Nicolas Dupont-Aignan a publié, dans Valeurs actuelles, le 1er mai, une tribune dans laquelle il appelle à l’organisation d’une primaire en vue de la désignation d’un candidat pour la présidentielle. Persuadé (peut-être ?) que les votants à une telle primaire pourraient le désigner comme seul champion (de la droite ?), il rappelle que « c’est ce qu’avaient fait [en 2016]. À l’époque, tout le monde pensait qu’ serait élu président de la République, et c’est François Fillon qui est sorti du chapeau. Cela veut dire qu’il y a eu un vrai débat, médiatisé. Après, il a échoué pour une autre raison. » L’évocation d’un double échec (Juppé puis Fillon) devrait rendre plus prudent…

Pour vaincre Emmanuel Macron, Nicolas Dupont-Aignan propose à Marine Le Pen, Éric Zemmour, Onfray, Laurent Wauquiez, Bruno Retailleau, Julien Aubert, Éric Ciotti, David Lisnard, Robert Ménard, François Asselineau, Florian Philippot, François Xavier Bellamy et Philippe de Villiers de se retrouver (en décembre) pour la tenue de cette primaire… Cette liste oublie Jean-Frédéric Poisson (qui participa à la primaire de 2016) et, hormis, Michel Onfray, n’invite personne à gauche (Chevènement, Montebourg). Cela ne peut être que délibérément que Xavier Bertrand (le seul à être officiellement candidat avec Poisson) et Varie Pécresse sont « oubliés ». Ou encore Jean Lassalle.

Cette proposition est décalée à plus d’un titre. Peu crédible, improvisée et non concertée, elle fixe une date trop tardive et elle est sans issue. L’annonce a sans doute un but de com’, sachant par avance qu’elle ne sera acceptée par personne pour des raisons évidentes. Au demeurant, quel serait le corps électoral de cette primaire ? En 2016, c’était l’ensemble des électeurs inscrits sur les listes électorales et les mineurs proches de 18 ans qui purent participer au scrutin, payant (2 €) et où il fallait signer une « charte de l’alternance », le votant indiquant « partager les valeurs républicaines de la droite et du centre et s’engager pour l’alternance afin de réussir le redressement de la France ». Quelle serait, désormais, la « profession de foi » signée des votants ? Le plus grave reproche que l’on peut faire à cette idée de primaire, c’est qu’elle est sans contenu de fond. Or, la situation du pays est si désastreuse, à tous les points de vue, que la politique est désormais devenue une chose bien trop sérieuse pour être laissée aux politiciens.

Nous croyons que ce sont d’abord les penseurs, qui devront se rassembler, en aréopage, de droite et de gauche, tous souverainistes et purs démocrates, tous habités par l’inquiétude du chaos qui vient : économistes, géographes, historiens, juristes, pédagogues, philosophes, politistes, sociologues… Au-dessus de tout projet personnel, ces penseurs devront articuler les principes qui sont susceptibles de rassembler la majorité des Français autour des solutions empêchant le désastre annoncé :

1) Reprendre (par référendum) leur souveraineté populaire et internationale tant vis-à-vis des flux migratoires que des décisions euro-mondialistes qui lèsent l’intérêt national.

2) Reprendre leur droit à leur continuité socioculturelle historique et majoritaire.

3) Retrouver une juste proportion entre les salaires les plus hauts et les plus bas (1 à 30, comme dans les années 70).

4) Rétablir des droits de douane compensateurs, pour une concurrence non faussée, un plan de renaissance industrielle (y compris de nationalisations partielles – si nécessaire, aides à la relocalisation.

5) Revenir aux valeurs humanistes (référendums sur les questions existentielles et sociétales).

6) Fermeté de la Justice, juges incontestables, police juste et ferme.

7) Planification pour aller vers une économie écologique et démocratique : référendum pour choisir le mix énergétique (nucléaire, solaire, éolien, maritime), recherche massive et création d’une industrie des énergies renouvelables, arrêt de la destruction des terres arables.

8) Réhabilitation des métiers d’enseignant, retour de disciplines essentielles oubliées ou en recul (sémantique, dialectique, rhétorique, histoire, patriotisme). L’aréopage des penseurs souverainistes posera à propos de ces huit thématiques des questions et les candidats se détermineront. L’aréopage s’interdira de se joindre aux politiques et, après l’élection, continuera son rôle d’observation, de suggestion, et de critique.

Voilà ce qui intéresse vraiment les Français : reconstituer la nation et rétablir la possibilité d’un vivre ensemble, consensuel, digne et heureux.

8 mai 2021

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