Robert Ménard : “À la mairie, il ne doit pas y avoir d’autre drapeau que le drapeau français”

Le maire de Béziers a décidé de faire signer aux futurs époux une “charte de bonne conduite” lors des cérémonies de mariage à la mairie. Sont ainsi interdits le déploiement de drapeaux étrangers, les manifestations bruyantes et les rodéos urbains accompagnant parfois certains mariages.

Précisions de Robert Ménard au micro de Boulevard Voltaire.

Vous avez encore fait l’actualité nationale après avoir ordonné la suppression des drapeaux étrangers pendant les mariages. Les mariés doivent désormais signer une charte de bonne conduite. Pourquoi avez-vous pris cette décision ?

L’hôtel de ville, la mairie de Béziers, comme toutes les autres mairies, est le siège de la République. La République, c’est un drapeau, c’est le drapeau français. Aucun autre drapeau n’a sa place dans cet endroit. C’est aussi simple que cela. Je ne vois pas pour quelle raison on aurait besoin de venir à sa cérémonie de mariage avec un drapeau étranger.
J’ajoute, par ailleurs, que la plupart des gens qui s’adonnent à ce genre de pratiques sont français. C’est d’autant plus incompréhensible.
Je ne suis pas le seul maire à avoir pris cette décision. Et comme dans ces autres mairies, je ne veux plus de ces comportements.
Le jour de son mariage est un jour important. Je trouve donc normal qu’on se comporte de façon respectueuse, en somme, qu’on se comporte bien.

Qu’y a-t-il dans cette charte ?

Il y a des choses très simples. Il s’agit, en premier lieu, d’arriver à l’heure. Les gens qui se comportent avec un esprit communautariste sont souvent ceux, également, qui arrivent en retard.
Or, je vous rappelle qu’il arrive que nous mariions 6 ou 7 couples, les uns après les autres.
Par ailleurs, il ne faut pas confondre l’arrivée et le départ à la mairie avec un rodéo. On ne monte pas dans une voiture pour faire des choses dangereuses avec, comme rouler en sens interdit, par exemple.
On ne trouve, dans cette charte, que des choses comme celles-là. Il s’agit, tout simplement, d’avoir un bon comportement, c’est-à-dire faire les choses dans les normes et les bonnes mœurs, ce qui fait ce pays et ce qui fait que nous vivions société.

Les rodéos urbains lors des mariages sont-ils courants à Béziers ?

Oui, nous en avons vu et nous sommes exaspérés. Nous sommes exaspérés par les rodéos, exaspérés par les retards de certains et le sans-gêne d’autres, exaspérés avec des gens qui se pointaient avec le drapeau de tel ou tel pays. Nous avons donc décidé qu’il fallait y mettre un terme. Ça suffit !
Cet arrêté municipal a été pris. Nous le ferons respecter. Ceux qui ne le respecteront pas ne seront pas mariés et se verront proposer une date trois semaines plus tard. S’ils se comportent bien, leur mariage pourra alors être célébré.
Il n’y a aucune raison que les gens qui se comportent bien fassent les frais des autres et se plient à la règle des autres, ou plutôt leurs non-règles. C’est à ceux qui se comportent mal de se plier à la règle.

Comment expliquez-vous que chaque décision prise par le maire de Béziers trouve immédiatement un écho dans la presse nationale ?

La réponse est dans votre question. C’est justement parce que je suis le maire de Béziers. Quand à Nice, à Lille, à Lyon ou à Strasbourg la même décision de faire appliquer une charte de bonne conduite est prise, on ne trouve aucun commentateur pour s’étrangler et y aller de son refrain. “Comment est-ce possible ? Qui pointez-vous du doigt ?” Et patati et patata, les discours habituels…
Quand c’est à Béziers, en revanche, tout à coup, les gens se demandent ce que le maire de Béziers a derrière la tête. Mais rien ! Rien du tout. Je fais juste respecter les règles. Je les fais d’autant plus respecter que j’y adhère. Le Parlement a voté le principe de la présence, dans les classes d’école, du drapeau français, du drapeau européen et du texte de “la Marseillaise”. J’ai applaudi à cette initiative. Je suis dans la même lignée. Dans l’hôtel de ville de Béziers, il n’y a que le drapeau bleu blanc rouge, le drapeau de la France.

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