Editoriaux - Sport - 7 mars 2019

PSG : l’argent du Qatar ne fait pas tout

Ainsi, donc, le PSG, donc le football français, est à nouveau la risée de l’Europe après sa triste prestation en huitièmes de finale de la Ligue des champions. Le Qatar dépense sans compter pour recruter hors de nos frontières des joueurs étrangers has been ou inconnus qu’il paie à prix d’or pour les résultats que l’on sait depuis qu’ils sont aux affaires à Paris. Pour faire bonne mesure et pour complaire au bon peuple de Paris, on va jusqu’à aligner deux ou trois joueurs français issus du centre de formation. Mais attention, on ne va quand même pas les payer au salaire de nos “vedettes” étrangères !

Adrien Rabiot, plus de 230 matches de Ligue 1 au compteur à tout juste 23 ans, était un des hommes de base de l’équipe de Tuchel, le talentueux entraîneur du PSG. Payé quatre fois mois cher que la plupart de ses collègues étrangers et lassé d’attendre une équité qui ne venait jamais, il a choisi de quitter le club à la prochaine fin de son contrat, ce qui est son droit le plus absolu, puisqu’un contrat de footballeur n’est ni plus ni moins qu’un CDD. Quel crime n’a-t-il pas commis ! Un crime de lèse-majesté, un crime de lèse-cheik ? Mis à l’écart, empêché de faire son métier, le jeune joueur français est devenu un banni, un pestiféré, même aux yeux des supporters parisiens, retournés par la direction du club. En la matière, le PSG n’en est pas à son coup d’essai : souvenons-nous de l’affaire Ben Arfa. Adrien Rabiot a un fort caractère qui ne plaît pas à tout le monde, notamment à Didier Deschamps, dont on sait qu’il est fort rancunier (voir Benzema). Surdoué, il compte un peu trop sur son talent et nous livre parfois des prestations fort nonchalantes, mais on ne s’inquiétera pas pour son avenir. Il exercera ses talents dans une formation européenne de haut niveau où il sera salarié comme il le mérite.

Sans milieu de terrain digne de ce nom, incapable de recruter utile au dernier mercato d’hiver, le PSG courait à sa perte à plus ou moins brève échéance. La catastrophe était annoncée, pour l’auteur de ces lignes, qui a connu et supporté le défunt et regretté Racing Club de Paris et qui suit, avec bienveillance, le chemin du PSG depuis ses débuts. Quelques exploits individuels ont donné le change dans les premiers matches, mais le naufrage face à Manchester United était programmé.

Impéritie, incompétence, foucades du prince, la valse des entraîneurs et des directeurs sportifs se poursuit chaque saison. Beaucoup souhaitent que le PSG redevienne, un jour, un club français. L’argent du gaz ou du pétrole, même s’il n’est pas sale, ne fait pas tout…

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