la perte des aides accordées par Bruxelles dans le cadre d’une refonte de la classification « zone défavorisée ». Avant sa longue journée sur la paille, le Président recevra 1.000 jeunes agriculteurs installés en 2017, considérés comme plus réceptifs aux nouvelles dispositions. Réflexe d’éleveur. On habitue le mouton à se faire tondre dès le plus jeune âge. Emmanuel Macron connaît le métier. Cette journée lui donnera l’occasion de rencontrer quelques collègues… d’échanger des tuyaux sur la bonne façon de mener les troupeaux… comment leur parler avant l’abattoir… Toute une technique déjà abordée par Jacques Attali lorsqu’il était en première année d’enfumage.

Le plus étonnant de l’affaire est que les services de l’Élysée ne font pas mystère de leurs manœuvres dérisoires pour tenter d’apaiser tel ou tel secteur. En toute impudeur, les voilà dévoilant la manière dont ils comptent s’y prendre pour jeter de la poudre aux yeux à l’opinion… qui ne pipe mot. Des veaux, disait-il… Londres, 1940. De Gaulle : ce sont des veaux. Ils sont bons pour le massacre. Ils n’ont que ce qu’ils méritent. Que dire d’autre, aujourd’hui ?

À lire aussi

Le féminisme hors la loi en Arabie saoudite : un casse-tête pour la gauche

La prochaine manif anti-islamophobie s'annonce des plus complexes pour la plupart des part…