En 2020, la MACSF (Mutuelle d’assurances du corps de français) a émis un rapport sur la violence subie par le personnel soignant, car cette violence qui s’exerce de plus en plus dans tous les domaines de la , comme en témoignent les nombreux reportages quotidiens, n’épargne plus les à l’hôpital comme en milieu extra-hospitalier.

Ces soignants qui étaient applaudis tous les jours, à 20 heures, l’an dernier, de manière un peu facile, il faut bien le dire, sont très fréquemment agressés principalement dans les services d’urgences, de psychiatrie et de gérontologie. Ces agressions peuvent être le fait de patients drogués ou alcoolisés, mais peuvent aussi être générées par un individualisme exacerbé qui entraîne des violences physiques ou des dégradations de biens dans les services où cela se produit.

D’après l’Observatoire national des violences en milieu de santé, les chiffres augmentent régulièrement d’environ 6 % par an et, en 2018, on a relevé 23.300 agressions dans environ 450 établissements sanitaires français. Les médecins et infirmiers de ville ne sont pas à l’abri de ce genre de violence, allant même parfois jusqu’à la mort.

Il n’est pas une semaine sans que la presse ne relaie ce genre d’informations. Ces derniers jours, c’est à Villeneuve-sur-Lot que trois personnes, qui ne voulaient pas attendre aux urgences, ont fini par forcer le passage de l’accueil et ont agressé de manière très violente l’infirmière. Au Puy-en-Velay, le personnel a manifesté, ces derniers jours, car ils ont subi trois agressions en trois semaines, ce qui est un problème récurrent, disent-ils. Très récemment encore, c’est à Saint-Nazaire qu’un père de , qui emmenait sa fille aux urgences, est entré en conflit avec un ambulancier qui lui passait devant, puis le ton est monté et le médecin d’accueil, sans doute à bout de nerfs, à proposé au père de sortir pour s’expliquer « entre hommes » !

Ce genre de situation n’est pas nouveau mais il a tendance à se répéter de plus en plus souvent, soit à cause de personnes sous l’empire d’alcool ou de stupéfiants ou de patients présentant une pathologie psychiatrique, mais aussi souvent de la part de patients ou d’accompagnants qui trouvent l’attente trop longue, la insuffisante, qui perdent patience et qui agressent le personnel soignant.

Dans les services d’urgence, on peut comprendre que les patients et les accompagnants acceptent difficilement de longues heures d’attente (principalement dues au manque de personnel, de locaux, de lits d’aval et de structures extra-hospitalières pour accueillir les malades ne nécessitant pas d’hospitalisation), mais cela n’explique pas la violence dont font preuve certaines personnes, phénomène qui relève davantage de l’incivilité et du non-respect des règles communes, pour satisfaire à une exigence personnelle qu’on croit légitime. Pour certains, également, la médecine est devenue un objet de consommation dont on peut faire usage à volonté sans avoir à respecter la moindre entrave qui serait considérée comme une atteinte à sa liberté.

Ce qui se passe dans les ou dans les cabinets médicaux de ville n’est, hélas, que le reflet de l’évolution sociale actuelle que la crise du Covid ne fait qu’amplifier.

3 mai 2021

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