Tout a commencé, ce 21 avril, par la publication, sur le site de Valeurs actuelles, de la désormais fameuse « tribune des généraux ». Peut-être un clin d’œil historique de cette rédaction facétieuse – et non factieuse – au non moins fameux des généraux du 21 avril 1961 contre la politique algérienne de De Gaulle.

Une tribune qui aurait pu passer inaperçue avant cette diffusion par « le magazine de la droite qui s’assume », puisque publiée d’abord le 14 avril sur Place d’armes, blog assez confidentiel de Jean- Fabre-Bernadac, initiateur de la missive, si la tragédie de Rambouillet n’avait eu lieu. Pourquoi ?

Le 23 avril, au matin, toujours dans Valeurs actuelles, Marine Le Pen répondait aux généraux qu’elle partageait leur diagnostic et leurs craintes et les appelait à la rejoindre en vue de la prochaine élection présidentielle. Sans que cela provoquât une réaction effarouchée du pouvoir. Mais, quelques heures plus tard, vers 14 h 30, Monfermé était égorgée par un Tunisien islamiste, sur son lieu de travail, à l’entrée du commissariat de Rambouillet.

Alors que, devant ce énième « fait divers » islamiste, l’ensemble des ténors politiques passait des postures tactiques de l’émotion à celles de la condamnation ou de la critique – Marine Le Pen manifestant une virulence conforme aux attentes de ses partisans, et d’une majorité de Français, sincèrement outrés par ces assassinats à répétition, commis par des « migrants », étrangers , depuis 2020 ; effarés aussi devant l’impuissance gouvernementale à les contrer –, les réactions idéologiques de l’, pleines des non-dits de l’excuse sociale des crimes, choquaient l’opinion. D’autant que le parcours idéologique de l’assassin paraît démontrer que, si son basculement dans le djihad est récent, il s’imprégnait, via les réseaux sociaux, des thèses de l’islamo-, partageant largement, dit Gilles Kepel, les posts Facebook de Jean-Luc ou les dénonciations de l’« » par les Plenel, Aphatie et consorts : « le djihadisme d’atmosphère » qui peut mener au pire.

Le contre-feu était aussitôt allumé par qui tweetait, le 24 avril, contre les militaires « factieux » et leur appel « diffusé par l’hebdo d’extrême droite Valeurs actuelles et soutenu par Marine Le Pen ». Il pointait l’absence de réactions de Macron, appelant au barrage républicain. Et tous, les Hamon, les Coquerel, enfants de l’agit-prop, de se mettre en ordre de bataille – si l’on peut dire – sous l’étendard fantasmatique mais fédérateur du « ¡No pasarán! »

Dès le lendemain, 25 avril, et les jours qui ont suivi, comme asservis à l’injonction gauchiste, conduits au feu par la socialiste Parly, les ministres ont défilé, criant aux bruits de bottes. Jusqu’au garde des Sceaux, dont Mélenchon dénonçait les silences ! Obéissant à la « comédie des indignés ». Emmanuel Macron aura-t-il cédé, en envoyant ses troupes, à la pression idéologique de la gauche politico-médiatique qui le sommait de réagir ? Certainement pas. Eux, Castex en tête, se sont déshonorés dans l’outrancier. Lui s’est tu. Essayant, par cette tactique, d’instrumentaliser aussi la lettre des militaires, pour restaurer son rôle régalien, par ministres et chef d’état-major interposés, en exploitant une initiative, jugée malavisée, de Marine Le Pen.

Sur l’instant, ces combinaisons tactiques ont profité à LFI et au pouvoir, détournant la colère populaire, en masquant les responsabilités idéologiques et les failles administratives qui ont permis à l’assassin de Stéphanie Monfermé de s’installer en France …

Mais, d’après les , une majorité des Français soutient à près de 60 % le constat alarmant des anciens militaires qu’on a voulu salir. Et ce 30 avril, la cote de confiance de la présidente du Rassemblement national, en hausse, s’établissait à 34 %, selon le baromètre du Figaro. Le réel est là, brutal, qui sert, pour le moment, sa cohérence offensive. À suivre…

3 mai 2021

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