Il est toujours étonnant d’entendre de doctes experts gloser à l’envi, s’interroger en permanence sur le sens du « macronisme », depuis des mois et même des années. Ces politicologues de toute obédience sont visiblement incapables de qualifier cette idéologie sortie de la cervelle « révolutionnaire » de notre « bien-aimé » Président ! En un mot, ils n’ont rien trouvé de sérieux qui puisse éclairer notre lanterne et nous permettre de classer le « macronisme » à la suite des « ismes » en tout genre qui, à chaque fois, sont apparus comme le nouveau deus ex machina que l’on attendait pour sauver l’Humanité…

Essayons de comprendre.

se fait élire sur un projet ultralibéral inspiré de la mondialisation supposée heureuse, financé par les fées du CAC 40, sans oublier le zèle de certains magistrats du parquet financier pour flinguer l’adversaire… Les Français sont alors subjugués par ce jeune talent dont la faconde est intarissable, « maraboutisés ». Son élection est acquise sans bavure face à Marine Le Pen, déconfite et consternante. Il professe alors le « ni droite ni gauche » qui séduit quelques opportunistes qui vont à la soupe…

Commence, alors, le règne de Jupiter ignorant et méprisant ces élus soutiers du quotidien comme les maires qui ont le sens du service public chevillé au cœur.

Jupiter préfère les technocrates qui sont faits du même sang que lui et lui vendent de sublimes réformes comme les privatisations, la suppression de la taxe d’habitation, un impôt qui n’appartient pas au gouvernement mais aux collectivités, la retraite par points une véritable étatisation des retraites. Le monde technocratique est un monde parfait sur le papier, mais il oublie toujours d’intégrer certains paramètres : la suppression de la taxe d’habitation crée un trou dans le budget puisqu’il faut compenser les pertes de recettes des collectivités. Pas de problème, les gnomes technocratiques ont immédiatement la réponse que Jupiter adoube : c’est l’augmentation des taxes sur les carburants qui déchaîne l’ire des gilets jaunes, mettant le pays à feu et à sang.

Jupiter, de par son statut, ne limite pas son discours aux seuls Gaulois. Fort de sa science et de sa foi, comme saint Paul, il adresse à tous les peuples européens une véritable épître pour leur enjoindre de rallier son panache de l’eurobéatitude. Ce fut un flop retentissant. Mieux encore : Jupiter s’est mis à dos la plupart des dirigeants européens qui n’apprécient pas du tout les propos moralisateurs du Président français.

Sûr de lui-même et dominateur, Jupiter distille alors les petites phrases à l’emporte-pièce, ce qui lui vaut quolibets et incompréhensions des Gaulois réfractaires ; le dernier bon mot de Jupiter ne manque pas de saveur, il critique la presse qui traiterait le différend entre le ministre de l’Intérieur et le ministre de la Justice comme le « kamasutra de l’ensauvagement » – comprenne qui pourra !

Survient alors une « divine surprise », le Covid-19, qui ruine la conception du monde de Jupiter. Le 13 avril dernier, Jupiter s’adresse aux Français et, dans un discours étonnant, fait son mea-culpa : « Sachons, dans ce moment, sortir des sentiers battus, des idéologies, nous réinventer – et moi le premier ! » Jupiter jette aux orties ses convictions et effectue un tête-à-queue de 180 degrés, proclamant que la France qu’il a accusée de crimes contre l’humanité lors de la période coloniale, cette France doit retrouver sa souveraineté ! Les lumières de la Pentecôte seraient-elles descendues sur lui pour éclairer sa cervelle et ébranler ses conceptions technocratiques, c’est le miracle du Covid-19 ! Miracle qui met Jupiter à nu, il a perdu toute crédibilité.

Mais où est le « macronisme », dans ces trois années de gouvernement, que signifie-t-il ? Bien malin qui peut le dire et le définir, il n’a en réalité aucune profondeur idéologique et de conviction, il est né d’un alignement des planètes politique, d’une conjoncture qui ne se renouvellera pas.

Donc, les choses sont simples : le « macronisme », c’est un accident de l’Histoire !

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