Dans le monde des artistes autoproclamés, une certaine Tsuneko Taniuchi a décidé que ses cérémonies de mariages fictifs à la chaîne étaient une œuvre. Certains installent des objets, d’autres emballent des monuments, madame épouse. À tour de bras. Robe de mariée, voile, bouquet de fleurs, le prétendant dit oui, elle aussi, et au suivant. Comme prévu, ces simulacres d’union véhiculent un messâââge. L’artiste de 75 ans ne convole pas pour les beaux yeux de ses dizaines de prétendants. Elle « questionne l’union sacrée comme acte personnel et social ». Y a de la dans l’air. Au dessert, la pièce montée est démontée, Sandrine Rousseau surgit du gâteau… La fête bat son plein.

Le quotidien 20 Minutes signale que les personnes en mal de sensations maritales pourront se jeter dans les bras de l’artiste ce week-end dans le domaine de la Garenne-Lemot, à Clisson, près de Nantes. Sur inscription exclusivement. La promise serait d’ores et déjà réservée par une dizaine de boute-en-train ayant délaissé les autos-tamponneuses pour une attraction plus originale. Cinq minutes de sensations fortes, bonjour mademoiselle, au revoir madame, les forains sont dépités.

La professionnelle du mariage pour de faux exerce ses talents depuis une vingtaine d’années pour dénoncer cet « acte symboliquement très chargé », cet abominable « pacte archaïque ». Les époux sont prévenus : l’amour est dans le préalable. Le baratin progressiste justifie les épousailles d’opérette.

Casseroles attachées à la robe blanche, l’hurluberlue repart sans être parvenue à convaincre qui que soit du bien-fondé de ses élucubrations. Vingt ans de propagande progressiste déguisée en prestation artistique et peu de résultat. Peu importe le pigeon pourvu qu’on ait l’ivresse de se sentir créateur-trice-teuse… Le véritable tour de force consiste à être invitée par quelque officiel soucieux d’apparaître moderne aux yeux de ses ouailles. Le conseil départemental de Loire-Atlantique ne saurait démentir ce constat.

L’« artiste » d’origine japonaise apparaît dans la ligne de l’avant-avant-gardiste Yoko Ono, épouse de feu John Lennon, dont personne n’est encore parvenu à saisir le sens des cris stridents qu’elle poussait sur scène aux côtés de son génial mari. S’agissait-il d’une illustration de la formule consacrée « pour le pire et pour le meilleur » ? Tsuneko Taniuchi sera consultée à ce sujet.

2 octobre 2021

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