Selon le journal britannique The Guardian, ce sont des centaines de milliers de messages de propagande que ce partisan de Daech aurait publiés. Son nom est Husnain Rashid. Il est actuellement jugé en Grande-Bretagne et risque la prison à perpétuité. Parmi ces messages, certains encourageaient à prendre pour cible le prince George, fils aîné du duc et de la duchesse de Cambridge et troisième dans l’ordre de succession de la couronne britannique.

Jeudi, il a finalement avoué son intention après avoir nié des mois durant. L’affaire remontait au 13 octobre 2017, lorsqu’il publia sur Internet une photographie de l’école où est scolarisé George de Cambridge, photographie sur laquelle étaient superposées les silhouettes de deux masqués. « Même la royale ne sera pas laissée tranquille. Les cours commencent tôt », avait-il écrit sur l’application cryptée Telegram. Le 22 novembre 2017, il était arrêté. Outre cette incitation, Rashid, natif du Lancashire, qui travailla comme enseignant à la mosquée de Nelson, sa ville de résidence, suggérait dans son avalanche de messages tout un tas d’idées de crimes terroristes, notamment celle d’injecter du poison dans les fruits, les légumes et les crèmes glacées dans les supermarchés.

Plusieurs dizaines de milliers de message ? On trouverait bien, notamment en France, quelques bonnes âmes pour nous dire que ce jeune homme de trente-deux ans est un peu dérangé. Dérangé, peut-être, mais bien au fait des techniques informatiques. Ainsi, le Guardian révèle que Rashid utilisait des modes d’action très professionnels. Ces messages étaient envoyés depuis un simple smartphone, dépourvu de carte SIM et dont la caméra avait été occultée, tout cela pour limiter les risques d’être repéré. Le disque dur de son ordinateur était si bien protégé que les services de renseignement furent dans l’impossibilité de le « cracker ». Pour mettre en ligne ces messages, il avait même piraté la liaison Internet de ses voisins. C’est ce qu’on doit appeler le terrorisme du pauvre…

Prendre pour cible le prince George ? Ce n’est pas la première fois que la royale britannique est prise pour cible par des terroristes. On pourrait remonter à l’assassinat de Lord Mountbatten, oncle maternel du prince Philip, par l’ républicaine irlandaise provisoire en 1979. Mais plus près de nous, en 2012, c’est le prince Harry – Captain Wales, capitaine de Galles, pour ses camarades militaires -, à peine arrivé en Afghanistan pour une deuxième mission sur ce théâtre d’opérations, qui avait été menacé par les talibans. « Nous faisons tout notre possible pour nous débarrasser de lui, en le tuant ou l’enlevant », avait déclaré leur porte-parole à l’agence Reuters.

Mais la famille royale britannique ne semble pas plus émue que cela par ces menaces. Le duc et la duchesse de Cambridge, les parents du prince George, n’ont pas l’intention de changer leur programme. Il faut dire que cette famille a de qui tenir. Durant le Blitz entre 1940 et 1941, alors qu’on conseillait à la reine Élisabeth, épouse du roi George VI (les parents de la reine Élisabeth II), de quitter Londres avec ses deux filles, elle avait eu cette réponse : « Les enfants ne partiront pas sans moi. Il m’est impossible de laisser le roi. Et le roi ne partira jamais ! »

À bien y réfléchir, on se demande si, pour faire face au terrorisme islamiste, ce qu’incarne la famille royale britannique n’est pas plus puissant que ce que nous appelons pompeusement, de ce côté-ci du Channel, les « valeurs de la République ».

3 juin 2018

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