On apprend de la bouche du ministre des Armées la probable très proche signature d’un contrat de vente de 48 avions Rafale à l’Indonésie. Grande bonne nouvelle secouant la morosité économique présente !

Résultat d’une intense promotion dans cet État lointain ou besoin de modernisation militaire exprimé par cet immense pays à la géographie si particulière – archipel composé de plus de 13.600 îles s’étendant sur 5.000 km, d’est en ouest -, il semble bien que c’est la seconde voie qui a prévalu, et qui se place dans le cadre d’un accord de coopération quasi stratégique entre Djakarta et Paris. D’ailleurs, l’acquisition de navires de surface, sous-marins, missiles et radars qui devrait suivre confirme l’intérêt mutuel des deux partenaires pour la sécurité en Asie du Sud-Est. Gestes barrières contre un potentiel conquérant dans la zone ? Entendez la Chine…

Les prétentions de ce grand pays sur « sa » mer de Chine et les îles, les Spratleys par exemple, génèrent une tension permanente et menacent la libre circulation maritime internationale. La France intéressée, avec ses territoires ultramarins du Pacifique, a toujours montré sa préoccupation pour la stabilité locale avec des déploiements d’unités navales et lors d’exercices conjoints avec des forces alliées du secteur.

Le Rafale, donc, cet avion multi-rôles qui a connu une gestation longue et, longtemps, aucune piste d’atterrissage en Europe, trouve les chemins du succès tardif et encourageant vers l’Orient.

Programme lancé en 1988, la première unité de l’armée de l’air fut opérationnelle en 2006. À l’export, l’Égypte, le Qatar puis l’Inde lui ont ouvert les ciels exotiques avec 96 commandes au total. Pour le moment ?

Il aura fallu attendre 2020 pour qu’un pays européen, la Grèce, se porte acquéreur de Rafale face à la Turquie, son proche ennemi. Mais avec 18 avions seulement, dont 12 d’occasion pris sur les dotations de notre armée de l’air… Les 48 indonésiens marquent, tels ceux de l’Inde – qui vient de recevoir officiellement sa première livraison – , un enjeu et un nouveau défi face aux avions américains omniprésents en Europe, mais aussi en Asie.

Ce Rafale, né trop tôt, connaîtra-t-il enfin le succès que ses performances et ses armements lui confèrent ? En tout cas, grande satisfaction pour Dassault et fierté pour le pays de Clément Ader !

11 décembre 2020

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